Symposiums

Codes :
S01 à S28 = Symposiums de la Biennale
S29 à S34 = Symposiums du XXe Congrès de l’AIFREF

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Présentation des Symposiums

Présentation des symposiums
S01 : Comprendre les expériences des professionnel.le.s auprès de jeunes enfants : de leur participation aux recherches aux questions méthodologiques
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jeudi 23 avril 2026, 14h00-16h30, Salle 21.1.12

Responsable.s du symposium

GARNIER Pascale pascale.garnier@univ-paris13.fr Pr en sciences de l’éducation et de la formation

Entité Recherche

Laboratoire ISMEE/Experice, Université Sorbonne Paris Nord, assistant-experice.llshs@univ-paris13.fr

Entité professionnelle

Résumé

À travers cinq recherches collectives en petite enfance menées dans trois pays francophones (Belgique, France et Québec), en crèches et écoles maternelles, ce symposium interroge différents dispositifs méthodologiques, des approches ethnographiques et collaboratives, avec et sans matériel visuel, mis en œuvre pour comprendre les expériences des professionnel.le.s travaillant auprès des jeunes enfants. Comment ces recherches donnent-elles à entendre leur voix ? Comment ces personnes font elles l’expérience des dispositifs d’enquête et s’en saisissent-elles ? Quelles tensions peuvent-ils générer ? Ce symposium invite ainsi à repenser des pratiques/interventions valorisant les expériences de terrain et construisant des ponts entre les mondes de la recherche et les milieux professionnels d’accueil et d’éducation des jeunes enfants.

Intervenants

BEAULIEU Judith judith.beaulieu@uqo.ca, BOUVE Catherine catherine.bouve@univ-paris13.fr, CHANTSEVA Victoria vika.chantseva@gmail.com, DELALANDE Julie julie.delalande@unicaen.fr, GARNIER Pascale pascale.garnier@univ-paris13.fr, GENETTE Christophe christophe.genette@uliege.be, JASMIN Catherine catherine.jasmin@uqo.ca, LAFLEUR Tania laft01@uqo.ca, LEHRER Joanne joanne.lehrer@uqo.ca, N’DJAPOU François francois.ndjapou@wanadoo.fr, ODENA Sophie sophie.odena@gmail.com, PAQUETTE Alexandra paquette.alexandra@uqam.ca, PIRARD Florence florence.pirard@uliege.be, RAYNA Sylvie srayna@wanadoo.fr, ROBERT-MAZAYE Christelle christelle.robert-mazaye@uqo.ca, RUBERTO Noémia noemia.ruberto@uqo.ca, SANCHEZ CARO Carmen Maria carmenmsanchez@gmail.com, ULMANN Anne Lise anne-lise.ulmann@lecnam.net,

Programme

Coordination :

Pascale Garnier (Laboratoire ISMEE (Experice), Université Sorbonne Paris Nord) ; pascale.garnier@univ-paris13.fr

 

Communications :

 

Catherine Bouve, François N’Djapou (Laboratoire ISMEE (Experice), Université Sorbonne Paris Nord)

« Enquêter sur l’expérience des espaces extérieurs par les enfants et les professionnels de crèches. L’expérimentation d’un dispositif images-élicitation en tant que processus participatif à la recherche »

 

Florence Pirard, Christophe Genette (Laboratoire RUCHE, Université de Liège)

« Entre élaboration de savoirs et production d’outils : les tensions d’une co-construction sur le genre en petite enfance »

 

Alexandra Paquette (Equipe Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance, Université du Québec à Montréal), Garnier Pascale, Victoria Chantseva et Sylvie Rayna (Laboratoire ISMEE (Experice), Université Sorbonne Paris Nord), Julie Delalande (Laboratoire CIRNEF, Université de Caen), Tania Lafleur (Equipe Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance, Université du Québec en Outaouais)

« Point de vue de professionnelles périscolaires sur la réussite en maternelle en France et au Québec »

 

Judith Beaulieu, Joanne Lehrer, Christelle Robert-Mazaye, Noémia Ruberto, Catherine Jasmin (Equipe Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance, Université du Québec en Outaouais)

« Collaboration interprofessionnelle à l’éducation préscolaire : analyse à l’aide de Deleuze et Guatttari (1987) »

 

Anne Lise Ulmann (Laboratoire CRTD, CNAM), Sophie Odena (LEST, Université Aix-Marseille), Carmen Sanchez (Laboratoire ISMEE (Experice), Université Sorbonne Paris Nord),

« Croisement des méthodologies de recherche avec les professionnelles en crèche »

 

S02 : Faire mouvement par les récits d’expérience : une dynamique au service du développement
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jeudi 23 avril 2027, 14h00-16h30, Salle 17.1.07

Responsable.s du symposium

BALAS Stéphane stephane.balas@lecnam.net et SIMONET Pascal pascal.simonet@univ-nantes.fr

Entité Recherche

Unité de Recherche « Formation et Apprentissages Professionnels » (EA 7529) 41, rue Gay-Lussac 75005 Paris Centre de Recherche en Éducation de Nantes, CREN (UR 2661). Chemin de la Censive du Tertre BP 81227 44312 NANTES Cedex 3

Entité professionnelle

Résumé

Ce symposium propose d’interroger le potentiel des récits d’expérience comme leviers de développement, qu’il s’agisse du développement de l’activité, de la conscience de soi, des représentations ou des projets des acteurs. En mobilisant des dispositifs narratifs variés (instruction au sosie, récits de vie, récits projectifs et rétrospectifs), les communications analyseront les effets transformatifs, individuels et collectifs, de ces démarches dans des contextes de formation, de travail et de vie. En croisant des études de terrain issues de la formation en santé, de l’enseignement professionnel et du champ de la protection sociale, l’objectif est d’identifier les mécanismes cognitifs, affectifs et socio-relationnels mis en jeu dans ces pratiques narratives. Il s’agira d’en comprendre les conditions d’efficacité, les cadres méthodologiques mobilisés, ainsi que les effets produits sur les sujets, les collectifs et les organisations. Ce symposium entend ainsi ouvrir un espace de dialogue entre chercheurs-intervenants de différents horizons, de différents pays, afin de repenser les modalités d’intervention sur et par l’expérience, à partir d’une focale sur le « récit » comme outil d’élucidation, de médiation et de transformation.

Intervenants

BALAS Stéphane stephane.balas@lecnam.net, BALSLEV Kristine kristine.balslev@unige.ch, CHEHAB Margaux margaux.chehab@hefp.swiss, CIAVALDINI-CARTAUT Solange solange.cartaut@univ-cotedazur.fr, CORTESSIS Sandrine sandrine.cortessis@hefp.swiss, MALDONADO Marcos marcos.maldonado@hefp.swiss, SIMONET Pascal pascal.simonet@univ-nantes.fr,

Programme

Communication n°1

Titre : Révéler le travail invisible du « Tarinologue » dans les métiers rares de la parfumerie de luxe : cas d’usage de l’instruction au sosie

Auteure : Solange CIAVALDINI-CARTAUT (Université Côte d’Azur, Nice) solange.cartaut@univ-cotedazur.fr

Résumé :

Cette communication interroge le potentiel développemental de l’instruction au sosie (IAS) comme dispositif narratif permettant d’accéder aux dimensions invisibles d’un métier rare, celui de « Tarinologue », formateur en création olfactive dans la parfumerie de luxe. Nous montrons comment la mise en récit détaillée de l’expérience, suscitée par la consigne « donne-moi les instructions pour que je te remplace sans que personne ne s’en aperçoive », fait « mouvement ». Inscrit dans une clinique de l’activité, notre usage de l’IAS repose sur un mécanisme transformatif fondamental : la pensée ne s’exprime pas dans le mot, mais se réalise dans le mot. La verbalisation ne décrit pas une activité préexistante, elle la transforme en objet de pensée. L’analyse révèle que la retranscription puis la relecture de ses propres instructions à un sosie produisent une « surprise » chez le professionnel : prise de conscience de compétences incorporées minimisées, objectivation de l’activité empêchée par les contraintes organisationnelles par exemple. Le récit d’expérience révèle aussi plusieurs composantes du travail invisible du « Tarinologue » : responsabilité morale vis-à-vis de la maison mère (secret professionnel), l’improvisation comme norme, la charge subjective et affective liée au processus de formation fondé sur des dimensions relationnelles et émotionnelles. Malgré quelques limites, notre recherche aborde les enjeux de patrimonialisation des savoirs dans les métiers d’art confrontés au double impératif paradoxal de transmission de l’expertise tout en protégeant leurs secrets professionnels face à la concurrence.

 

Communication n°2

Titre : Des textes réflexifs en quête d’auteur·e ?

Auteur (s) : Kristine BALSLEV (UNIGE) kristine.balslev@unige.ch ; Sandrine CORTESSIS (HEFP)Sandrine.Cortessis@hefp.swiss ; Margaux CHEHAB (HEFP) Margaux.Chehab@hefp.swiss et Marcos MALDONADO (HEFP) marcos.maldonado@hefp.swiss

Résumé

En formation, faire écrire des récits d’expérience vise à soutenir la réflexivité et le développement professionnel des formé·es (Crinon & Guigue, 2006). Du côté de la recherche, les récits d’expériences donnent à voir des événements et situations choisis par les formé-es, les savoirs mobilisés, des savoirs de métiers (Brière & Simonet, 2021) ainsi que des positionnements et mises en scène de soi (Vanhulle, 2016). En vue de cerner les expériences mobilisées par des personnes se formant à l’enseignement après une première carrière, nous avons mis en place une recherche consistant à analyser un corpus de 80 textes écrits par des enseignant·es seconde carrière entre 2010 et 2024, provenant de plusieurs instituts de formation de Suisse romande. Nous avons constaté dans les textes écrits après 2022 des récurrences d’expressions mettant en avant des réussites, l’absence de situations précises et des formules similaires d’un récit à l’autre, dénotant un important usage des intelligences artificielles génératives et une absence d’implication des sujets rédigeant ces textes. Cet usage transforme la nature même de ces dispositifs à visée réflexive et interroge le possible rôle de l’écriture comme levier de développement professionnel, dans la mesure où en se délivrant complètement ou partiellement de cette tâche d’écriture, les étudiant·es ne mobilisent pas ou peu les opérations cognitives visées par ces dispositifs. Dans cette communication nous présenterons les analyses de récits d’expériences issus d’une même institution, puis partagerons nos propositions pour une implication des auteur·es dans les récits.

 

Communication n°3

Titre : La méthode des instructions au sosie comme moyen de produire un contre-récit pour une mise en mouvement de l’agir.

 

Auteur (s) : Pascal SIMONET (Nantes Université) pascal.simonet@univ-nantes.fr

« Si l’instructeur peut aisément décrire en termes généraux la stratégie qu’il met en œuvre, il lui est bien plus malaisé d’expliquer en détail les séquences à accomplir pour réaliser l’opération. » (Oddone et al., 1981, p.178). En rendant conscients tous ces petits détails de l’expérience nichés dans les automatismes incorporés et le plus souvent effacés des récits généraux, la méthode des instructions au sosie offre l’occasion de produire un nouveau récit. Et c’est là aussi tout son intérêt. En début d’instruction, l’instructeur/trice arrive avec son pré-récit d’expérience à transmettre à son sosie. Mais l’expérience de la transmission va lui faire-faire un saut dans l’inconnu : la production de nouveaux énoncés sous le guidage de questions inattendues du sosie et de celles, dans un second temps, de collègues présents. Nous chercherons à montrer (1) comment cette transmission de consignes au sosie suivi d’un dialogue entre pairs permettent de produire un contre-récit dans la vitalité d’une dialectique entre des récits qui s’affrontent, (2) comment cette méthodologie contribue à créer des mondes possibles à partir de ceux qui sont déjà connus (Bruner, 2002) ; et, (3) comment cette confrontation des récits et des points de vue active une dynamique psychosociale qui ouvre le sujet sur des possibilités de s’imaginer faire autrement en vue de se « libérer des dominations de la situation concrète » (Vygotski, 1994, p. 229), en lien, parfois, avec des enjeux de santé au travail. 

 

Communication n°4

Titre : Analyser l’activité de professionnels pour concevoir une certification : faire expérience d’un déséquilibre développemental

Auteur (s) : Stéphane BALAS (CNAM Paris) stephane.balas@lecnam.net

Résumé :

Depuis plusieurs années, nous conduisons des démarches d’analyse du travail et de l’activité dans le cadre de travaux d’accompagnement d’institutions diverses (branches, organismes de formation) visant à concevoir des certifications professionnelles (diplômes, titres professionnels, CQP). Si concevoir des référentiels sans renoncer au travail réel (Balas, 2016) est une question complexe, le projet de cette communication va se focaliser sur le processus vécu par les professionnels associés à ces démarches.

Nous décrirons un récent chantier avec des techniciens et conseillers d’institutions de protection sociale, réunis pour un atelier de coanalyse de leurs activités, mobilisant la méthode de l’instruction au sosie (Odonne et al., 1981). Lors de cet atelier échelonné sur un semestre, les professionnels, à tour de rôle devant le collectif, instruisent leur sosie, incarné par le chercheur puis, à la séance suivante vivent une phase collective de débriefing qui permet de socialiser les questions professionnelles avec leurs pairs.

Sur la base des retranscriptions verbatims des instructions mais aussi des débriefings (rarement exploitées de la sorte), nous illustrerons les mécanismes produits par cette méthode, favorable à un accès aux détails les moins visibles de l’activité de ces professionnels mais provocatrice aussi de phase de mise en déséquilibre, quand le professionnel ne parvient plus à s’expliquer, quand il reste sans voix ou encore quand les questions saugrenues du sosie, provoquent une redécouverte de son expérience, par le professionnel lui-même. Les phases de débriefing, quant à elles, permettent d’observer les effets de ce partage avec les pairs, dans un processus individuel et collectif de développement professionnel (Vygotski, 2014 ; Brossard, 2012 ; Balas, 2024).

 

S04 : Saisir l’expérience de l’émerveillement
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vendredi 24 Avril 2024, 14h00-16h30, Salle 17.2.15

Responsable.s du symposium

NECKER Sophie sophie.necker@univ-lille.fr et REMON Joséphine josephine.remon@univ-lyon2.fr

Entité Recherche

CIREL (ULR 4354), Équipe RECIFES – Université de Lille, Campus Pont de Bois, 3 rue du Barreau – BP 60149, 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex, France – valerie.lantoine@univ-lille.fr (responsable administrative) ICAR (UMR 5191), Équipe ADIS – CNRS / ENS de Lyon / Université Lumière Lyon 2 – École Normale Supérieure de Lyon – Site Descartes, 15 Parvis René Descartes, BP 7000, 69342 Lyon cedex 07 – icar-dir@ens-lyon.fr

Entité professionnelle

Centre culturel de Walcourt, rue de la Montagne 3, 5650 Walcourt, Belgique, sabine.lapotre@centreculturelwalcourt.be Collectif Basse-Sambre, rue Donnat Masson 22, 5070 Fosses-la-Ville, Belgique, bmichel.culture@fosses-la-ville.be Delta – Province de Namur, avenue Fernand Golenvaux 18, 5000 Namur, Belgique, anael.lejeune@province.namur.be École Primaire-maternelle Notre-Dame, 29 rue du Maréchal Leclerc, 58200 Cosne sur Loire, France, ce.0580563X@ac-dijon.fr Institut Culturel d’Architecture Wallonie-Bruxelles, traverse des Muses 18, 5000 Namur, Belgique, ac@ica-wb.be

Résumé

L’émerveillement devant la merveille ou l’émerveillement modeste (Cannone, 2017) met en relation à soi, à autrui et à l’environnement (Necker et Rémon, 2024 ; Vandevelde et al., 2025). Nos questions seront notamment les suivantes : Avec quels cadres – épistémologiques – penser l’émerveillement ? Quels sont les contours de l’expérience d’émerveillement ? De quelles façons peut-il être approché et partagé ? À quels observables donne-t-il lieu pour la recherche ? Peut-il être provoqué par des ingénieries ? Doit-il être évalué à l’aune de son utilité sociale ? Peut-il participer au renouvellement des contextes transformatifs (éducatifs, cliniques, écologiques…) et par quelles voies ? Le symposium alliera : restitutions de recherches, approches théoriques, travaux sur corpus et outils, exposés faisant appel aux démarches sensibles, artistiques et corporelles, et enfin mise en dialogue et perspective critique. Un symposium dynamique et hybride dont la forme sera en résonance avec le thème et les questions soulevées. Bienvenue !

