Prolonger l’expérience
Cette troisième et dernière journée est l’occasion de rendre hommage à Jean-Marie Barbier, à ses travaux et à son apport en tant que président de la Biennale.
Nous lui devons, ainsi qu’à toute l’équipe d’organisation, le succès de ce moment si important pour le développement d’une vie intellectuelle et professionnelle en éducation et en formation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette édition avait pour thème l’expérience : c’est une question historique mais toujours actuelle pour les praticiens et les chercheurs du domaine.
Comme en témoignent les nombreux symposiums, conférences et communications qui ont eu lieu durant ces trois jours, il s’agit d’une préoccupation centrale et transversale pour les milieux de la recherche et des pratiques professionnelles qui prennent pour objet d’analyse et/ou d’intervention l’activité des sujets, les apprentissages et les transformations qui les accompagnent.

Des espaces partagés d’échanges conceptuels
Ewa Marynowicz-Hetka, rédactrice en chef de la revue „ Nauki o Wychowaniu. Studia Interdyscyplinarne”(NOWIS)
Catherine Mounier m’a demandé de rédiger un bref texte sur ma coopération avec Jean-Marie Barbier, et j’ai accepté avec plaisir. Cependant, au cours de mon travail, j’ai rencontré de grandes difficultés pour résumer, dans un nombre limité de caractères, les éléments les plus importants de la coopération du professeur Jean – Marie Barbier avec le milieu des chercheurs polonais, notamment liés à l’Université de Łódź (Chaire de Pédagogie Sociale), ainsi qu’à la Société scientifique de Łódź.

Les nouveaux enjeux de la formation en intervention sociale
Marcel Jaeger, Président de l’Unaforis
Le monde du travail social et, plus largement, de l’intervention sociale s’est beaucoup transformé ces dernières années. L’augmentation des besoins des personnes vulnérables du fait de la pauvreté, de l’âge, du handicap, de difficultés relationnelles… s’est accélérée. Sous la pression des mutations démographiques, technologiques, écologiques…, les professionnels se trouvent eux-mêmes en difficulté, en mal de reconnaissance sociale, soumis à des injonctions normatives et bureaucratiques, souvent isolés et dans une grande perplexité quant à leur avenir…
Petite histoire philosophique et amicale de la Biennale
Professeur et chargé de mission à la faculté de psychologie et de Sciences de l’éducation à l’Université de Mons en Belgique, Jean-Pierre Pourtois est un des piliers de la Biennale
internationale de l’Éducation et de la Formation professionnelle.
Il était déjà présent lors de la première édition qui s’appelait alors plus sobrement Biennale de l’éducation et de la formation, aux côtés de Jacky Beillerot, son fondateur. Il a accompagné les différentes biennales, y compris lorsque celles-ci ont changé de nom, sous l’impulsion de Jean-Marie Barbier, professeur au Cnam, afin de faire place aux valeurs et à la culture de l’enseignement professionnel.
Il nous a semblé important de le rencontrer.

