La culture au cœur de la Biennale : faire expérience autrement

À la Biennale, concerts, spectacles et performances artistiques ponctuent chaque journée. Cette présence quotidienne n’est pas le fruit du hasard. Elle traduit une conception de l’éducation comme expérience globale, où se mêlent savoirs, pratiques, subjectivités et relations humaines et où se transforment des rapports au monde. Dans l’esprit des travaux de Jean-Marie Barbier, l’activité éducative ne se réduit en effet jamais à la transmission de connaissances formelles : elle engage des sujets en action, porteurs d’histoires, d’émotions et d’identités en transformation. Les moments culturels de la Biennale participent de cette dynamique. 

Assister et participer à une performance musicale, chorégraphique, artistique au cours de la Biennale, ce n’est pas seulement se divertir : c’est vivre une expérience susceptible de modifier le regard, d’ouvrir des interprétations nouvelles, de susciter des résonances personnelles. La culture agit ici comme un espace de médiation entre les individus et les savoirs, entre l’intime et le collectif. Les moments culturels permettent d’éprouver et d’habiter concrètement les questions débattues lors de la Biennale. Ils favorisent aussi des rencontres informelles, des partages d’émotions — autant d’éléments qui participent à la co-construction de sens. 

Les musiciens qui interviennent au cours de la Biennale sont issus du Pôle Sup’93, établissement d’enseignement supérieur artistique qui forme des musiciens interprètes et des enseignants en conservatoires et écoles de musique. Ils partagent une ambition commune : défendre un répertoire parfois méconnu en travaillant à son appropriation par tous les publics. En investissant les milieux hospitaliers, scolaires ou les maisons de retraite, ils créent des espaces de médiation où la musique devient un levier de transformation de l’expérience quotidienne. 

A côté des musiciens, nous accueillons cette année le collectif MOUVEMENT(s), qui réinvente par la danse le sens du mot « Transmission(s) » (titre de leur performance). Comme le précise le collectif, en psychiatrie, ce terme désigne habituellement le passage d’informations cliniques entre soignants ; ici, il devient une performance où patients et soignants partagent leurs vécus et leurs imaginaires. À travers une recherche collective mobilisant le mouvement, la danse, la graphie, la musique, le collectif propose d’explorer la question du soin en société.

En inscrivant la culture au quotidien, la Biennale rappelle que l’éducation elle-même est un fait culturel. Former, c’est transmettre des savoirs, certes, mais c’est aussi partager des manières d’habiter le monde et de comprendre l’autre. Les moments culturels offrent ainsi des espaces où s’expérimentent collectivement de nouvelles manières d’être et d’agir.

Adrien Bourg
Responsable des moments culturels de la Biennale
Professeur des universités en musicologie, Sorbonne Université

Pour en savoir plus :
https://polesup93.fr/
https://marinaledrein.com/MOUVEMENTS_presentation

À quoi sert le « forum des revues en éducation et en formation » ?Témoignage de Léonie Ledrein, membre du collectif MOUVEMENT(s)