Intervenants

COHEN-AZRIA Cora, Cora.Cohen-Azria@univ-lille.fr Professeure des Universités – Sciences de l’éducation et de la formation Laboratoire CIREL (ULR 4354) Université de Lille, France KLOETZER Laure, laure.kloetzer@unine.ch Professeure, Institut de psychologie et éducation Université de Neuchâtel, Suisse KNOPS Louise, louise.knops@ulb.be Titulaire de la chaire ULB d’humanités environnementales Université Libre de Bruxelles, Belgique ORDONEZ-PICHETTI Oriana, orianaordonezp@gmail.com Chercheure associée Laboratoire CIREL (ULR 4354) – Équipe Théodile Université de Lille, France Professeure des écoles, École Notre Dame (Cosne sur Loire, France) MATTON Nicole, Nicole.Matton@USherbrooke.ca Praticienne en sociologie clinique Candidate à la maîtrise Université de Sherbrooke, Canada PIGEON Virginie, virginie.pigeon@ulb.be Professeure, titulaire de la Chaire Paysage Faculté d’architecture Université Libre de Bruxelles, Belgique QUARELLO Saskia, Saskia.Quarello@ac-lille.fr Enseignante maitre formatrice (PEMF) – INSPE Villeneuve d’Ascq (Hauts-de-France) Docteure en Sciences de l’éducation et de la formation Laboratoire CIREL (ULR 4354) – Équipe Théodile Université de Lille, France QUINTIN Jacques, Jacques.Quintin@USherbrooke.ca Professeur titulaire Faculté de médecine et des sciences de la santé Université de Sherbrooke, Canada SÉNÉCAIL Alain, alain.senecail@unige.ch Chercheur Post-Doctoral TECFA – Faculté des Sciences de l’Éducation et de Psychologie Université de Genève, Suisse

Programme

< img src="https://labiennale-education.eu/images/2026/s04_infographie.jpg" alt="infographie S04" >
S05 : Faire l’expérience des collectifs pour les former et s’y former
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mercredi 22 avril 2026, 14h00-16h30, Salle 21.1.08

Responsable.s du symposium

HATANO-CHALVIDAN Maude et SANOJCA Elzbieta et TRIBY Emmanuel triby@unistra.fr

Entité Recherche

LISEC, Université de Strasbourg et CREAD, Université de Rennes 2

Entité professionnelle

Résumé

Malgré un relatif effacement des espaces matériels partagés et des temps d’interaction immédiate, et face aux dispositifs d’individualisation des parcours de formation et professionnels et des technologies de mise à distance, les collectifs n’en restent pas moins centraux dans nos processus de développement des personnes et la pérennité du vivre-ensemble durable. Une demande de collectifs apparait comme un désir de renouveau et de partage mais également comme un besoin d’apprendre autrement pour penser et donc agir autrement. Leur place, leur nature, leurs conditions d’émergence et les nouveaux rapports sociaux qu’ils induisent ainsi que leurs enjeux, notamment en termes de formation, sont à (ré)interroger.

Comment et à quelles conditions, les collectifs de formation, se construisent-ils dans nos contextes individualisants ? Pour quels objectifs ? Qui ou que sont ces collectifs ? Comment fonctionnent-ils ?

Que produisent-ils ? Du sens partagé ? Des valeurs ? Des formes de vie ? Quels effets sur les apprentissages, individuels et collectifs ?

Intervenants

Maude Hatano-Chalvidan, E-C, LISEC, hatanochalvidan@unistra.fr Mathieu Laville, E-C, CIRNEF, mathieu.laville@unicaen.fr Magali Roux, chercheure associée, LISEC, magali.roux@univ-lorraine.fr Michel Briand et Elzbieta Sanojca, E-C, CREAD, elzbieta.sanojca@univ-rennes2.fr Emmanuel Triby, E-C, LISEC, triby@unistra.fr Thanh-Van Trieu, doctorante, LISEC, thanh-van.trieu@ext.uni.lu

Programme

Coord. : Maude Hatano-Chalvidan, Elzbieta Sanojca, Emmanuel TRiby

 

Programme du Symposium

Mercredi 22 avril 2026

 

Communication 1. L’expérience des communautés apprenantes de la robustesse : une forme d’engagement face aux polycrises.

Michel BRIAND, Professeur émérite à l’IMT Atlantique Elzbieta SANOJCA, MCF

CREAD

Université Rennes 2

 

Communication 2. Quand des projets d’outils servent de prétexte à former des collectifs formels et informels

Magali ROUX, Chercheuse associée LISEC

Université de Lorraine

 

Communication 3. Anatomie d’une chute collective : des professionnels et des chercheurs à l’épreuve de l’inclusion scolaire

Matthieu LAVILLE, MCF

CIRNEF

Université de Caen Normandie

Communication 4. L’équipe interprofessionnelle aux urgences pédiatriques : quel collectif à l’œuvre ?

Thanh-Van TRIEU, Doctorante

Doctorante, LISEC. Dir : E. Triby et T. Pelaccia Université de Strasbourg – F

 

Communication 5. La formation d’un collectif pour l’entrepreneuriat dans un Tiers-lieu : une dynamique reproductible ?

Emmanuel TRIBY, PU émérite LISEC

Université de Strasbourg – F

 

Communication 6. La référence au collectif dans la construction des professionnalités des animateurs socio-culturels : quels enjeux de positionnements identitaires ?

Maude HATANO-CHALVIDA, PU LISEC

Université de Strasbourg – F

 

« Faire expériences », Paris, 22-23-24/4/2026 Proposition de Symposium

Coordination : Maude Hatano-Chalvidan (LISEC-Strasbourg), Elzbieta Sanojca (CREAD-Rennes 2), Emmanuel Triby (LISEC-Strasbourg)

Résumé long

Depuis la fin des années 1960, la compréhension de la construction sociale de l’individu ne peut se limiter aux références ou catégories monolithiques de sa famille, de son appartenance sexuelle, de sa communauté religieuse, de son environnement géographique, social, professionnel… Dans le même temps, le slogan de l’époque « il est interdit d’interdire » reflète parfaitement le désir de liberté et le besoin d’auto-détermination (Petit, 2011) d’une génération en prise avec des mutations sociales et économiques d’une société de plus en plus globalisée. Cette aspiration s’est traduite dans un mouvement de dérégulation généralisée, instaurant un néo-libéralisme amenant autant d’opportunités de développement que de nouvelles dérives et limites dont le techno-libertarianisme incarnée par Elon Musk constitue l’illustration la plus contemporaine.

Dans les champs de l’éducation et de la formation mais également du travail, ce sont ainsi les notions d’autonomie, de compétences qui ont fait leur apparition dès les années 90 soulignant progressivement la centration sur les performances individuelles plutôt que sur les actions collectives. Dans la formation, les recherches sur le thème des collectifs (Anzieu, 1975 ; Muchielli, 1965 ; Solar, 2001 ; De Visscher, 2010), pourtant présentes en premier plan dès les années 70, sont alors peu à peu reléguées au profit des objets scientifiques issus des pratiques de la FOAD, du numérique, de l’auto-formation, du projet individualisé. Parallèlement, les politiques publiques de formation continue confirment et soutiennent l’individualisation des parcours de formation et d’emploi, comme les politiques privées des organisations du travail valorisent la performance et la responsabilité individuelles dans l’analyse des besoins de formation (Fabre, 2018).

Dans ce contexte, l’affaiblissement des repères collectifs et le délitement des grands récits de légitimation obligent désormais chacun d’entre nous à devenir « l’entrepreneur de sa propre existence » (Newiadomski, 2019, 2022) et, de fait, le narrateur éclairé de son propre parcours à la fois personnel et professionnel (Breton, 2021). En formation, le récit de/sur soi (Bertaud, 2021 ; Dominicé, Pineau, 2024) reste un outil puissant pour construire de nouveaux liens, percevoir de nouveaux espaces de travail sur soi, sur ses compétences, pour développer ses apprentissages comme dans le dispositif de la VAE par exemple. Mais ces récits ne sont jamais des productions totalement uniques et singulières. Et s’ils peuvent paraître autocentrés, ils ne peuvent en réalité, exister sans un lien au collectif. Si le développement personnel et professionnel reste corrélé aux capacités d’agir des individus, mais celles-ci se déploient dans une culture soucieuse des conditions sociales et politiques d’une liberté individuelle inclusive, soutenue et reliée aux autres. En d’autres termes, le développement individuel « sain » est forcément connectée au social (Eneau, 2005). Il se nourrit constamment des cadres collectifs des expériences sociales vécues (Dubet, 1994), de ceux des groupes professionnels, des identités d’appartenances, de références, des collectifs de travail, voire des communautés de pratiques (Wenger, 1998).

Malgré un relatif effacement des espaces matériels partagés et des temps d’interaction immédiate, et face aux dispositifs d’individualisation des parcours de formation et professionnels et des technologies de mise à distance, les collectifs n’en restent pas moins centraux dans nos processus de développement des personnes et la pérennité du vivre- ensemble durable. Une demande de collectifs apparait comme un désir de renouveau et de partage mais également comme un besoin d’apprendre autrement pour penser et donc agir autrement. Leur place, leur nature, leurs conditions d’émergence et les nouveaux rapports sociaux qu’ils induisent ainsi que leurs enjeux, notamment en termes de formation, sont à (ré)interroger.

Comment et à quelles conditions, les collectifs de formation, se construisent-ils dans nos contextes individualisants ? Pour quels objectifs ? Qui ou que sont ces collectifs ? Comment fonctionnent-ils ? Que produisent-ils ? Du sens partagé ? Des valeurs ? Des formes de vie ? Quels effets sur les apprentissages, individuels et collectifs ?

 

Titre. L’expérience des communautés apprenantes de la robustesse : une forme d’engagement face aux polycrises.

Briand Michel, Professeur émérite à l’IMT Atlantique Elzbieta Sanojca, MCF, CREAD- Université Rennes 2

Sur le principe de fonctionnement d’une communauté d’apprentissage (Cristol, 2017) ; les communautés apprenantes de la robustesse (CARe) sont apparues dans la continuité des travaux sur la robustesse d’Hamant (2022, 2023) et en réponse à une certaine lecture du monde contemporain, dans laquelle, la crise (dans ses multiples formes : environnementale, sociale, financière, démocratique etc.) deviendrait la nouvelle normalité (Fassin, 2020). Dans cette compréhension, le principal problème auquel le vivant (au sens large : humains, non-humain, organisations) aurait mal à faire face, reste l’accélération des changements (Rosa, 2010) de plus en plus soutenue.

Dans ce contexte, vécues par beaucoup comme une urgence, les CARe rencontrent un écho certain, adossées à un fonctionnement en coopération ouverte (Sanojca et Birand 2018) qui met en partage ses productions. L’intérêt de la notion de robustesse promue par ces communautés réside dans sa valeur explicative de stabilité des systèmes complexes. Comme l’explique Hamant (2022), la robustesse émerge de processus sous-optimaux, c’est-à-dire ni trop forts, ni trop faibles. Par ailleurs, elle prévaut sur l’efficacité et la performance dans un environnement à fortes instabilités.

Cette contribution propose une analyse des communautés apprenantes de la robustesse fonctionnant à distance et qui se développent dans une double dimension : (1) territoriale, qui sont ancrées localement et (2) thématique, comme, par exemple, la formation (prise comme terrain de cette étude).

Les participants de ces collectifs se donnent comme objectif l’appropriation du concept de la robustesse, dans l’idée de le rendre opérationnel dans leurs contextes professionnels, en répondant à la question : comment rester stable à court terme et viable à long terme malgré les fluctuations ?

L’analyse interrogera l’origine d’un tel mouvement d’apprentissage et cherchera à comprendre les dynamiques à l’œuvre qui facilitent ou entravent son fonctionnement. En résultat, une grille d’analyse sera proposée pour pouvoir qualifier un potentiel formatif de ces communautés, qui se situent en alternative aux formes plus classiques de la formation des adultes.

 

Titre. Quand des projets d’outils servent de prétexte à former des collectifs formels et informels Magali Roux

Chercheuse associée

LISEC UR 2310 – Université de Lorraine Magali.roux@univ-lorraine.fr

Nous proposons à travers cette communication de nous demander en quoi et comment les projets d’outils ou de plateformes peuvent servir de prétexte à former des collectifs formels et informels. Nous nous appuyons sur les retours d’expérience de porteurs de projets soutenus dans le cadre d’un dispositif régional destiné à articuler les activités de l’enseignement supérieur avec celles des acteurs économiques. Le soutien régional à ces projets concerne leur volet technique et matériel. Une partie de ces projets a trait au développement et à la mise en œuvre de dispositifs d’apprentissage par simulation à travers des plateformes techniques de formation reproduisant des conditions réelles de travail, dans une visée formative (Bourliataux-Lajoinie, Sylla-Iyarreta Veitía, et Koscielniak, 2024).

Nous analysons les manières avec lesquelles ces injonctions liées au financement ont fait émerger de l’inattendu dans la constitution de collectifs. Pour ce faire, nous pourrons nous intéresser aux différents types de collectifs émergeants : collectif formel autour du projet, collectif formel entre porteurs de projets, collectif formel politique, collectif informel (Audran, 2019) supposé entre utilisateurs de l’outil : étudiants, chercheurs, enseignants, acteurs économiques…

Enfin, nous proposons d’interroger, à l’aune de l’évaluation des politique publiques (Duran, 2021, Réser, 2021), les conditions nécessaires à l’émergence et à la dynamique de ces collectifs et de formes d’intelligence collective (Cristol et Joly, 2021).

 

Titre. Anatomie d’une chute collective : des professionnels et des chercheurs à l’épreuve de l’inclusion scolaire

Matthieu Laville Laboratoire CIRNEF

Université de Caen Normandie

Ce clin d’œil au titre du film de Justine Triet m’autorise à revenir sur une recherche que nous avions menée il y a quelques années auprès de professionnels d’un collège de la région parisienne (Mazereau dir. et al., 2018). Cette recherche avait pour objectif de relayer et d’analyser les conditions de réalisation de modalités de scolarisation inclusive dans cet établissement. Nous sommes donc intervenus à la demande d’enseignants spécialisés qui souhaitaient être accompagnés dans leurs réflexions sur des pratiques inclusives qu’ils avaient engagées dans leur collège. Cette recherche s’est appuyée sur plusieurs observations et sur des entretiens, effectués auprès de différents acteurs éducatifs. Elle s’est ponctuée par une restitution de nos travaux auprès de l’équipe éducative, dans un contexte tendu où le processus d’inclusion engagé dans le collège était à l’arrêt et avait suscité des craintes de la part du personnel, mais aussi un désengagement relatif des enseignants spécialisés qui avaient pourtant initié les pratiques inclusives du collège (Laville et Saillot, 2019).

Cette proposition vise donc à retracer les étapes de la constitution de ce collectif inclusif (Mullins, 1972) au sein de cet établissement, depuis sa genèse jusqu’à sa disparition. Elle revient plus particulièrement sur les pratiques pédagogiques existantes que celui-ci a permis de questionner et, dans une certaine mesure, de changer. Elle propose enfin de saisir les situations de vulnérabilités en miroir (Gaucher et al., 2003) vécues comme des épreuves de professionnalité (Ravon et Vidal-Naquet, 2018), tant chez les enseignants que chez les chercheurs, dès lors que le collectif a commencé à se déliter.

 

Titre. L’équipe interprofessionnelle aux urgences pédiatriques : quel collectif à l’œuvre ?

Autrice : Thanh-Van TRIEU, doctorante SEF, LISEC, UR 2310. Dir : E. Triby et T. Pelaccia

Le contexte de cette recherche doctorale est un service d’urgence pédiatrique accueillant des enfants victimes de violences et de maltraitances, une question sociale et de santé publique. Est particulièrement documentée la mobilisation d’une configuration d’acteurs (et d’activités) (Albero et al. 2019), autour de cas d’enfants victimes entre professionnels de la santé et du travail social, entre ces professionnels de santé et des acteurs « externes » : parents, autorités administratives, services judiciaires.

Problématisation. Analyser les croisements et les rapprochements possibles entre formation des collectifs et deux concepts clés du champ de la santé (et de la pédagogie de la santé) : la collaboration interprofessionnelle en santé (Alfandari, 2017 ; Hatano-Chalvidan, 2016) et le raisonnement clinique collaboratif (Lee et al., 2024) et sa variante, plus topique : la prise de décision en protection de l’enfance ou Decision-Making in Child Protection (Lauritzen et al. 2017 ; McCormarck et al., 2020).

La démarche méthodologique. 1. Actualisation de la problématique à partir de trois études de cas (Leplat, 2002) convergentes sur des faits de maltraitance à enfant présentés au service de pédiatrie hospitalière (réalisé). 2. Suivi observation, par immersion, de professionnels impliqués dans des situations d’interaction et de réunion (en cours).3. Entretiens d’auto-confrontation de professionnels à partir du matériau de suivi-observation (à venir).