Un homme d’expériences
Jean-Marie Barbier nous a quittés le 14 janvier. Cette biennale, dont il fut l’un des bâtisseurs, sera l’occasion de rendre hommage à ses apports pour la communauté scientifique et professionnelle.
Jean-Marie est né en 1946 à Jeandelize, en Meurthe-et-Moselle, dans une famille d’artisans-boulangers où les activités de travail et celles de la vie quotidienne sont intimement mêlées. Sa trajectoire sera fortement influencée par cet ancrage socio-familial et par l’observation des gestes artisanaux sur lesquels repose l’économie domestique du foyer dans lequel il grandit. Durant cinquante ans, il aura produit plus d’une trentaine d’ouvrages ou directions d’ouvrages, autant d’articles, plus d’une quarantaine de chapitres et autant de conférences dans des universités françaises et étrangères. L’œuvre qu’il a bâtie est articulée autour d’un double processus d’intelligibilité : celui des activités humaines et des transformations qui les accompagnent et, de façon conjointe, celui des activités de recherche à visée scientifique qui se donnent pour but de les étudier.
Tout au long de sa carrière, il s’est employé à construire une œuvre structurante pour la discipline et pour la vie des idées dans les milieux de la recherche et des pratiques professionnelles. Ses apports (notamment sur les plans épistémo-théoriques et conceptuels) ont marqué les démarches scientifiques prenant pour objets d’étude les activités humaines en situation de travail et de formation. Les recherches qu’il a conduites, les productions qui en découlent, ainsi que la création de réseaux, dispositifs et manifestations scientifiques et professionnelles qui leur sont liés, sont indissociables du contexte institutionnel qui aura été son environnement de travail et de vie durant cinquante ans : le Cnam. Son recrutement, en 1973, dans l’équipe de Marcel Lesne qui vient d’être nommé titulaire de la première chaire de formation des adultes, sera déterminant pour son parcours et ses objets d’étude. Ce contexte institutionnel contribuera non seulement à faire émerger la formation des adultes comme champ de recherche, mais aussi à élaborer un positionnement analytique sur les processus et les phénomènes propres à l’acte de formation.
Conjointement à son activité de chercheur, J-M. Barbier s’est engagé dans la vie académique et scientifique des sciences de l’éducation et de la formation, en occupant plusieurs responsabilités institutionnelles. Il est notamment à l’origine de la création du Congrès international de la recherche en éducation et formation, du Réseau international francophone de recherche en éducation et formation, et de la Biennale dont nous fêtons la 13e édition.
Le thème retenu cette année, Faire expériences, est à l’image de la trajectoire et de l’attitude intellectuelle de Jean-Marie tout au long sa carrière. Il était un homme d’expériences (le pluriel est de mise), celui qui propose d’en explorer les différentes dimensions et d’encourager leur survenance et leur étude. Fasse que ce moment de réflexion, de rencontres et de partages des expériences pour lequel il aura tant œuvré soit aussi l’occasion de rendre hommage à ce bâtisseur infatigable et à l’exigence de sa pensée.

Joris Thievenaz, Professeur titulaire de la chaire de Formation des adultes Conservatoire National des Arts et Métiers
ET TOUT FINIT PAR DES CHANSONS !
Comme à l’accoutumée la biennale se termine en musique, avec le trio Ondes composé de Lisa Flandson, Yannice Lavaly et Paolo Rezze.

Témoignage de Marc H.
Bonjour,
Ce n’est pas un témoignage sur la Biennale, mais à propos de Jean-Marie Barbier.
Rien ne prédisposait le titulaire de la chaire de Métrologie que j’ai été de 1992 à 2024 à être au Cnam si proche de Jean-Marie. Et pourtant ! Que de souvenirs d’échanges, parfois vifs mais toujours constructifs, sur les statuts, les structures, les façons de procéder et d’écrire, qu’occasionnaient nos positions, responsabilités et engagements respectifs, et nous en eûmes beaucoup ; que d’empathie et d’amitié lorsque l’un était victime du sort ou de l’injustice, et JMB le fut quelquefois; mais que de passion partagée pour la promotion de la recherche au Cnam, une recherche particulière « à objet situé », comme il la définissait si bien !
Depuis sa retraite, puis la mienne, toujours des échanges amicaux, même si, côté « œuvres », je bénéficiais beaucoup plus de ses ouvrages de synthèse sur la formation que lui de mes austères papiers sur la constante de Planck.
Alors, oui, une pensée très très émue en ce jour, que j’aurais aimé pouvoir partager davantage. Et une photos de ses mots tout simples de sa dernière dédicace.
Qu’est-ce ?

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Biennale 2026 : retour en images

Directrice de la publication : Martine Dutoit
Rédactrice en chef : Catherine Mounier
Rédaction : Jean-François Martinon, Catherine Mounier
Mise en ligne : Maxime Champesme
