Cette année, la Biennale est accueillie au CNAM. Mais qu’est-ce que le CNAM ?
Le Conservatoire National des Arts et Métiers a été fondé sous la Révolution, le 19 vendémiaire an III (10 octobre 1794) à l’initiative de l’abbé Grégoire, membre à la Convention du Comité de l’Instruction Publique. Il s’agit, avec la création de l’École Normale Supérieure et de l’École Polytechnique, des principales réalisations de la Révolution dans le domaine de la formation.
Contrairement aux deux autres écoles, le CNAM était dès l’origine voué à la formation des adultes et son enseignement était essentiellement pratique. L’institution disposait d’un parc de machines industrielles aussi performantes que possible et montrait, en les faisant fonctionner, leurs qualités à des ouvriers et autres gens de métier, leur faisant découvrir les derniers perfectionnements de la technique dans leur spécialité. Enseignement pratique de la technologie industrielle donc et non formation générale : le mot ARTS du nom doit être compris au sens d’Arts Mécaniques, rien à voir avec les Beaux-Arts dont sera chargé l’Institut de France, créé en 1795. Ici, le but est de « perfectionner l’industrie nationale ». Cet attachement à l’aspect concret du travail industriel était tout à fait conforme à l’esprit de l’Encyclopédie, dont il ne faut pas oublier qu’elle comportait une vingtaine de volumes de planches représentant avec une remarquable exactitude tous les outils et machines en usage à l’époque.
Mais il ne suffit pas de conserver ce qui existe, il faut aussi faire progresser les connaissances : c’est en 1819 que sont créées les trois premières chaires du CNAM : attribuées à des savants de renom, elles doivent faire progresser le savoir, sans perdre de vue ses applications industrielles : leurs noms l’indiquent : « Mécanique appliquée aux Arts », « Chimie appliquée aux Arts », « Économie Industrielle ».
Encore aujourd’hui, le CNAM conserve cet ADN :
— Certes, un enseignement initial (dont une célèbre école d’ingénieurs, l’EICnam) s’est ajouté à la formation continue des professionnels, mais le CNAM est fier d’être un organisme de formation tout au long de la vie ! 685 parcours de formation sont proposés, et près de 60% des auditeurs sont inscrits en formation continue dispensées par le CNAM le sont en formation continue !
— Si le CNAM ne conserve plus toutes les sortes d’outils et de machines en usage dans l’industrie, sa collection de matériels industriels d’hier (voir d’avant-hier !) et d’aujourd’hui, de prototypes et de maquettes, constitue un fonds d’une valeur inestimable qui fait la richesse du musée des Arts et Métiers, irremplaçable instrument de diffusion de la culture scientifique et technique.
— Enfin, le CNAM est un grand centre de recherche, fort de 22 laboratoires, de plus de 550 enseignants et chercheurs et de près de 400 doctorants.
En 1798, le Consulat attribue, à la demande de l’Abbé Grégoire, les bâtiments de l’ancien prieuré de St Martin des Champs au CNAM. S’il a multiplié les implantations en province et à l’étranger, le Conservatoire a toujours conservé cette adresse au cœur de Paris. Du fait de cette histoire, on trouve sur le site du CNAM une grande diversité de bâtiments. L’église (qui abrite aujourd’hui une partie des collections du Musée) et le réfectoire des moines (actuellement bibliothèque) datent du Moyen Âge et sont d’un intérêt exceptionnel, même si l’église a été lourdement restaurée au XIXe. D’autres bâtiments datent du XVIIIe siècle, d’autres encore ont été construits après l’installation du CNAM au XIXe et XXe.
Entre deux conférences, prenez le temps de regarder autour de vous pour découvrir le cadre dans lequel se joue, depuis plus de deux siècles, une expérience pédagogique singulière. Peut-être trouverez-vous aussi le temps de visiter le très intéressant Musée des Arts et Métiers, le MuAM.
JFM