Perspectives de la recherche en cours. Décrire le déroulement du processus de négociation des savoirs propre à la production d’une décision médicale en matière de traitement de cas de maltraitances infantiles. Repérer et analyser les savoirs en jeu et en mouvement dans le fonctionnement de ces collectifs professionnels en interaction ; repérer la place distinctive et décisive du médecin (pédiatre) dans ce contexte. Identifier les collectifs dans leur formation, à la fois l’élaboration et le fonctionnement d’une configuration d’acteurs, d’une part, la transformation inégale et différenciée des savoirs chez ces acteurs, d’autre part.

 

Titre. La formation d’un collectif pour l’entrepreneuriat dans un Tiers-lieu : une dynamique reproductible ?

Auteur : Emmanuel Triby LISEC UR 2310

Université de Strasbourg – F

Le contexte de cette recherche participative. La conception et la mise en œuvre d’une formation mutuelle à l’entrepreneuriat par un collectif de personnes engagées dans des activités de conseils, d’accompagnement et de formation, réunies au sein d’un Tiers-lieu sur un territoire, le dispositif S’entrapprendre (Chabanel et al., 2023). L’objectif du dispositif est de conforter les personnes dans leur démarche d’entrepreneuriat en se fondant sur différentes modalités de formation, d’accompagnement, de réflexivité au sein du collectif des personnes engagées dans cette action ; il y a bien formation du collectif et par le collectif. Le territoire intervient ici par le biais de la culture et la politique d’un Tiers-lieu (Patroucheva et Triby, 2025).

Problématisation. En partant de l’analyse partagée de ses conditions de conception et sa conceptualisation, de sa mise en œuvre et son évaluation, il s’agit d’imaginer et de créer les conditions de la reproduction de ce dispositif. Cette reproductibilité interroge les conditions de formation et de transformation de ce collectif (Salmon, 2025)

La démarche méthodologique. Elle est fondée sur l’expérimentation et la mise à l’épreuve des compétences et des expériences des membres du collectif au sein d’un dispositif « s’entrapprendre »

; le suivi et l’analyse de son déroulement par un chercheur sur la base de sa participation régulière aux différentes journées d’expérimentation ; le recueil de traces de cette participation observante (Soulé, 2007).

Résultats provisoires et perspectives de la recherche en cours

  1. Opérationnelles : elles questionnent les conditions de la formation de ce collectif ; la reproductibilité de ce dispositif, du fait du détour par le collectif.
  2. Théoriques : dans quelle mesure s’agit-il d’un collectif ? Quelle est la part réelle, effective, de la formation dans la constitution de ce collectif ?
Titre. La référence au collectif dans la construction des professionnalités des animateurs socio- culturels : quels enjeux de positionnements identitaires ?

Maude Hatano-Chalvidan LISEC UR2310

Université de Strasbourg – F

Dans un contexte de formation et de travail de plus en plus individualisé, la question des collectifs semble s’être effacée au profit d’une reconnaissance des performances individuelles (Monchatre, 2007). La construction des parcours professionnels s’appuie désormais sur des outils et des méthodologies favorisant la responsabilité individuelle ainsi que l’autonomie des professionnels. Dispositif de VAE, bilan de compétences, approche par compétences de manière générale, entretien professionnel ou entretien d’orientation accompagnent désormais les transitions professionnelles : changements de poste a minima, bifurcations ou reconversions professionnelles (Bessin, Bidart, Grossetti, 2009).

Pourtant, on voit apparaître dans les outils qui permettent justement l’individualisation des parcours de formation comme les référentiels, des compétences de plus en plus portées vers les collectifs de travail, les pratiques collaboratives, partenariales, de coordination ou de management d’équipe : autant de références aux dimensions collectives du travail.

Cette tension entre individualisation des parcours et référence accrue aux collectifs de travail interroge ainsi la place, voire la résistance de ces derniers dans la construction des professionnalités, entendue comme un ensemble de qualités et de compétences professionnelles prescrites ou auto-attribuées permettant une offre de signification nouvelle sur les activités professionnelles, sur le métier et sur soi (Hatano-Chalvidan, 2022). En ce sens, la professionnalité peut être considérée comme un espace de transactions identitaires au sens de Dubar (Dubar, éd. 1991). Dans cette perspective, nous nous demanderons comment la référence aux collectifs de travail dans les parcours individuels de travail ou de formation reste-t-elle structurante pour la construction des professionnalités des métiers de service adressé à autrui (Piot, 2019) ? A travers une étude exploratoire sur la qualité éducative perçue par les professionnels du champ, c’est-à-dire les acteurs de l’animation, 8 entretiens semi-directifs ont été conduits auprès d’eux portant notamment sur leurs parcours, leur entrée dans le métier, leur quotidien ainsi que leurs perspectives. L’échantillon est composé de coordonnateurs, de responsables éducatifs et d’animateurs de terrain. A travers leurs discours, nous étudierons la manière dont la notion de collectif est investie, travaillée et positionnée et comment elle renforce ou pas leur professionnalité, leur sentiment de cohérence professionnelle.

 

S06 : Faire expérience à travers les pédagogies de l’alternance
+
vendredi 24 Avril 2031, 10h00-12h30, Salle 17.1.04

Responsable.s du symposium

GREMION Christophe christophe.gremion@hefp.swiss et GAUTIER-CHOVELON Christine christine.gautier-chovelon@univ-cotedazur.fr

Entité Recherche

1. Haute école fédérale en formation professionnelle HEFP, rue de Longemalle 1, 1020 Renens, christophe.gremion@hefp.swiss 2. Institut national supérieur du professorat et de l’éducation INSPE Académie de Nice, Université Côte d’Azur, de recherchechristine.gautier-chovelon@univ-cotedazur.fr-laboratoire de recherche innovation et numérique pour l’éducation (LINE)

Entité professionnelle

Résumé

Les formations en alternance connaissent un regain d’intérêt croissant. Si de nombreuses recherches portent sur les différents modèles d’ingénierie de l’alternance, peu d’études analysent l’efficacité des pédagogies elles-mêmes — considérées comme des leviers essentiels de l’apprentissage professionnel pour les étudiant·e·s et apprenti·e·s. Ce symposium vise à présenter et à analyser diverses pédagogies mises en œuvre dans la formation professionnelle et supérieure, afin d’évaluer leur capacité à favoriser à la fois la formation et la transformation des apprenants dans leurs situations de travail.

 

Objectifs du symposium :

-Mettre l’accent sur les pédagogies en alternance ;

-Questionner l’efficacité des dispositifs pédagogiques ;

-Faire un focus sur l’apprentissage professionnel et la transformation des acteurs dans les situations de travail, en phase avec la notion de professionnalisation réflexive et d’émancipation ;

-Ouverture à plusieurs approches et dispositifs, ce qui est cohérent avec un symposium réunissant diverses contributions sur les pédagogies de l’alternance.

Intervenants

Christophe GREMION, christophe.gremion@hefp.swiss, Professeur HEFP Christine GAUTIER CHOVELON, christine.gautier-chovelon@univ-cotedazur.fr, Maitre de conférences INSPÉ de l’académie de Nice Marie BLUTEAU, marie.bluteau@mfr.asso.fr, Formatrice- chargée de mission au Centre national pédagogique des MFR Laurent PERRIARD, l.perriard@es-asur.ch, Responsable pédagogique ES ASUR Mélanie CRAUSAZ, melanie.crausaz@hepl.ch, chargée d’enseignement HEPL Solveig FERNAGIU, sfernagu@cesi.fr, Directrice de recherche LINEACT CESI

Programme

 

  • Proposition de Christine Gautier Chovelon: « Étonnement, mémoire, vidéo : les traces réflexives au cœur des temporalités de l’alternance » 

 

 

Résumé 

Cette communication interroge la manière dont les pédagogies de l’alternance mobilisent des dispositifs réflexifs pour accompagner la professionnalisation des étudiants en master. En s’appuyant sur trois traces clés — le rapport d’étonnement, le mémoire professionnel et le curriQvidéo —, elle met en lumière la manière dont ces supports s’inscrivent dans des temporalités distinctes du parcours en alternance, et comment ils participent, chacun à leur manière, à la construction d’une posture réflexive et d’une identité professionnelle en devenir. 

Le rapport d’étonnement, produit en début de formation, saisit le surgissement de l’expérience vécue et engage une réflexivité critique sur l’implicite des pratiques professionnelles observées. Le mémoire, élaboré dans la durée, permet une formalisation progressive du vécu en savoir, en croisant l’analyse de terrain et les apports théoriques. Enfin, le curriQvidéo, conçu en fin de parcours, offre une mise en récit incarnée du cheminement de l’étudiant, valorisant les apprentissages réalisés et les compétences construites. 

L’intervention propose une lecture croisée de ces trois traces à la lumière des travaux d’Anne Jorro sur la réflexivité évaluative et identitaire, et montre comment ces dispositifs, inscrits dans les temps de l’alternance, soutiennent une professionnalisation située, réflexive et signifiante. 

 

 

  • Proposition de Laurent Perriard et Christophe Gremion « Explorer, catégoriser, comprendre les pédagogies de l’alternance : revue des pratiques en formation professionnelle » 

 

Cette contribution porte sur la réalisation d’une revue de littérature internationale visant à identifier, analyser et catégoriser les différentes pédagogies de l’alternance mobilisées dans divers champs professionnels (santé, technique, arts, etc.). L’objectif est de produire une synthèse critique et un outil de lecture utile pour la recherche, la formation des didacticiens et les acteurs de terrain. La communication proposera les premiers résultats de cette analyse et discutera de leur transférabilité dans le contexte suisse.

 

 

  • Proposition de Mélanie Crausaz « De l’efficacité démontrée à une mise en œuvre sous contraintes : tensions entre recherche et réalités organisationnelles dans les formations en alternance »

 

Résumé : Cette communication interroge le décalage entre l’efficacité reconnue de certaines pédagogies de l’alternance, démontrée par la recherche et souvent plébiscitée par les acteurs de terrain, et leur difficile mise en œuvre dans les institutions de formation. À partir d’une analyse de tensions structurelles (logiques politiques, contraintes budgétaires, exigences d’évaluation externe), elle met en lumière les freins organisationnels qui entravent la traduction concrète de ces dispositifs dans les pratiques. En articulant perspectives scientifiques et réalités institutionnelles, cette contribution vise à questionner les conditions de possibilité d’une alternance cohérente et transformatrice pour les acteurs. 

 

 

  • Proposition de Bluteau Marie « Cultiver le pouvoir d’agir en formation par alternance » 

 

Avec la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » chacun est placé plus que jamais en responsabilité de piloté son parcours et son développement. Dans une société de la complexité où l’incertitude est devenue la norme se pose de manière accrue la question du développement de la capacité d’agir et de choisir de chacun pour soi-meme en fonction de ses aspirations. Plus que jamais, les organisations de formation sont appelées à prendre en compte l’individualisation des parcours et adapter les modalités de formation aux besoins de chacun. Dans ce contexte général, existe—t-il des situations de formation par alternance plus particulièrement propices au développement du pouvoir d’agir des personnes en formations ? Notre communication se propose de porter un regard sur le vécu de différentes situations de formation par alternance ( en stage, au centre de formation, dans l’environnement social et familial et en interface de tous) par les alternants afin d’identifier les facteurs plus ou moins propices à ce développement de leur point de vue. 

 

  • Proposition de Solveig Fernagu «Vers une alternance capacitante »

 

Une étude sur la pédagogie de l’alternance conduite pour le compte de l’observatoire des compétences de la métallurgie (Fernagu et al., 2022) a cherché à mieux comprendre ce qui pouvait distinguer une pédagogie de l’alternance d’une pédagogie plus classique. Elle a permis de stabiliser une définition à partir de l’analyse de pratiques d’alternance déployées dans un certain nombre de centres de formation et de CFA, et d’un état de l’art de la littérature scientifique. Cette recherche a donné lieu à une centaine d’entretiens avec des responsables de formation, des coordinateurs pédagogiques, des formateurs, et des enseignants chercheurs appartenant à différents secteurs d’activité : industrie du médicament, chimie, agriculture, métallurgie, etc. et a permis d’apprécier, du point de vue des acteurs, ce que pouvait caractériser une pédagogie de l’alternance. Nous présenterons ces résultats et montrerons, au travers eux, qu’une pédagogie de l’alternance est une pédagogie qui travaille au désenclavement et de décloisonnement des expériences de formation (en centre, en entreprise). Plus les apprenants seront en capacité de faire et se défaire de leurs expériences, plus l’alternance (en tant que processus) offrira des opportunités de professionnalisation et sera … capacitante. 


Discussion finale organisée par Christophe Gremion et Christine Gautier Chovelon

 

S07 : Le Halo des compétences essentielles
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vendredi 24 Avril 2032, 10h00-12h30, Salle 17.2.15

Responsable.s du symposium

ROQUET Pascal pascal.roquet@lecnam.net Codirecteur du laboratoire FoAP et directeur de l’école doctorale Abbé Grégoire (Cnam) et DE LA LONDE Charly charles-henry.delalonde@fondation-voltaire.fr Président de la Fondation Voltaire (Groupe Voltaire)

Entité Recherche

Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) / Laboratoire Formation et Apprentissages Professionnels (FoAP) 41 Rue Gay Lussac Paris 75005 E-mail : pascal.roquet@lecnam.net Fondation Voltaire (Woonoz) 1 avenue Sidoine Appollinaire 69009 Lyon E-mail : charles-henry.delalonde@fondation-voltaire.fr

Entité professionnelle

Groupe Voltaire 1 avenue Sidoine Apollinaire 69009 Lyon E-mail : charles-henry.delalonde@fondation-voltaire.fr

Résumé

Issu du partenariat de recherche-action « Compétences 2030 », mené par le Groupe Voltaire, un collectif de partenaires engagés et les laboratoires FoAP et Lirsa du Cnam, le « Halo des compétences essentielles » est à la fois une méthodologie innovante et un outil articulant une démarche qualitative, un état de l’art international et des expérimentations de terrain.

Cette approche systémique et dynamique est destinée à mieux cerner l’adéquation entre l’emploi, les compétences et l’employabilité dans une approche transversale, reliant des travaux issus de plusieurs champs disciplinaires (sciences de gestion, sociologie, psychologie et les sciences de l’éducation et de la formation). Elle met en perspective les enjeux temporels de la relation formation emploi et de la mobilisation de l’expérience individuelle et collective. La démarche a vocation à s’élargir à tous ceux souhaitant se saisir de cette méthodologie pour l’éprouver et la faire progresser.

Intervenants

Pascal ROQUET pascal.roquet@lecnam.net Codirecteur du laboratoire FoAP et directeur de l’école doctorale Abbé Grégoire (Cnam) Vincent PACINI vincent.pacini@lecnam.net Charles-Henry DE LA LONDE charles-henry.delalonde@fondation-voltaire.fr président de la Fondation Voltaire (Groupe Voltaire) Marielle FRICK mariellefrick@hotmail.com

Programme

S08 : Quelle place l’expérience de vie personnelle (professionnelle, de formation, de savoirs acquis dans des actions militantes, …) des formateurs et formatrices occupe-t-elle en situation de formation d’adultes ?
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vendredi 24 Avril 2033, 10h00-12h30, Salle 17.1.07

Responsable.s du symposium

BOLOMA Sostel sostel.boloma@etud.univ-paris8.fr et CATTAN Anna anna.cattan@gmail.com

Entité Recherche

LIAgE

L’Unité de Recherche Laboratoire Interculturalités, Apprentissages, marGes, Expériences (LIAgE) a été créée en janvier 2025 à l’occasion de son Assemblée Générale inaugurale. L’équipe de recherche LIAgE est issue de l’ancienne équipe d’accueil Experice qui réunissait trois universités (USPN, Paris 8 et Pau Pays de l’Adour)

et qui a officiellement cessé d’exister en 2023.

Dans la poursuite de ces précédents travaux, le LIAgE étudie les phénomènes éducatifs et les apprentissages essentiellement hors ou aux marges de l’école. L’équipe est plurielle par ses approches, ses terrains et les cadres théoriques disciplinaires de ses recherches, mais réunie autour de communs essentiels :

  • une acception très large de l’éducation et de la formation dans laquelle l’apprentissage par l’expérience ou les expériences joue(nt) un rôle central à tous les âges de la vie,
  • une ouverture aux collaborations de recherche avec différents types d’acteur·ices dit·es « de la société civile »,
  • un intérêt marqué pour la coopération à toutes les échelles, du plus local à l’international,
  • une sensibilité commune à l’altérité, aux métissages
  • une importance accordée à l’analyse des cadres institutionnels et politiques qui organisent les rapports de pouvoir au sein des collectifs ou entre les collectifs, eux-mêmes reconnus comme espaces-temps de formation

Trois axes ont été définis. Ils ont un rôle structurant en donnant à lire les différentes dimensions abordées dans les recherches de façon transversale.

  • Dispositifs de formation et pratiques d’intervention et de médiation
  • Apprendre en transculturalités
  • Apprendre par expérience(s) tout au long de la vie

Entité professionnelle

Entité professionnelle : Le Pas de Côté

Le Pas de Côté est une coopérative de formation. Toute l’équipe est issue de l’éducation populaire, du monde associatif et des SHS. Elle intervient d’ailleurs au sein du monde associatif lié à l’ESS : dans les champs du travail social et de l’éducation populaire, dans les formations initiales comme continues, auprès d’employé·es comme de bénévoles. Le Pas de Côté a à cœur de favoriser l’émancipation des publics et pour ce faire les formateurs et formatrices de la coopérative privilégient une pédagogie critique qui ne sépare pas pratiques professionnelles, vie personnelle et politique. Cette pédagogie s’exprime par des activités principalement actives, favorisant l’appropriation par tous·tes, et des moments dédiés à l’analyse des situations tout comme des mises en récits de soi.

L’équipe de la coopérative souhaite rester congruente et ainsi s’applique à elle-même ce qu’elle professe : les deux actuels professionnels à temps plein sont co-gérants, collègues et amis. « Nous ne séparons pas travail, vie


personnelle et politique : nous utilisons nos expériences personelles comme outils de travail afin de créer une émulation politique. »

Résumé

Les expériences des formateurs et formatrices d’adultes, expériences personnelles (non formelle, informelle, de savoirs acquis dans des actions militantes, coopératives, etc.) et professionnelles (acquises dans des activités ou formations professionnelles variées antérieures ou concomitantes aux actions de formation), mobilisées dans les situations de formation (construction et animation des actions de formation, définition de leurs enjeux au moment de la négociation ou de l’évaluation) et la posture des formateur·ices (regard sur les dispositifs, définition de leur éthique de formateur·ice d’adultes) ne sont pas toujours révélées, racontées, valorisées.

Quelle place et quelles formes les savoirs d’expérience des formateurs et formatrices prennent-ils dans la formation des adultes ? S’ils ont une légitimité, d’où leur vient-elle ? Comment sont-ils mobilisés et investis par les différent·es acteur·ices ? Les interventions porteront sur des formations auprès de différent·es publics (enseignant·es du second degré, travailleur·ses du social dans les tiers lieux et/ou parents), nous permettant ainsi de questionner les contextes dans lesquels les formateurs et formatrices prennent appui sur leurs propres savoirs expérientiels.

Intervenants

BOLOMA Sostel sostel.boloma@etud.univ-paris8.fr CATTAN Anna anna.cattan@gmail.com LAOT Françoise francoise.laot@univ-paris8.fr DELABOS Yannique delabos@etud.univ-paris8.fr GALVAO Izabel izabel.galvao02@univ-paris8.fr GENTÈS Deborah deborahgentes@icloud.com CAMUSET Guillaume guillaumecamuset@gmail.com

Programme

Déroulement envisagé :

 

  • Sostel BOLOMA et Anna CATTAN, seront discutant·es

sostel.boloma@etud.univ-paris8.fr / anna.cattan@gmail.com

 

  • Françoise LAOT : Introduction : « L’expérience, un invariant du discours dans l’histoire de la formation des adultes »

francoise.laot@univ-paris8.fr

 

  • Yannique DELABOS : « Quelle place accorder aux savoirs d’expérience d’enseignant·es dans les interventions de formation continue d’initiative locale du second degré de l’enseignement en France en établissement ? » delabos@etud.univ-paris8.fr

L’intervention questionnera les insertions, par les formateurs et formatrices, dans des situations de formation continue des enseignant·es du second degré public, de récits ou d’objets issus de leur propre expérience d’enseignant·e. On considérera que les formateur·ices font alors de leur pratique d’enseignant·e un vivier de ressources pour la formation, tirant alors expérience de leur activité professionnelle principale.

  • Quelles sont ces insertions ? Comment sont-elles faites et dans quel objectif ? Doit-on parler d’insertions opportunes, anticipées, voire d’expériences professionnelles orientées vers la production de ressources pour la formation, auparavant mises en œuvre par la formatrice ou le formateur en situation d’enseignement ?
  • L’Éducation nationale a-t-elle produit des textes de cadrage à ce sujet ? Peut-on établir un lien avec les

« expérimentations » qu’elle sollicite ? Comment s’est-elle positionnée sur cette question, notamment dans le cadre du dispositif Formations d’initiative locale ? Quels enjeux institutionnels peut-on discerner autour de cette question de la transmission d’expériences de terrain à un groupe d’enseignant·es ?

  • Si les récits et les objets issus de l’expérience professionnelle d’enseignant·es se font outils pour la formation continue de leurs pairs, parlons de leurs usages. Quelle conception du métier d’enseignant·e et de la fonction de formateur·ice dessinent-ils ?

 

– Izabel GALVAO : « L’intervention sociale à l’épreuve de la rencontre : apprentissages au sein d’un tiers-lieu solidaire.« 

izabel.galvao02@univ-paris8.fr

 

Cette communication se base sur une recherche-action évaluative menée au sein d’un Tiers-lieu solidaire associant hébergement de personnes en situation d’exil et de grande précarité, espaces de travail (artistes, artisans, associations de l’économie sociale et solidaire) et activités ouvertes au public.


S’appuyant sur le pari que lutte contre l’exclusion, ouverture sur la ville et mixité des activités se renforcent mutuellement, une attention particulière est portée à l’aménagement de l’espace et à la proposition d’activités qui permettent la rencontre entre des personnes qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer. Cette centralité donnée à la rencontre interpelle les pratiques du travail social, mettant en question notamment la figure de la « distance professionnelle ». Ce contexte d’intervention mène au brouillage de frontières entre vie professionnelle et personnelle et suscite une plus grande proximité entre les intervenants et intervenantes et les personnes qu’ils et elles accompagnent. Du lieu du travail social, quels apprentissages ce contexte d’intervention promeut-il ? À quels défis confronte-il les professionnel·les ?

 

  • Deborah GENTÈS : « La pédagogie de l’expérience » au cœur du dispositif des Universités Populaires de Parents (UPP) : mon rôle d’« universitaire » dans le groupe UPP de la Goutte d’Or à Paris 18ème. « 

deborahgentes@icloud.com

 

L’UPP appartient au mouvement de l’éducation populaire, qui vise l’émancipation des personnes à partir de leur participation à des actions collectives. Elle a pour objectif de valoriser et de visibiliser les savoirs construits par les parents à partir de leurs expériences, accompagnés par un.e « universitaire » sur des sujets qui traitent de la parentalité. Le groupe des parents de la Goutte d’Or m’a choisie sur le critère de mon ancienne implication dans le quartier, en tant que professeure des écoles débutante, en 1996, à l’école de la rue Cavé. Cette expérience princeps, qui détermina la majeure partie de ma vie professionnelle d’enseignante puis de chercheuse, de la maternelle à l’université Paris 8, me remobilisait presque trente années plus tard, sur un même territoire, du côté de l’accompagnement des adultes. En quoi les expériences fondatrices sont-elles formatrices et comment nous les intégrons (Billeter) pour former à notre tour ? Que traduisent-elles du partage ou des divergences de points de vue, sur – un quartier (la Goutte d’Or), – une institution (l’école), – un statut (adulte/enfant), – une fonction (parent/enseignant), et – un sujet de recherche (les langues familiales) ?

 

  • Guillaume CAMUSET : « L’anecdote : un outil pédagogique coopératif et convivial« 

guillaumecamuset@gmail.com

 

L’anecdote n’a pas vraiment de lettres de noblesse. Tantôt balayée comme anecdotique, ne permettant pas d’asseoir un savoir sérieux, tantôt ridiculisée pour sa forme populaire, je cherche à montrer que l’anecdote est en réalité un outil pédagogique.

Outil pédagogique convivial (au sens d’Ivan Illich, La convivialité, 1973/2021) qui met les expériences des personnes en présence au centre de la pédagogie et qui favorise des montées en latéralité (Nicolas-Le Strat, La transmission des expériences collectives, 2014). Je cherche à montrer comment l’anecdote permet à toustes de s’exprimer, d’entendre l’autre comme d’être entendu·e et, ainsi, de construire son savoir propre.

 

S09 : Partager des expériences pour et par la recherche sur le rôle de la formation dans des parcours de reconversion professionnelle « radicale »
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mercredi 22 avril 2026, 14h00-16h30, Salle 17.1.07

Responsable.s du symposium

HAUDIQUET Agathe agathe.haudiquet@univ-lille.fr Maîtresse de conférences HDR en sciences de l’éducation et de la formation, Laboratoire CIREL-Trigone, Université de Lille

Entité Recherche

CIREL-Trigone ULR 4354 Université de Lille Campus Pont de Bois 3 rue du Barreau – BP 60149 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex

Entité professionnelle

Solidarités Nouvelles face au Chômage , 51 rue de la Fédération 75015 Paris, snc@snc.asso.fr Op’allo Dépannages, 220 route de Merlimont 62180 Rang du Fliers, hhau1802@gmail.com

Résumé

Avec des adultes impliqués dans des parcours de reconversion professionnelle « radicale », nous cherchons depuis deux ans à expliquer et à comprendre les motifs de leur insatisfaction relativement à l’offre de formation proposée, laquelle ne semble combler ni les attentes individuelles ni les besoins objectifs. Pour ce faire, nous avons décidé de travailler en « co ».  L’idée est de permettre aux acteurs de deux mondes, le monde du travail et le monde de la recherche, de se rencontrer, de se parler, d’agir et de créer ensemble des perspectives d’évolution ou de transformation des dispositifs de formation. Le processus de co-construction de la connaissance scientifique est au cœur de nos préoccupations. Dans ce symposium, nous présenterons les dynamiques, les avancées et les écueils d’une aventure humaine collective. Nous partagerons des résultats d’analyse et des éléments de réflexion ainsi que les portées épistémologique, méthodologique, théorique ou pratique de cette recherche.

Intervenants

Aude Corbalan aude@vivante-cuisine.fr, Autoentrepreneur, Traiteur Antoine Dain antoine.dain@gmail.com, Enseignant contractuel, Sociologue Stéphanie Fischer stephanie.fischer@univ-lille.fr, Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et de la formation, CIREL-Proféor, Université de Lille Agathe Haudiquet agathe.haudiquet@uni-lille.fr, Maîtresse de conférences HDR en sciences de l’éducation et de la formation, CIREL-Trigone, Université de Lille Hervé Haudiquet hhau1802@gmail.com, Autoentrepreneur, Plombier-chauffagiste frigoriste Erika Léonard erika.leonard@univ-lille.fr, Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et de la formation, CIREL-Trigone, Université de Lille Thérèse Levené therese.levene@univ-lille.fr, Maitresse de conférences émérite en sciences de l’éducation et de la formation, CIREL- Trigone, Université de Lille Isabelle Mayeur imayeur@cegetel.net, Consultante en bilan de compétences, Bénévole de Solidarités Nouvelles face au Chômage Stéphanie Patry patrystep@gmail.com, Employée agricole, Maraichère Frank Perroi perroi.franck@gmail.com, Chargé d’affaires, Conducteur de travaux

Programme

Le programme comprend :

  • Une introduction présentant la genèse de la recherche collaborative
  • Une communication à plusieurs voix, relative à la méthodologie et à l’analyse des données issues d’une cinquantaine de récits d’expériences
  • Un temps d’échange entre les participants et les membres du Comité de pilotage sur le processus de régulation de la recherche
  • Une mise en perspective(s) de la recherche à l’appui d’événements et d’actions à valoriser, à réaliser, à concevoir

 

S10 : Publier un premier article scientifique : une expérience au prisme des revues
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vendredi 24 Avril 2034, 10h00-12h30, Salle 21.1.16

Responsable.s du symposium

SIDO Xavier xavier.sido@univ-lille.fr

Entité Recherche

Revue recherche en didactique. Université de Lille, Campus Pont de Bois,3 rue du Barreau – BP 60149,59653 Villeneuve d’Ascq Cedex. RED@univ-lille.fr.

Entité professionnelle

Résumé

Publier son premier article dans une revue scientifique constitue une expérience déterminante dans le parcours d’un.e doctorant.e. Elle conjugue enjeux personnels et institutionnels, entre validation académique et premiers pas dans la vie scientifique. Ce symposium, porté par Recherches en didactiques, propose d’explorer cette expérience non pas sous l’angle de l’écriture, mais du processus de publication. Il sera organisé en deux temps convoquant à chaque fois des représentants de revue de didactique et plus largement de science de l’éducation, françaises et internationales (Didactique du FLES – Recherches et Pratiques, Education & Didactique, Recherches en didactiques, Repères-IREM, revue plurisdisciplinaire d’éducation par et pour les doctorant.e.s , Spirale). Le premier s’intéressera du point de vue doctorant.e/encadrant.e aux stratégies de publications et au choix des revues. Le second temps investiguera le travail éditorial et d’expertise relatif à des premières publications et la réception des expertises par les doctorant.e.s.

Intervenants

– Revue Recherches en didactiques : Xavier Sido : xavier.sido@univ-lille.fr Alain Sénécail : senecail.alain@gmail.com Oriana Ordonez Pichetti : orianaordonezp@gmail.com Saskia Quarello : saskia.quarello@hotmail.fr – Spirale Daniel Bart : daniel.bart@univ-tlse2.fr – Didactique du FLES :recherches et Pratiques Nathalie Gettliffe : ngettliffe@unistra.fr – Revue Education & didactique Lucie Gomes : Lucie.gomes@univ-lille.fr Catherine Huchet : Catherine.Huchet@univ-nantes.fr – Revue Repère-IREM Sonia Yvain : sonia.yvain@univ-lyon1.fr – revue pluridisciplinaire d’éducation par et pour les doctorant.e.s Elise Bouillon : elise.bouillon@unige.ch Stéphanie Rienzo : Stefanie.Rienzo@unige.ch

Programme

S11 : Mobiliser du coenseignement développemental en formation initiale et continue des enseignants : enjeux, conditions et perspectives
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jeudi 23 avril 2028, 14h00-16h30, Salle 17.2.14

Responsable.s du symposium

BERTERREIX Cécile cecile.berterreix@u-bordeaux.fr

Entité Recherche

Laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique, éducation et formation, Université de Montpellier, faculté d’Éducation (France)

Entité professionnelle

Laboratoire Épistémologie et didactiques des disciplines, université de Bordeaux (France) Haute-école Henallux (Belgique) Université Laval – CRIRES (Canada) Université de Mons (Belgique)

Résumé

Les récentes réformes menées en France et en Belgique ont rapproché la formation initiale et continue des enseignants de la salle de classe (MEN, 2020, 2025 ; FWB, 2022). Dans cette dynamique, plusieurs travaux récents suggèrent la mise en œuvre de dispositifs de coenseignement développemental, en dyade ou en triade (Fortier & Tremblay, 2025), pour soutenir la construction de l’expérience professionnelle chez les futurs enseignants et les enseignants expérimentés (Bacharach, Heck & Dahlberg, 2010 ; Berterreix & Chaliès, 2025). Ce symposium propose d’explorer ces transformations à travers quatre communications qui examineront :

  1. les conditions propices aux apprentissages professionnels ;
  2. le vécu croisé des formateurs et des formés ;
  3. les dispositifs d’évaluation des formés.

Un regard renouvelé est ainsi offert sur la manière dont le coenseignement peut devenir un levier de développement professionnel et de transformation des pratiques formatives.

Intervenants

● Cécile Berterreix, formatrice INSPE, Université de Bordeaux, docteure, LIRDEF, Université de Montpellier (France): cecile.berterreix@u-bordeaux.fr ● Aline Coibon, directrice d’école et doctorante à l’Université de Mons (Belgique) : aline.coibion@umons.ac.be ● Stéphanie Fabry, maîtresse de conférence Haute-École Henallux et doctorante à l’Université de Namur (Belgique) : stephanie.fabry@henallux.be ● Carine Reydy, maîtresse de conférences, Laboratoire Épistémologie et didactiques des disciplines, Université de Bordeaux, (France)carine.reydy@u-bordeaux.fr ● Philippe Tremblay, Professeur titulaire à l’Université Laval (Québec) : philippe.tremblay@fse.ulaval.ca

Programme

Ce symposium offre un regard renouvelé sur la manière dont le coenseignement peut devenir un levier de développement professionnel et de transformation des pratiques formatives.

Les récentes réformes menées en France et en Belgique ont rapproché la formation initiale et continue des enseignants de la salle de classe (MEN, 2020, 2025 ; FWB, 2022).

Dans cette dynamique, plusieurs travaux récents suggèrent la mise en œuvre de dispositifs de coenseignement développemental, en dyade ou en triade (Fortier & Tremblay, 2025), pour soutenir la construction de l’expérience professionnelle chez les futurs enseignants et les enseignants expérimentés (Bacharach, Heck & Dahlberg, 2010 ; Berterreix & Chaliès, 2025).

Ce symposium propose d’explorer ces transformations à travers quatre communications, fondées sur quatre recherches. Étudiant toutes des situations de coenseignement à des fins de formation, elles examineront plus précisément :

  1. les conditions propices aux apprentissages professionnels ;
  2. le vécu croisé des formateurs et des formés ;
  3. les dispositifs d’évaluation des formés.
S12 : Comment donner du sens aux expériences des compétences psychosociales en éducation et formation ?
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vendredi 24 Avril 2035, 10h00-12h30, Salle 21.2.32

Responsable.s du symposium

PEYROTTE Marianne , Docteure en SEF et professeur à l’Inspé de Nice marianne.peyrotte@univ-cotedazur.fr et HAGÈGE Hélène helene.hagege@unilim.fr

Entité Recherche

Unité de Recheche CeReS (Centre de Recherches Sémiotiques), , UR 14922, Université de Limoges, 42E Rue Camile Guérin, 87 000 Limoges helene.hagege@unilim.fr

Entité professionnelle

Inspé de Nice, 59 Allée Emile Pratali, 83507 La Seyne-Sur-Mer Cedex, marianne.peyrotte@univ-cotedazur.fr

Résumé

L’Instruction interministérielle du 19 août 2022 engage une stratégie multisectorielle jusqu’en 2037 pour développer les compétences psychosociales (CPS) des jeunes en France. Alors que les discours se multiplient, les données empiriques restent limitées. Ce symposium propose d’interroger les modalités concrètes d’enseignement et de formation aux CPS, en s’inscrivant dans une perspective expérientielle. Notamment, il s’agira plus particulièrement de questionner le sens de l’expérience dans les formations ou éducations aux CPS. Il ouvre le dialogue à plusieurs paradigmes de l’expérience. Loin d’une forme scolaire traditionnelle, cultiver les CPS suppose de s’engager dans des expériences vécues, élaborées, et communiquées avec autrui. Alors, comment concevoir des dispositifs éducatifs et formatifs aux CPS dont l’expérience a du sens, et objectiver leurs effets ? Ce symposium vise à croiser sciences et pratiques pour soutenir le déploiement des CPS en France et y interroger le sens de l’expérience.

Intervenants

1. CELUME Macarena-Paz mp.celume@emotedlab.fr (Centre PsyCLÉ, Aix-Marseille Université – association Scholavie, Emoted Lab) 2. HASIC Anida, a.hasic@asso.seve.org (association SEVE – Savoir Être et Vivre Ensemble) 3. PAVIE Christophe, christophe.pavie@unicaen.fr (formateur à l’Inspé de l’Université Caen Normandie) ‎4. DAMON TAO Laura laura.damon@etu.unilim.fr (Unité de Recherche CeReS, UR 14922, Université de Limoges) 5. PEYROTTE Marianne marianne.peyrotte@univ-cotedazur.fr (CREN de Nantes et Inspé de Nice), GRANGER Nancy Nancy.Granger@USherbrooke.ca (Faculté d’éducation – Université de Sherbrooke, Québec) 6. PRIGENT Chloé chloe.prigent@uca.fr, SIMAR Carine carine.simar@uca.fr et CURY Philippe philippe.cury@uca.fr (Laboratoire Acté UR4281, Clermont Auvergne Université, Chamalières, France) 7. VOUTEAU DOUET Stéphanie sdouet@uco.fr (Laboratoire EMA, Cy Cergy Paris)

Programme

S13 : Une exploration pluridisciplinaire des (trans)formations de l’expérience dans des contextes pédagogiques alternatifs
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mercredi 22 avril 2027, 14h00-16h30, Salle 17.1.04

Responsable.s du symposium

FRANCIS Véronique veronique.francis@univ-orleans.fr et DOULIN DIMOPOULOS Barbara barbara.doulin@univ-rennes2.fr

Entité Recherche

UMR CNRS 6590 ESO (Université Rennes 2), ÉRCAÉ (Université d’Orléans) et CREF, Équipe Éducation familiale et Interventions socio-éducatives auprès des familles (Université Paris Nanterre)

Entité professionnelle

Résumé

Ce symposium interroge les (trans)formations de l’expérience éducative en analysant la manière dont les pédagogies alternatives se construisent dans et hors de l’institution scolaire. L’engagement dans les pédagogies alternatives s’inscrit dans une expérience professionnelle marquée par la critique, voire par une résistance à l’institution scolaire, ou au contraire, par des logiques apolitiques de « connivence » avec le public qu’elle vise participant à la construction de formes spécifiques de professionnalité et de rapports au politique (Mothes, 2019 ; Leroy, 2022 ; Chartier & Allam, 2026). Ces expériences se prolongent hors de l’école, notamment à travers des dynamiques de coéducation et de citoyenneté numérique, qui rendent visibles des apprentissages situés et souvent marginalisés. Par ailleurs, la circulation de récits culturels et diasporiques par les oeuvres de littérature de jeunesse constitue une expérience éducative sensible et relationnelle, favorisant la reconnaissance des mémoires minorisées et une pédagogie antidiscriminatoire (Barbosa & Sirota, 2016 ; Francis et al., 2018). En mobilisant la pédagogie critique (Freire, 1970) et la poétique de la relation (Glissant, 1990), le symposium propose ainsi de penser les pédagogies alternatives comme des lieux où se fabriquent des expériences éducatives transformatrices, à la fois individuelles, collectives et (a)politiques.

Intervenants

ALLAM Marie Charlotte : marie-charlotte.allam@univ-rennes.fr BARBOSA Valéria : vaceba01@gmail.com DOULIN DIMOPOULOS Barbara : barbara.doulin@univ-rennes2.fr FRANCIS Veronique : veronique.francis@univ-orleans.fr LEROY Ghislain : g.leroy2024@gmail.com PINO Natalia : natapinotti@gmail.com

Programme

Programme simplifié :

14h-14h10 Introduction, Barbara Doulin Dimopoulos (Barbara Doulin Dimopoulos : barbara.doulin@univ-rennes2.fr) et Véronique Francis (veronique.francis@univ-orleans.fr)

 

14h10-15h25 : Première session : Faire l’alternatif : travail pédagogique, normes professionnelles et rapports au politique

Une exploration pluridisciplinaire des (trans)formations de l’expérience dans des contextes pédagogiques alternatifs, Marie Charlotte Allam : marie-charlotte.allam@univ-rennes.fr Éduquer à la nature : une typologie des pratiques éco-éducatives dans des écoles alternatives privées, Ghislain Leroy : g.leroy2024@gmail.com

 

15h30-16h15 : Deuxième discussion : Quand l’école n’a plus le monopole du récit : savoirs, pouvoir et coéducation

Iemanjà, l’orisha reine de la mer. Littérature jeunesse et circulation des récits dans les familles et entre les familles, Valéria Barbosa : vaceba01@gmail.com

Coéducation et citoyenneté numérique : reconfigurations de l’expérience éducative hors de l’école, Natalia Pino : natapinotti@gmail.com

 

Conclusion (15 minutes) : Barbara et Véronique à partir de nos recherches respectives.

 

S14 : La référentialisation, une herméneutique des expériences pour en tirer quelles connaissances ?
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jeudi 23 avril 2029, 14h00-16h30, Salle 17.1.08

Responsable.s du symposium

ROBLEZ Alban alban.roblez@univ-catholille.fr Maitre de conférences enseignant-chercheur

Entité Recherche

Laboratoire ETHICS – université catholique de Lille : ESSLIL 58 rue du Port 59000 Lille – ETHICS EA 7446 – ETHICS EA 7446

Entité professionnelle

Compagnie des Tiers-Lieux, Lille, Accueil – La Compagnie des Tiers-Lieux Direction de l’appui à la stratégie et de l’amélioration continue de l’USPN, 99 avenue JB Clément 93430 Villetaneuse – www.univ-spn.fr Service de la qualité de l’INP Bordeaux, 16 Avenue Pey-Berland 33607 Pessac Cedex, Bienvenue à l’Ensmac (ex-Enscbp) | ENSMAC

Résumé

L’évaluation peut constituer une expérience à part entière, qu’elle soit « pour apprendre durablement » (Mottier Lopez, 2021), pour poursuivre ses fonctions (de Ketele, 2010), et se constituer en développement professionnel (Jorro, 2007), voire génératrice d’émancipation (Marcel & Gremion, 2025). Il peut, dans ce cas, jouer un rôle herméneutique puissant, étant entendu qu’un référentiel est le résultat – temporaire et circonstancié – d’une démarche d’enquête particulière que Figari appelle la « référentialisation » (Figari, 1994; Figari et al., 2014). Dans l’expérience de l’(auto)référentialisation, il est concevable de constituer un autre récit de son expérience, pouvant générer de nouvelles connaissances, qu’elles soient évaluatives, pédagogiques, ou d’une toute autre nature sur les individus, les collectifs, les organisations ; les connaissances elles-mêmes, mais aussi les cultures, les pratiques. Ce symposium se fixe comme objectif d’identifier les (types de) connaissances produites.

Intervenants

DE LARTIGUES Hélène (DASAC) et LEGRAND Antoine (coordinateur qualité et DD&RS) : helene.delartigue@univ-paris13.fr et antoine.legrand@bordeaux-inp.fr DETROZ Pascal (professeur ordinaire) et LARCIN Camille (doctorante) : p.detroz@uliege.be et camille.larcin@uliege.be GREMION Christophe (professeur ordinaire) : Christophe.Gremion@hefp.swiss JUNEVEZ Pauline (chercheur et coordinatrice du réseau) et al. : pauline@compagnie.tiers-lieux.org ROBLEZ Alban (maitre de conférences) : alban.roblez@univ-catholille.fr

Programme

Le symposium va s’organiser autour des grands enjeux résumés. Différents contextes sociaux et professionnels seront convoqués pour mettre à l’épreuve une approche théorique fondamentale en évaluation dans l’éducation et la formation : la « référentialisation » (Figari, 1994 ; Figari et al., 2014). Référentialiser consiste à élaborer un « référentiel » : trop souvent résumer (bien que ce soit aussi vrai) à un outil prenant la forme d’une grille, le référentiel peut être aussi une compréhension en train de se faire d’un phénomène évalué, pour lui donner sens, lui donner forme ; voire favoriser un dialogue entre plusieurs personnes pour se mettre d’accord sur des faits ou des décisions. En définitive, la référentialisation est autant une méthode (construire un référentiel) qu’une démarche d’évaluation (Figari nomme ça « l’enquête évaluative », en référence à Dewey) ou de « co-construction du sens » (Mottier Lopez & Dechamboux, 2017) entre des personnes.

Chaque participant.e présentera son contexte – d’où est-ce que la personne parle – pour ensuite aborder le sens qu’un référentiel peut avoir dans celui-ci. Après quoi, il sera présenté pour chaque personne les différentes façons d’avoir contourné, de s’être approprié, d’avoir reconstitué, voire s’être émancipé d’un à plusieurs référentiels, dans le but d’en constituer en collaboration avec le public des voies pour donner du sens à l’évaluation.

 

S15 : Faire expérience de ses vécus : quelles médiations, quelles temporalités, quels espaces à la marge des institutions ?
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vendredi 24 Avril 2025, 14h00-16h30, Salle 21.1.08

Responsable.s du symposium

HUBERT Bruno PU Sciences de l’éducation et de la formation, Université de Lille, Directeur équipe Cirel Proféor bruno.hubert@univ-lille.fr

Entité Recherche

Cirel Proféor Université de Lille valerie.lantoine@univ-lille.fr Campus du Pont de Bois – Rue du Barreau Bâtiment B – Bureau B3.332 BP 60149 – 59653 VILLENEUVE D’ASCQ Cedex +33 (0)3 20 41 62 70

Entité professionnelle

Elise Plessis (plessiselise4@gmail.com) : Assistante de service social dans le champ des addictions, en milieu hospitalier et protection de l’enfance et au centre primo Lévi. Elle est autrice et aujourd’hui associée-gérante de Not Only French pour la promotion des cultures en exil et accompagnante sociale pour le parlement des exilés.

Résumé

Quelles que soient les personnes concernées par nos recherches (enfants atteints de troubles ou maladies, jeunes ou professionnels en formation initiale ou continue…), nous nous intéressons tous à cette métabolisation que constitue la transformation (Vialle, 2023) du vécu, avec toutes ses dimensions sensibles, dans des sphères d’expérience que seul le sujet pourra reconnaître comme telles, conscientiser, mobiliser, éventuellement transmettre. Ce processus complexe, pour une part impossible à saisir, non automatique et en refiguration (Ricoeur) perpétuelle, semble facilitée par des médiations (Hubert et al., 2024) qui permettent des mises en forme langagières diverses dans des espaces partagés. Quelles places en effet pour l’autre dans cette édification, pour une hétérobiographisation (Delory Momberger, 2019) comme socle commun du chemin de subjectivation ? À mesure que la reconnaissance des savoirs d’expérience progresse, se posent aussi les limites de leur institutionnalisation tellement l’expérience s’épanouit à la marge des institutions, aux frontières ambiguës dont nous nous proposons d’explorer les tensions ou les paradoxes, dans des interstices buissonniers (Baujard) entre « langage savant et langage ordinaire » (Zeitler, Barbier, 2012).

Intervenants

Bruno HUBERT, Professeur Université de Lille, Cirel Proféor bruno.hubert@univ-lille.fr Stéphanie QUIRINO-CHAVES, M.C.F. Université de Caen, Cirnef stephanie.quirino-chaves@unicaen.fr Mélanie BOURON, Doctorante Cirel Proféor, melanie.bouron@unicaen.fr Cédrik HARDY, Doctorant Cirel Proféor, cedrik.hardy@croix-rouge.fr Françoise ROSE, Doctorante Cirel Proféor, francoise.rose.etu@univ-lille.fr Manon MOKTARI, Doctorante Cirel Proféor, mmoktari@univ-catholyon.fr

Programme

Objectif général du symposium

Présenter la démarche de notre collectif, le travail engagé depuis juillet 2025, ainsi que la problématique commune qui nous réunit. Montrer comment nos enquêtes, bien que situées dans des terrains et contextes différents, entrent en résonance à travers la question du “faire expérience” et des médiations par la parole et l’écriture.

La notion de « faire expérience » constitue le noyau central de nos travaux, tant dans notre posture de chercheur que dans les problématiques que nous explorons. Bien que menées dans des terrains et des contextes distincts, nos recherches entrent en résonance autour de cette question du « faire expérience » et des médiations qui se déploient à travers la parole et l’écriture. Ce symposium ouvre un espace commun de mise en dialogue et de confrontation de nos objets d’étude, afin d’interroger la manière dont la métabolisation de l’expérience hors des cadres institutionnels, par des médiations écrites ou orales, participe à la transformation des sujets.

Temps 1 – Introduction (5 min)

Intervenants : Bruno Hubert (PU CIREL), Stéphanie Quirino-Chaves (MCF CIRNEF), Cedrik Hardy (doctorant CIREL)

Objectifs :

–        Présenter notre démarche collective.

–        Expliquer ce qui nous rassemble et ce que nous avons mis au travail depuis juillet 2025.

–        Rappeler notre problématique commune.

–        Annoncer les entrées par lesquelles nous allons l’aborder au cours du symposium.

  • Présenter Elise Plessis : Assistante de service social, Centre Primo Levi, écrivaine (Serial social) et professionnelle de la valorisation des artistes en exil.

 

Temps 2 – Présentations individuelles (30 min)

Durée par intervenant : 4 minutes

Format : présentation orale + une diapositive. (Les diapos seront intégrées dans un petit livret distribué aux participants, afin qu’ils puissent situer nos propos tout au long du symposium, notamment pendant la partie 3.)

Objectif : Offrir une vue synthétique de chaque enquête afin de préparer les résonances et les analyses croisées qui seront travaillées dans le Temps 3.

Contenu attendu pour chaque intervenant

  1. D’où l’on parle (qui sommes-nous dans notre enquête…)
  2. Contexte / terrain : En quoi cet espace est-il en marge ou en tension avec la ou les institutions ? Dans quel cadre épistémologique s’inscrit la recherche ?
  3. Question de recherche / problématique.
  4. Enquête : Méthodologie – Temporalité – Public / personnes concernées – Types de données recueillies et données mobilisées pour l’analyse.

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Temps 3 – Médiations de l’écriture et de la parole dans le “faire expérience” (80 min)

Interventions (7–8 minutes chacune)

Question directrice : En quoi et comment l’accompagnement de l’écriture ou de la parole des personnes observées, accompagnées ou rencontrées dans nos enquêtes ou nos actions participe-t-il au faire expérience ? Par quelles médiations ?

 

Élise (professionnelle) : “Être engagée dans le réel, dans l’accompagnement et l’écoute, crée un paradoxe fécond : le vécu nourrit l’écriture tout en mettant à l’épreuve l’imaginaire.”

L’écriture de l’expérience se situe à la croisée du vécu et de l’imaginaire. À la manière d’une caméra à l’épaule, j’écris depuis ce qui traverse : scènes, corps, ambiances, paroles, dans un va-et-vient entre témoin et transmettrice. Longtemps marquée par une écriture de l’indignation et de la dénonciation, prise comme professionnelle dans la violence des institutions et comme femme dans l’assignation au care, j’ai perdu puis retrouvé l’écriture comme tissage progressif entre vie intime et professionnelle. Elle m’a conduite à interroger l’expérience commune de la violence et ses effets cumulatifs sur nos trajectoires. La poésie, la fiction, la musique etc. s’imposent comme formes justes pour transformer l’intime en partageable, au service d’un dire collectif et émancipateur.

En quoi cette écriture comme expérience vient-elle questionner/ (ou entre-t-elle en résonance avec)  les travaux de recherches qui entendent faire médiation entre les personnes et leurs récits ?

Françoise Rose (doctorante) :  De la parole singulière à la construction d’une expérience commune de la maladie : le cas des enfants en oncopédiatrie

L’enceinte d’un collectif d’enfants, de patients et d’élèves comme espace de médiation : comment la parole et le récit de soi, à partir d’un parcours singulier, permettent-ils à la fois une reconnaissance de soi et une contribution à un commun ? En quoi un dispositif collectif, qui s’appuie sur la parole des enfants, devient un médiateur permettant de construire une expérience commune ?

Cédrik Hardy (doctorant) : Médiation et écritures de la personne professionnelle.

En quoi les écritures font-elles ou ne font-elles pas médiations dans les différentes dimensions de la vie professionnelle ? Comment interrogent-elles les identités et peuvent-elles faire apparaître les expériences comme des fragments non reliés, remettant en question l’idée d’unification ou de cohérence produite par l’expérience ? Idée du passage de l’autobiographie à l’autobio-greffe : comment les expériences se greffent et nous composent-elles ?

Bruno Hubert (PU) : Faire expérience par la médiation de la parole et de l’écriture de chercheurs

On oppose souvent savoirs expérientiels et savoirs scientifiques. Pourtant la médiation par des formes d’expertise scientifique peut créer des conditions favorables à la métabolisation du vécu collectif en expérience singulière. Nous verrons que dans la recherche en question, la parole et l’écriture des chercheur.e.s, par le dialogue qu’elles instaurent avec la parole et l’écriture des professionnel.le.s qu’elles ont elles-mêmes contribué à susciter, facilitent le déploiement du récit, la reconnaissance des personnes et la conceptualisation des  savoirs.

Mélanie Bouron Hardy (doctorante) :  Un collectif constitué en chantier d’initiation : trois années de récits d’expériences, écrits et oraux entre pairs professionnels PE d’hier et d’aujourd’hui.

Comment ces récits s’élaborent-ils dans des espaces en marge (chantiers d’initiation : AGEEM/Pédagogie d’Initiation) et permettent-ils un processus d’hétérobiographisation  (CDM) ? Quels effets transformateurs et formateurs sur soi, sur les autres (enfants, pairs…), et sur la construction d’une reconnaissance contribuant à un projet pédagogique commun et partageable ?

Stéphanie Quirino Chaves (MCF) : L’expérience d’une jeune, Kelly, en situation de vulnérabilité : entretien au sujet du parcours scolaire et de formation et atelier d’écriture comme expériences transformatives.

Nous nous appuierons sur le parcours de Kelly pour interroger et mettre en lumière la manière dont des jeunes vulnérables peuvent, à la marge des institutions, trouver dans des médiations langagières et collectives les conditions d’une véritable expérience de soi. Là où l’école échoue à reconnaître leurs compétences et leurs vécus, des espaces comme les ateliers d’écriture permettent une mise en forme sensible, une refiguration lente du rapport à soi et au savoir. Ces espaces buissonniers, situés entre langage ordinaire et langage savant, ouvrent en effet, la possibilité d’une subjectivation qui échappe aux cadres normatifs, tout en révélant les tensions entre reconnaissance institutionnelle et reconnaissance existentielle.

Manon Moktari (doctorante) : La place du dispositif VEBE dans l’élaboration de l’expérience citoyenne des étudiants.

Cette communication s’appuie sur un étonnement vécu en tant qu’animatrice dans le cadre de ce dispositif. En effet, j’ai remarqué que la majorité des étudiants participant à ces ateliers estimait ne pas avoir d’expérience de manière générale et encore moins de compétences et de valeurs parce qu’ils étaient trop jeunes. Je me suis donc posée la question : quelle est l’expérience des étudiants en matière d’engagement bénévole et en quoi ce dispositif d’enseignement leur permet-il de la mettre en mots (par des récits écrits et l’enregistrement de vidéos courtes) et de conceptualiser les valeurs citoyennes sous-jacentes ?

 

Temps 4 – Discussion collective : dépasser le faire expérience pour soi ? (40 min)

Idée directrice : Poser les limites du faire expérience individuel (au sens individualiste) et réfléchir à la manière dont les écritures et la parole permettent, ou empêchent, le passage vers une “expérience ouverte” (Dewey), partagée, transmissible et porteuse d’effets collectifs.

Objectif

Échange entre intervenants et auditeurs :

  • des effets produits par les médiations ;
  • des tensions observées dans nos recherches ;
  • de ce que ces expériences apportent et contribuent à un projet de “faire société” (démocratie, éthique), au sens de l’“expérience ouverte” chez Dewey.

Il s’agit d’interroger en quoi le “faire expérience”, au sens d’expérience ouverte (Dewey), des personnes produisent des savoirs, des outils, des réflexions contribuant à un projet politique centré sur les droits de la personne et des collectifs humains notamment en situation de vulnérabilité.

 

 

S16 : Bien-être et santé mentale des apprenants de métiers du lien. Les effets de l’expérience vécue en formation
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mercredi 22 avril 2028, 14h00-16h30, Salle 21.1.16

Responsable.s du symposium

SANCHES Carine carine.sanches2@univ-rouen.fr

Entité Recherche

Centre interdisciplinaire de Recherche Normand en Éducation et Formation (Cirnef) UR 7454, Université de Rouen-Normandie, 1 rue Thomas Becket 76821 Mont-Saint-Aignan cedex France

Entité professionnelle

Fondation Croix-Rouge française 21 rue de la Vanne CS90070 92126 Montrouge Cedex France

Résumé

La recherche présentée dans ce symposium s’intéresse au bien-être et à la santé mentale des apprenants des écoles sanitaire et sociale de Croix-Rouge Compétence inscrits dans des formations diplômantes. Elle est financée par la Fondation Croix-Rouge. Ce symposium portera plus précisément sur ce qui fait expérience pour les apprenants en institut de formation, en stage et dans leur vie personnelle. Il s’étaye sur l’analyse de questionnaires (1797 réponses) et d’entretiens de recherche auprès des apprenants de métiers du lien (N=89). Il s’agit, à travers les cinq contributions, de porter un éclairage fin sur les effets de cette expérience vécue sur le bien-être et la santé mentale des apprenants en formation professionnelle dans cette institution.

Intervenants

AUDIN Laetitia, Université de Rouen-Normandie, Cirnef, laetitia.audin.pro@gmail.com GUYET Delphine, Université de Caen-Normandie, Cirnef delphine.guyet@unicaen.fr LEGER Vincent, Fondation Croix-Rouge, vincent.leger@fondation-croix-rouge.fr RINAUDO Jean-Luc, Université de Rouen-Normandie, Cirnef jeanluc.rinaudo@univ-rouen.fr SANCHES Carine, Université de Rouen-Normandie, Cirnef carine.sanches2@univ-rouen.fr

Programme

  1. La fondation Croix-Rouge française, un soutien à la recherche au plus près des populations vulnérables (Vincent LEGER, Fondation Croix-Rouge)

La Fondation Croix-Rouge est une fondation de recherche dédiée à l’action humanitaire et sociale. Reconnue d’utilité publique, elle porte la volonté de la Croix-Rouge française de promouvoir la connaissance scientifique, la réflexion éthique et l’innovation sociale pour faire avancer l’action au service des plus vulnérables.

La Fondation Croix-Rouge a initié le projet Bénévo’Lab qui offre l’opportunité aux bénévoles et salariés de la Croix-Rouge française d’être à l’origine de projets de recherche. C’est dans ce cadre qu’a été proposé le projet de recherche sur le bien-être et la santé mentale des apprenants de Croix-Rouge Compétence. Cette communication présentera plus en détail la Fondation Croix-Rouge, le processus Bénévolab et les attentes de la Fondation pour cette recherche.

 

  1. Le chercheur confronté à l’expérience du terrain (Jean-Luc RINAUDO, Université de Rouen-Normandie, Cirnef)

La recherche sur le bien-être et la santé mentale des étudiants de Croix-Rouge Compétence a nécessité un travail de recueil de données par entretiens auprès d’apprenants volontaires (N=89), en présence ou en ligne, et de professionnels des 17 sites (N=33), entre décembre 2024 et juillet 2025.
Cette communication abordera cette expérience du terrain pour le chercheur qui l’a réalisée, en insistant principalement sur deux points.

Tout d’abord, l’accueil du chercheur par les professionnels du site constitue un révélateur de l’intérêt porté à la recherche. L’expérience du terrain a montré une grande diversité dans ces pratiques.
Mais c’est surtout la confrontation au mal-être de plusieurs étudiants qui a conduit parfois à la transformation des entretiens de recherche en entretiens d’accompagnement tant il paraissait impensable du point de vue humain, éthique et clinique, de laisser les étudiants sans retour.

 

  1. Qu’est-ce qui fait expérience dans la construction de l’identité professionnelle des apprenants de Croix-Rouge Compétence ? (GUYET Delphine, Université de Caen-Normandie, Cirnef)

Dans un colloque qui s’intéresse à ce qui fait expérience, cette communication inscrite dans le symposium « Be-Smac : santé mentale et bien-être des apprenants de Croix-Rouge Compétence », se propose de repérer ce qui fait expérience dans la construction de l’identité professionnelle de ces apprenants à partir de l’analyse de leurs discours.

En nous appuyant sur Dubar (2000), l’identité professionnelle est définie comme l’ensemble de représentations, valeurs, savoirs, attitudes et comportements qui définissent un individu dans son rôle professionnel. Celle-ci se construit progressivement au gré de la formation, des expériences, des interactions et les choix personnels et /ou professionnels réalisés par l’individu.

Cette communication se situe dans une méthodologie qualitative compréhensive. Les entretiens semi directifs ont été réalisés nationalement auprès de 89 apprenants volontaires de Croix-Rouge Compétence recrutés à la suite d’une enquête quantitative par questionnaire. Les entretiens retranscrits ont fait l’objet d’une analyse thématique utilisant le logiciel N’Vivo.

Les résultats en cours de traitement semblent indiquer le rôle prépondérant positif comme négatif des relations professionnelles avec les pairs mais aussi avec les tuteurs de stage et les formateurs de l’institut de formation comme source d’expériences. La rencontre avec le patient est rarement rapportée comme source d’expérience, de valeurs, de comportement pour la construction de leur identité professionnelle.

 

  1. L’adolescence professionnelle des étudiant.e.s en soins infirmiers en reprise de formation : quelle incidence sur leur bien-être et leur santé mentale ? (Laetitia AUDIN, Université de Rouen-Normandie, Cirnef)

Près d’un tiers des étudiant.e.s en soins infirmiers sont en reprise de formation. En effet, avant leur admission en Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi), 15,7 % d’entre eux exerçaient dans le secteur sanitaire, social ou médico-social, 7,8 % travaillaient dans un autre secteur et 5,7 % étaient au chômage (Croguennec, 2018). Cette nouvelle expérience de formation, clinique ou théorique, est une période de profonds bouleversements qui remet en cause leurs savoirs professionnels ultérieurs bien qu’ils aient parfois été construits au sein de l’institution soignante.

Cette communication se propose d’éclairer le discours de ces apprenant.e.s quant à leur expérience contemporaine de formation, selon les travaux de Louis-Marie Bossard sur l’adolescence professionnelle (2001, 2009). En quoi les éléments de leur expérience professionnelle passée sont convoqués et réactualisés tout au long des trois années de formation et plus particulièrement lors des stages cliniques ? Quelle incidence ce vécu ultérieur a-t-il sur leur bien-être et leur santé mentale alors qu’ils traversent une période de changements intenses ?

 

  1. Ruptures et dynamique de l’expérience, le cas d’Ursula étudiante infirmière de deuxième année (SANCHES Carine, Université de Université de Rouen-Normandie, Cirnef)

Cette communication a pour objet de mettre en perspective les liens entre expérience et apprentissages pour des apprenants de métiers du lien, grâce à l’analyse d’un fragment d’entretien d’une étudiante infirmière de deuxième année nommée Ursula, réalisé dans le cadre de la recherche « Be-Smac : santé mentale et bien-être des apprenants de Croix-Rouge Compétence ».

Les formations aux métiers du lien sont aujourd’hui considérées comme des contextes à risques générateurs de stress pour les apprenants. Prendre soin dans nos organisations soignantes, être confronté à des milieux de soin extrêmes, sont des épreuves intenses invitant à s’interroger sur la place de l’expérience dans la professionnalisation des étudiants (Daloz, 2007), mais aussi sur leur bien-être dans la formation.

Dans ce contexte singulier, nous verrons que la notion d’expérience est abordée de multiples façons pour l’apprenante Ursula : « faire une expérience » illustrant la mise en mouvement de son rapport au savoir dans un processus pulsionnel ; « vivre une expérience » mettant en lumière son vécu comme « éprouvé », nous renseignant sur sa santé mentale et son bien-être en formation ; « avoir une expérience » au bénéfice de la transformation de soi, de sa trajectoire professionnelle et de son engagement en formation (Astier, 2004).

 

S17 : Désordres vécus par les élèves et les enseignants : des expériences sources d’apprentissages et de formation
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mercredi 22 avril 2029, 14h00-16h30, Salle 17.2.14

Responsable.s du symposium

BONASIO Rémi remi.bonasio@univ-tlse2.fr

Entité Recherche

UMR EFTS, Université Jean Jaurès, Toulouse

Entité professionnelle

Résumé

Enseignants et élèves sont chaque jour confrontés à des désordres, souvent perçus sous l’angle de comportements d’élèves jugés inappropriés. Or, les pratiques enseignantes, les dispositifs pédagogiques et didactiques, les orientations éducatives et sociétales participent aussi des désordres. Nous nous intéressons à l’expérience des enseignants et des élèves aux prises avec des désordres au sens large, dans l’enseignement primaire et secondaire, en tentant d’en identifier les enjeux d’apprentissage et de formation. Quelle expérience vécue des enseignants, qu’ils provoquent ou régulent des désordres ? Quelle expérience vécue des élèves, qu’ils soient auteurs, témoins ou participants à la régulation de désordres ? Enfin, quelles expériences collectives les acteurs font-ils de ces désordres dans une société des individus ?

Intervenants

Robbes Bruno : bruno.robbes@cyu.fr Cécile Bertrand : cecile.bertrand@cyu.fr Rémi Bonasio : remi.bonasio@univ-tlse2.fr Bruno Fondeville : bruno.fondeville@univ-tlse2.fr Gwenaël Lefeuvre : gwenael.lefeuvre@univ-tlse2.fr Vanessa Joinel Alvarez : vanessa.joinel-alvarez@hepl.ch Tim Nguyen : timngu97@gmail.com Julie Blanc : julie.blanc@ensfea.fr Audrey Murillo : audrey.murillo@ensfea.fr Nicole Raybaud : raybaud@univ-tlse2.fr Sylvain Connac : sylvain.connac@univ-montp3.fr Camille Roelens : camille.roelens@univ-lyon1.fr

Programme

S18 : Les formes entrepreneuriales de l’activité. Nouveaux enjeux pour l’expérience du travail et de la formation
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vendredi 24 Avril 2036, 10h00-12h30, Salle 21.2.23

Responsable.s du symposium

DE MIRIBEL Julien julien.de-miribel@univ-lille.fr et CHAMPY-REMOUSSENARD Patricia patricia.remoussenard@univ-lille.fr

Entité Recherche

CIREL, Université de Lille Domaine universitaire du Pont de Bois, 59650 Villeneuve d’Ascq Responsable administrative : valerie.lantoine@univ-lille.fr

Entité professionnelle

Résumé

Ce symposium explorera et discutera les transformations du travail saisissables à travers les formes entrepreneuriales de l’activité et les manières dont elles questionnent la formation. La prise en compte de l’expérience de l’adulte, déjà posée comme essentielle par les premiers théoriciens de la formation dans les années 1960-1970, demande à être redéfinie dans les politiques et pratiques actuelles de formation professionnelle et d’accompagnement pour tenter d’éclairer ce dont l’expérience du travail entrepreneurial est l’expression. À l’instar de divers courants d’analyse de l’activité, le postulat selon laquelle la connaissance du travail favorise la compréhension du rapport à la formation et à l’accompagnement sera mobilisé. Il s’agira d’examiner l’hypothèse que l’expérience des formes entrepreneuriales de l’activité, qui se développent actuellement, transforment l’expérience du travail, de la formation et de l’accompagnement, signalant plus largement des transformations profondes de sociétés saisissables à l’aune des relations entre travail et formation.

Intervenants

CHAMPY-REMOUSSENARD Patricia patricia.remoussenard@univ-lille.fr, CHRISTOL Jean octares@wanadoo.fr, CORCEIRO Nathalie nathalie.corceiro@univ-tlse2.fr, DE MIRIBEL Julien julien-de.miribel@univ-lille.fr, SCHMITT Christophe christophe.schmitt@univ-lorraine.fr, ULMANN Anne Lise anne-lise.ulmann@lecnam.net, VANDERSTICHEL Hélène helene.vanderstichel@univ-lille.fr,

Programme

PRESENTATION DU SYMPOSIUM

 

Ce symposium explorera et discutera les transformations du travail saisissables à travers les formes entrepreneuriales de l’activité et les manières dont elles questionnent la formation. La prise en compte de l’expérience de l’adulte, déjà posée comme essentielle par les premiers théoriciens de la formation dans les années 1960-1970, demande à être redéfinie dans les politiques et pratiques actuelles de formation professionnelle et d’accompagnement pour tenter d’éclairer ce dont l’expérience du travail entrepreneurial est l’expression. À l’instar de divers courants d’analyse de l’activité, le postulat selon laquelle la connaissance du travail favorise la compréhension du rapport à la formation et à l’accompagnement sera mobilisé. Il s’agira d’examiner l’hypothèse que l’expérience des formes entrepreneuriales de l’activité, qui se développent actuellement, transforment l’expérience du travail, de la formation et de l’accompagnement, signalant plus largement des transformations profondes de sociétés saisissables à l’aune des relations entre travail et formation.

Cette hypothèse sera mise en discussion à partir d’une recherche commanditée par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Hauts-de-France et réalisée avec pour objectifs de mieux comprendre les activités des micro-entrepreneurs, d’identifier les compétences mobilisées et celles qui manqueraient, globalement de réaliser une étude du travail susceptible de permettre une analyse des besoins d’accompagnement et de formation ancrée dans la connaissance de l’activité réelle (Champy-Remoussenard, de Miribel, Vanderstichel, Denny, Deville, 2024 ; de Miribel, Champy-Remoussenard et Denny, 2024).

Cette recherche, intitulée Analyse des compétences et de l’activité des micro-entrepreneurs (ACAME), s’est inscrite dans le projet de l’équipe de recherche d’étudier l’activité entrepreneuriale. D’une part parce que les travaux initiaux de l’équipe s’étaient intéressés aux dispositifs scolaires et de formation destinée à développer la 8ème compétence-clef européenne (esprit d’initiative et d’entreprise) et la 7ème compétence-clef française (esprit d’entreprendre et d’autonomie). Cette première étape du programme de recherche avait débouché sur le constat que l’activité des entrepreneurs (leur travail « réel ») n’avait pas fait l’objet des enquêtes et analyses qui pourraient permettre de comprendre le lien entre pratiques éducatives et travail dans le secteur de l’entrepreneuriat. D’autre part, l’hypothèse selon laquelle une forme entrepreneuriale de l’activité en train de se développer transformaient potentiellement le rapport au travail, le rapport à la formation, à l’accompagnement, et la forme scolaire, appelait des travaux sur le développement en contexte de cette forme entrepreneuriale, notamment dans ses aspects les plus nouveaux.

Le symposium sera organisé à partir d’une présentation de certains pans de la recherche par trois chercheurs contributeurs :

Patricia Champy-Remoussenard est Professeure à l’Université de Lille, chercheure au Centre Interuniversitaire de Recherche en Éducation de Lille (CIREL). Ses travaux portent sur la relation école/monde du travail, la mise en mots de l’expérience professionnelle. Elle a développé un ensemble de recherches nouveau en SEF sur le développement de l’éducation à l’esprit d’entreprendre. Elle est responsable de l’axe transversal du CIREL « Autonomie, Initiative, Esprit d’Entreprendre » et responsable scientifique de la recherche ACAME (Analyse des compétences et de l’activité des micro-entrepreneurs).

Julien de Miribel est Maître de conférences à l’Université de Lille, chercheur au Centre Interuniversitaire de Recherche en Éducation de Lille (CIREL) et membre de l’équipe Proféor-CIREL. Il enseigne à la Faculté de psychologie, des sciences de l’éducation et de la formation (PsySEF). Ses recherches portent sur les processus de professionnalisation dans les institutions éducatives, en particulier sur l’expérience des transformations caractérisant les relations entre éducation, formation et travail. Il contribue aux travaux l’axe transversal du CIREL « Autonomie, Initiative, Esprit d’Entreprendre » et a participé à la recherche ACAME.

Hélène Vanderstichel est chercheuse doctorante à l’Université de Lille (ULR 4354 – CIREL). Ses travaux portent sur les processus de création, l’esprit d’initiative et d’entreprendre. Elle s’intéresse plus particulièrement à la didactique de la conception et à l’influence de l’environnement social, culturel et matériel, sur la créativité. Sa contribution s’appuiera plus largement sur une recherche doctorale portant sur l’activité de conception créative en situations entrepreneuriales. Elle étudie la manière dont les porteurs et porteuses de projet conçoivent un projet entrepreneurial, en mobilisant, transformant ou développant leurs connaissances et compétences, dans un contexte marqué par des mutations économiques, technologiques, sociales et environnementales. L’enquête met en lumière des démarches de création révélatrices de transformations des rapports à l’entreprise, au travail et à l’apprentissage.

Les différentes présentations donneront lieu à une mise en discussion par trois spécialisés dans des champs spécifiques à partir desquels chacun.e mettra en discussion les résultats de la recherche présentée.

Nathalie Corceiro, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et de la formation à l’Université Toulouse – Jean Jaurès, conduit ses recherches au sein du thème « Changements en éducation et formation : engagement, interactions et émancipation » de l’unité mixte de recherche Éducation Formation Travail Savoirs (EFTS). S’inscrivant dans une approche compréhensive, elle s’attache notamment à analyser les dynamiques de transformation qui traversent les individus et les collectifs engagés dans des dispositifs de formation. Ses travaux s’intéressent particulièrement au champ de la formation envisagé sous l’angle du « faire- œuvre », conçu comme un moment privilégié où les apprenant·es peuvent accéder à une forme d’émancipation. La contribution proposée pour ce symposium consacré à l’éducation à l’esprit d’entreprendre s’inscrit pleinement dans cette perspective. La recherche dont il s’agit de rendre compte porte sur la formation des Compagnons du Devoir et du Tour de France, dispositif qui vise à permettre à chacun et chacune de s’accomplir dans et par son métier, en cultivant l’ouverture, la transmission et le partage. L’analyse met en lumière que les expériences vécues par les aspirants, dans et par le travail de création, de conception et de réalisation des œuvres, les inscrivent dans des processus de transformation qui les amènent à redéfinir leur rapport à eux-mêmes et au travail, ouvrant ainsi la voie à l’exploration de nouveaux possibles. Dans un cadre où la vie commune et le travail collectif jouent un rôle structurant, l’analyse montre qu’en proposant des modalités pédagogiques, d’accompagnement et d’évaluation singulières, l’Association des Compagnons du Devoir et du Tour de France se présente comme un véritable espace d’expérimentation et d’innovation qui vient soutenir les processus d’émancipation des apprenant·es et participe à nourrir l’esprit d’entreprendre des jeunes en formation.

Anne-Lise Ulmann est Professeure au CNAM, spécialisée dans l’analyse des liens entre le travail et la formation. Elle développe plus particulièrement des approches d’inspiration ethnographique en portant l’attention à la manière dont l’écologie du travail interagit sur les manières de conduire l’activité, l’expérience et le rapport à la formation.

Christophe Schmitt est Professeur des universités dans les domaines de l’Entrepreneuriat et du Management à l’IAE de Metz et au CEREFIGE, rattaché à l’Université de Lorraine. Ses travaux portent sur la création de valeur dans les organisations de petite taille. Ils l’ont amené à mobiliser le paradigme de la complexité pour comprendre la manière dont les entreprises créent de la valeur à partir du désordre. Cette orientation l’a incité à développer une réflexion épistémologique constructiviste dans le domaine de l’entrepreneuriat et à s’intéresser aux méthodologies et démarches à mettre en place, tel IDéO pour aborder les pratiques des entrepreneurs et des dirigeants d’entreprise, notamment autour de différentes recherches-interventions. À travers ses travaux, il contribue au développement de la cognition entrepreneuriale. Actuellement, ceux-ci proposent de dépasser cette dimension pour s’intéresser aux théories de l’action à travers l’agir entrepreneurial.

Les différents propos donneront lieu aux réactions ainsi qu’à la lecture de Jean Christol, Responsable des éditions Octarès qui apportera son point de vue de professionnel de l’édition spécialisée dans les questions touchant au travail et à ses évolutions.

 

S19 : Expérience universitaire, expérience de vie étudiante : comment se façonne le sens ?
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vendredi 24 Avril 2026, 14h00-16h30, Salle 17.1.07

Responsable.s du symposium

BAATOUCHE Nadia nbaatouche@uco.fr

Entité Recherche

Université Catholique de l’Ouest Angers (UCO Angers) et Université Paris Nanterre Equipe de recherche Processus Psychologiques et Sociaux (2PS) et le Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale. Équipe de Recherche : Travail, Ergonomie, Orientation&Organisations (TE2O)

Entité professionnelle

Résumé

En université, un désengagement progressif de l’étudiant peut s’opérer sur fond de perte de sens et parfois se conclure par un abandon. Dans une perspective existentielle, s’inscrivant dans la continuité des travaux de Frankl (1985), Bernaud (2018) et Yalom (2025), la faculté SHS de l’Université Catholique de l’Ouest est porteuse d’un programme de recherche international, « Sens des Etudes et Vulnérabilité des Etudiants (SEVE) ». L’expérience étudiante est investiguée dans sa globalité, en tant qu’expérience de vie, à la faveur d’entretiens qualitatifs longitudinaux (cycle complet de licence), mais aussi dans le cadre d’un accompagnement collectif.

Nous proposons lors de ce symposium d’aborder les sujets suivants : premiers enseignements de SEVE (études qualitative et quantitative) ; adaptation du dispositif de recherche SEVE dans 3 pays Chypre, Tunis et le Liban ; Sens du travail chez les étudiants ; entreprendre une VAE quelques années après un abandon.

Intervenants

Nadia Baatouche nbaatouche@uco.fr, Université Catholique de l’Ouest d’Angers (UCO), Université Paris Nanterre, Maître de Conférences en Psychologie Sociale, du Travail et des Organisations Paul de Maricourt pdumesnildemaricourt@uco.fr , Université Catholique de l’Ouest d’Angers (UCO), Université Paris Nanterre, Enseignant Caroline Arnoux-Nicolas caroline.arnouxnicolas@gmail.com, Université Paris Nanterre, Maître de Conférences en Psychologie du Travail et des Organisations Marco Pena Jimenez marco.pena-jimenez@parisnanterre.fr Université Paris Nanterre, Maître de Conférences en Psychologie du Travail et des Organisations Basak Eser eserbasakeser@gmail.com, Girne American University, Faculty of Education – Lecturer & North Cyprus Representative Donia Rimili doniaremili23@gmail.com, Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, Maitre-Assistante (PhD) en psychologie sociale et du travail. Alma Hafsi almahafsi21@gmail.com,Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, Maitre-Assistante (PhD) en psychologie sociale et du travail

Programme

La première communication, intitulée « Épanouissement, qualité de vie et sens des études dans l’enseignement supérieur » propose une analyse croisée des déterminants psychosociaux », s’appuie sur une méthodologie mixte. Elle associe une recherche quantitative menée auprès de N=1 300 étudiants à l’aide d’échelles standardisées et une approche qualitative issue d’un dispositif d’accompagnement collectif en cinq séances auprès d’étudiants de Licence. Ce dispositif vise à questionner le sens des études universitaires et les situations de vulnérabilité. Les analyses quantitatives indiquent une forte association entre épanouissement et qualité de vie, contre une association plus modérée entre épanouissement et sens des études. L’analyse qualitative met en évidence des processus de reconfiguration du rapport au sens et des choix d’orientation, indépendamment d’une amélioration immédiate du bien-être global.

La deuxième communication, intitulée « Adaptation interculturelle de la recherche SEVE. Enjeux du sens et de la vulnérabilité étudiante à Chypre, en Tunisie et au Liban », porte sur l’adaptation du questionnaire SEVE. Initialement développé pour étudier les relations entre sens des études et vulnérabilité chez les étudiants de l’enseignement supérieur en France, cet outil vise à saisir les dimensions subjectives du rapport aux études et aux parcours de vie. Son adaptation interroge la transférabilité des construits mobilisés, ainsi que les ajustements linguistiques, culturels et contextuels nécessaires à leur validité. Cette communication discute les enjeux méthodologiques de cette adaptation et les apports d’une lecture comparative internationale des vulnérabilités étudiantes.

La troisième communication, intitulée « Expériences de travail et construction du sens chez les étudiants à l’université », présente une étude qualitative explorant la construction du sens du travail chez des étudiants. À partir d’entretiens menés auprès de jeunes adultes engagés dans différents parcours de formation et disposant d’expériences professionnelles variées, l’analyse s’appuie sur une approche interprétative phénoménologique. Les résultats montrent que le sens du travail se construit progressivement à travers les expériences professionnelles, en lien avec les valeurs personnelles, les relations sociales et les projections d’avenir. Les étudiants expriment une recherche de cohérence entre formation, activité de travail et identité, ainsi qu’une attente forte à l’égard d’environnements professionnels perçus comme soutenants.

Enfin, la quatrième et dernière communication, intitulée « La VAE comme espace de reconfiguration des parcours et du sens », s’intéresse à l’expérience d’engagement dans une validation des acquis de l’expérience plusieurs années après un abandon de formation. À partir de données qualitatives issues d’entretiens, elle analyse la manière dont les individus reconfigurent leur rapport aux études, au travail et à eux-mêmes dans un contexte de reprise de contact avec l’univers de la formation par la VAE, mettant en lumière les enjeux de reconnaissance, de continuité biographique et de projection.

En conclusion, ce symposium propose un regard transversal sur les parcours étudiants et adultes, en articulant bien-être, sens, vulnérabilité et reprises de trajectoires, afin de questionner les dispositifs d’accompagnement, les cadres pédagogiques et les formes de reconnaissance des parcours dans les transitions éducatives et professionnelles.

 

S20 : Faire expériences de l’HDR en sciences de l’éducation et de la formation
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vendredi 24 Avril 2027, 10h00-12h30, Salle 21.1.12

Responsable.s du symposium

CASANOVA Rémi remi.casanova@wanadoo.fr et DEQUIRÉ Anne-Françoise anne-francoise.dequire@univ-lille.fr

Entité Recherche

Laboratoire CIREL, ULR4354 Université de Lille Faculté psysef – département des sciences de l’éducation et de la formation Université de Lille Campus Pont de Bois 3 rue du Barreau – BP 60149 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex

Entité professionnelle

Résumé

La question de l’Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) suscite des débats variés au sein de la communauté académique. D’une part, elle est perçue comme une reconnaissance de l’expertise et de l’autonomie scientifique, permettant aux chercheurs de superviser des thèses et de mener des projets de recherche. D’autre part, elle invite à un nouveau déroulement de carrière avec des responsabilités administratives accrues. Enfin, elle donne une légitimité à un parcours. Cependant, cette valorisation soulève des interrogations sur sa pertinence, ses critères d’évaluation, et les disparités qui existent d’une discipline à l’autre. Les membres du jury, en tant qu’évaluateurs, apportent un regard critique sur la qualité du travail présenté, tandis que les directeurs de recherche – les garants – soulignent l’importance de l’HDR dans la formation des chercheurs.

Parallèlement, la présence de collègues, d’amis et de partenaires de recherche enrichit le moment de la soutenance, apportant une densité humaine et expérientielle au parcours du candidat. Ces acteurs valorisent les réseaux professionnels établis, témoignant de l’importance des relations dans le développement académique. Les doctorants, à leur tour, observent les attentes et enjeux liés à l’HDR, tout en questionnant son impact sur leur propre avenir professionnel.

Enfin, la reconnaissance internationale de l’HDR mérite d’être posée, car elle peut varier selon les pays, invitant à penser ainsi la mobilité des chercheurs.

Cette problématique nous conduit à réfléchir sur la place et la fonction de l’HDR dans le paysage de la recherche, en confrontant les expériences et les points de vue des différents acteurs concernés. Le symposium que nous proposons relève ce défi, à travers quelques questions : Quels enjeux cette habilitation soulève-t-elle pour le développement personnel et professionnel des chercheurs, et comment les regards croisés de ces acteurs contribuent-ils à une compréhension à la fois exhaustive et nuancée de son rôle dans l’écosystème académique ?

Intervenants

Véronique Bordes : vbordes@univ-tlse2.fr Professeure des universités en sciences de l’éducation et de la formation- Université de Toulouse – UMR EFTS Rémi Casanova : remi.casanova@wanadoo.fr Maître de conférences HDR en sciences de l’éducation et de la formation, université de Lille, Membre du laboratoire Profeor/Cirel, ULR4354 Anne-Françoise Dequiré : anne-francoise.dequire@univ-lille.fr Professeure des universités en sciences de l’éducation et de la formation, directrice de l’équipe Trigone/Cirel, ULR4354 Hélène Hoblingre : helene.hoblingre@univ-lille.fr Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation et de la formation, université de Lille, membre du laboratoire Trigone/Cirel, ULR4354 Hakima Mounir : amounir@u-pec.fr Maîtresse de conférences en sociologie, université Paris-Est Créteil, membre du laboratoire LIRTES ULR7313

Programme

Ce symposium se déroulera sous forme d’une table ronde en 5 thèmes.
Chaque thème est introduit par un des membres du symposium puis discuté par les 5 contributeurs en table ronde.


1. Élaboration de l’HDR (Hakima Mounir) Le processus d’élaboration interroge les critères de maturité scientifique et les modalités de construction du dossier. Il soulève des questions sur l’accompagnement des candidats, les temporalités variables selon les disciplines, et les stratégies de structuration du parcours de recherche. Les disparités institutionnelles et disciplinaires dans les exigences requises méritent d’être analysées pour comprendre les différentes conceptions de l’expertise scientifique.


2. Soutenance de l’HDR (Anne-Françoise Dequiré) La soutenance constitue un moment ritualisé où se conjuguent évaluation scientifique et reconnaissance par les pairs. Elle met en scène différents acteurs (jury, garants, collègues, public) dont les regards croisés créent une ambiance, un climat et influencent la compréhension du propos et du parcours du candidat. Cette étape questionne les dynamiques d’évaluation, la dimension performative de l’exercice, et la place des réseaux professionnels dans la validation académique.


3. Valorisation de l’HDR (Rémi Casanova) La valorisation concerne la reconnaissance institutionnelle et symbolique de l’HDR dans les trajectoires professionnelles. Elle interroge les retombées concrètes en termes de responsabilités (direction de thèses, portage de projets) et de positionnement académique, notamment en termes de visibilité (conférences, publications etc). Les écarts entre disciplines et établissements dans la valorisation effective de ce titre révèlent des enjeux de légitimité et de stratification au sein du monde académique.


4. Enjeux académiques (Véronique Bordes) L’HDR structure les carrières et détermine l’accès à certaines fonctions de recherche et d’encadrement. Elle questionne les modèles d’excellence scientifique, les critères de progression professionnelle, et l’articulation entre autonomie intellectuelle et contraintes institutionnelles. Son rôle dans la formation des nouvelles générations de chercheurs et la transmission des savoirs constitue un enjeu central pour l’organisation de la recherche.


5. Enjeux sociaux et sociétaux (Hélène Hoblingre) L’HDR s’inscrit dans des questions plus larges d’équité, d’accessibilité et de diversité des parcours académiques. Sa reconnaissance internationale variable impacte la mobilité des chercheurs et pose la question de la comparabilité des systèmes nationaux. Elle interroge également la place de la recherche dans la société et la manière dont les institutions académiques construisent et légitiment l’expertise scientifique.

S21 : Faire expérience à travers un projet citoyen de formation à l’IA
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mercredi 22 avril 2030, 14h00-16h30, Salle 17.1.08

Responsable.s du symposium

DELAMARE Mickaël mdelamare@cesi.fr et HELL Agathe ahell@cesi.fr

Entité Recherche

CESI LINEACT 1 av Gén de Gaulle, tour Hyfive, 92800 Puteaux, 01 44 45 92 22 (standard national) ahell@cesi.fr & mdelamare@cesi.fr

Entité professionnelle

Résumé

Le symposium Faire expérience à travers un projet citoyen de formation à l’IA propose de croiser les regards autour d’un projet de formation collaboratif entre plusieurs acteurs éducatifs, visant à l’acculturation massive de citoyens aux enjeux et usages possibles de l’IA. Le projet CAIRE* interroge la fabrique de soi et de son activité par l’intégration des usages de l’IA, considérant l’environnement technologique comme un partenaire de l’action. Ce projet offre un terrain d’étude pour :

  • Observer comment les savoirs d’expérience et les savoirs expérientiels émergent de l’interaction avec l’IA en éducation
  • Montrer en quoi cela renouvelle les environnements éducatifs et la formalisation des compétences
  • Analyser les dispositifs pédagogiques ou organisationnels qui facilitent l’émergence de cette expérience, ainsi que les transformations conjointes des activités et des personnes en situation d’action individuelle ou collective au sein du projet
  • Proposer des pistes pour penser un apprentissage qui valorise l’expérience dans le contexte des nouvelles technologies.

*Citizen oriented Artificial Intelligence for a Responsible Education

Intervenants

CHAVANNE Emmanuelle emmanuelle.abisset-chavanne@ensam.eu, CRUZ Christophe christophe.cruz@u-bourgogne.fr, DELAMARE Mickaël mdelamare@cesi.fr, HELL Agathe ahell@cesi.fr, SABIO Magali magali.sabio@ube.fr, TRIMARCHI Anna anna.trimarchi@ensam.eu,

Programme

1) Emmanuelle CHAVANNE emmanuelle.abisset-chavanne@ensam.eu et Anna

TRIMARCHI anna.trimarchi@ensam.eu

 

Titre : IMPACT D’UNE FORMATION HUMAINE A L’IA

Résumé : Le projet CAIRE permet d’explorer l’impact d’un dispositif citoyen de formation à l’IA sur les pratiques professionnelles et l’acculturation des apprenants à un ensemble de nouvelles technologies. Notre intervention mettra en lumière l’impact d’une formation en présentiel sur un public diversifié en fonctions et compétences. Nous montrerons comment l’expérience du présentiel favorise les échanges entre apprenants et formateurs et comment ceci favorise la montée en compétences des différentes parties prenantes.

Nous montrerons comment la modalité présentielle permet d’explorer et questionner les usages, inquiétudes et dérives de l’IA, tout en expérimentant concrètement ses biais et ses potentialités (ex. : jeu de NIM, activités de prompting).

L’analyse portera sur les changements observés chez les apprenants : évolution des pratiques, remises en question d’outils internes, adaptation aux besoins professionnels. Nous interrogerons également les dispositifs pédagogiques qui facilitent l’émergence de savoirs expérientiels, en soulignant l’importance de l’engagement collectif et de la co-construction des compétences.

Le projet CAIRE propose ainsi des pistes pour penser un apprentissage valorisant l’expérience, en phase avec les enjeux de transformation individuelle et collective soulevés par la Biennale.

2)  Christophe CRUZ christophe.cruz@u-bourgogne.fr

 

Titre : QUANTITE ET QUALITE : INGENIERIE DU PASSAGE A L’ECHELLE EN FORMATION IA

Résumé : Le Projet CAIRE répond à une problématique centrale : comment massifier la formation à l’IA tout en préservant la qualité pédagogique ? La réponse repose sur une ingénierie de projet rigoureuse structurant l’ensemble du dispositif. La démarche qualité s’articule autour d’un processus d’amélioration continue systématisé : cycles itératifs d’expérimentation, collecte de données via formulaires de retour d’apprenants et de formateurs, analyse systématique des indicateurs quantitatifs et qualitatifs, puis ajustements pédagogiques réguliers documentés et adaptation technique pour le passage à l’échelle. L’ingénierie de projet combine méthodologie agile et recherche-action. Elle s’appuie sur un cadre structuré : référentiels de compétences, protocole d’expérimentation multi-publics, dispositif d’évaluation multi-niveaux et formation de formateurs avec certification. Le Campus Numérique fournit l’infrastructure technologique permettant la traçabilité, le suivi analytics et la personnalisation des parcours. Cette architecture méthodologique garantit le passage à l’échelle grâce à un modèle de déploiement progressif via un réseau de formateurs qualifiés, tout en préservant l’assurance qualité à chaque étape. L’innovation réside dans la capacité à industrialiser la formation sans compromis sur l’excellence pédagogique, créant ainsi un modèle

transférable et reproductible.

3)  Magali SABIO magali.sabio@ube.fr

 

Titre : FORMALISER LES COMPETENCES DES FORMATEURS CAIRE : DE LA SELECTION A L’HABILITATION

Résumé : Dans le cadre du projet CAIRE, formations à l’IAG, la massification est un

élément essentiel de différentiation avec les autres projets.


 

Afin de couvrir un large territoire et de donner accès à la formation à un maximum de personnes pour suivre les objectifs de 2030, Digital Compass et des ODD, il faut créer une formation de formateurs qualitative.

La formation de formateurs CAIRE doit sélectionner des formateurs aptes à dispenser une formation qualitative. Pour ce faire, une formalisation des compétences recherchées a été étudiée puis un cours adapté a été créé. Ce processus s’inspire de l’habilitation DELF/DALF qui permet de former des formateurs à la correction et à l’évaluation des tests de langue française à travers le monde. Cette habilitation a mis en avant les compétences nécessaires aux futurs évaluateurs pour corriger et évaluer au mieux les examens du français dans le monde entier et ce de la manière la plus homogène possible.

La sélection des formateurs CAIRE est fondée dans cet esprit. Elle permet aux formateurs CAIRE de recevoir une habilitation avec des compétences clairement exposée pour une montée en compétence au sein de l’UBE puis plus tard au niveau national au sein du consortium du projet CAIRE. C’est une garantie de qualité de

l’enseignement et une double reconnaissance de l’employeur et du consortium.

4)  Agathe HELL ahell@cesi.fr

 

Titre : CHATGPT DANS LES PRATIQUES ETUDIANTES : USAGES ET EFFETS EN SITUATION DE COOPERATION ET D’EXPERIMENTATION

Résumé : ChatGPT, un chatbot à base d’intelligence artificielle générative (IAG) développé par OpenAI, suscite depuis sa sortie en 2022 un certain engouement auprès des étudiants (Knauf & Masselot, 2024), qui l’intègrent notamment dans la palette de ressources à leur disposition (Lobet et al., 2024), devenant ainsi un partenaire technologique de l’action. Ces pratiques prennent place au sein de dispositifs pédagogiques de manière spontanée, suscitent des craintes ou des débats (Moinard, 2024) et invitent à repenser les modalités d’apprentissage et d’évaluation (Bertrand, 2024).

Le séminaire d’intégration mis en place par le CESI permet aux nouveaux étudiants ingénieurs de troisième année, de se familiariser avec la pédagogie active et leur nouvel environnement d’apprentissage. Lors de ce séminaire, la construction d’une mini-grue en groupes permet aux étudiants de passer de l’abstrait au concret par la mise à l’épreuve des hypothèses formulées lors de la phase d’apprentissage (Kolb, 1984) et de renforcer la rétention des connaissances avec les pairs (Raucent et al., 2020).

Cette contribution se propose de documenter les usages éventuels de chatbots à base d’IAG par les étudiants et de mesurer leurs effets sur les principes d’expérimentation et de coopération procurés par la pédagogie active sur leur apprentissage.

L’observation conduite en septembre 2025 lors du séminaire d’intégration des étudiants ingénieurs en BTP de 3ème année montre que ChatGPT est faiblement utilisé dans le processus de création et de manipulation « physique ».

L’observation révèle également que l’utilisation de ChatGPT survient éventuellement dans un second temps, lorsque l’expérimentation ou la coopération ne suffisent plus à elles seules pour permettre l’apprentissage. Bibliographie :

Bertrand, M. (2024). Dépasser la crainte de la triche. Cahiers pédagogiques, 593(4), 3234. https://doi.org/10.3917/cape.593.0032

Knauf, A., & Masselot, C. (2024). Les usages de ChatGPT en contexte d’apprentissage : Entre risques et opportunités. Application à l’intelligence territoriale. Colloque international Ticemed 14 Digitalisation des pratiques en éducation : risques, valeurs et opportunités, Le Caire, Egypte.

https://hal.science/hal-04924966/file/KNAUF_MASSELOT_Ticemed14_Actes.pdf


 

 

Kolb, D. (1984). Experiential Learning : Experience As The Source Of Learning And Development. In Journal of Business Ethics (Vol. 1). Prentice Hall. https://www.researchgate.net/publication/235701029_Experiential_Learning_Ex perience_As_The_Source_Of_Learning_And_Development

Lobet, M., Honet, A., Romainville, M., & Wathelet, V. (2024). ChatGPT : Quel en a été l’usage spontané d’étudiants de première année universitaire à son arrivée? Médiations et médiatisations, 18, 6790. https://doi.org/10.52358/mm.vi18.379 Moinard, P. (2024). Des professeurs de lettres confrontés à l’arrivée des IA génératives. Un « tournant » sans visibilité. Le français aujourd’hui, 226(3), 1326. https://doi.org/10.3917/lfa.226.0013

Raucent, B., Milgrom, E., & Romano, C. (Éds.). (2020). Guide pratique pour une pédagogie active : Les APP, apprentissages par problèmes et par projets (2éme édition). Institut national des sciences appliquées.

5)  Mickaël DELAMARE mdelamare@cesi.fr

 

Titre : OBSERVER L’EMERGENCE DES SAVOIRS D’EXPERIENCE DANS L’INTERACTION AVEC L’IA EN FORMATION D’INGENIEURS

Résumé : Cette contribution s’inscrit dans une démarche d’analyse des situations pédagogiques où l’intelligence artificielle générative est mobilisée comme milieu d’expérience, et non comme simple outil ou objet d’enseignement. À partir du projet CAIRE, il s’agit d’observer comment les savoirs d’expérience et les savoirs expérientiels se construisent chez les étudiants ingénieurs au contact d’une IA intégrée aux activités d’apprentissage.

L’atelier proposé repose sur la conception d’un environnement volontairement contraint, dans lequel les étudiants interagissent avec une IA présentant des biais explicites. Cette confrontation agit comme un révélateur des tensions entre confiance, doute, usage et distanciation critique. Elle permet d’analyser finement les processus par lesquels les apprenants transforment une situation vécue en expérience signifiante, puis en savoir mobilisable.

En mobilisant le cadre de l’approche par les capabilités, la contribution montre comment l’interaction avec l’IA devient un espace de production de savoirs situés : savoirs sur soi en action, sur l’outil, sur les normes implicites et sur les responsabilités associées. Les échanges collectifs, les controverses et les ajustements opérés par les étudiants rendent visibles des apprentissages qui ne relèvent ni du prescrit ni du déclaratif, mais de l’expérience vécue et discutée.

L’enjeu est ainsi de documenter ce que l’IA fait aux situations d’apprentissage, et

ce que les apprenants font de l’IA, en termes de construction de sens, de jugement et d’agir professionnel.

 

S22 : Travail d’ingénierie de formation : faire expérience du collectif de travail
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mercredi 22 avril 2031, 14h00-16h30, Salle 21.2.23

Responsable.s du symposium

MEIGNAN Youri youri.meignan@agrosupdijon.fr

Entité Recherche

UR FoAP n°7539 / site Dijon, 26 bld Docteur Petitjean, – BP 87999 – 21079 DIJON Cedex

Entité professionnelle

Résumé

L’ingénierie de formation est actuellement fortement sollicitée pour concevoir des nouvelles formations et transformer celles existantes relativement à de multiples évolutions des attentes et conditions sociales, économiques, politiques, environnementales et/ou technologiques. Dans ce contexte et compte tenu des effets du processus de marchandisation de la formation, elle devient un levier stratégique pour le développement des organismes de formation et parfois un des derniers recours pour tenter d’assurer la viabilité des formations, voire des organismes eux-mêmes.
Le symposium s’intéresse à ces processus d’ingénierie du point de vue du travail de ceux qui concrètement y contribuent dans la réalité des organismes de formation. Le constat largement partagé est que ces processus d’ingénierie se diversifient et mobilisent, de fait, des collectifs d’acteurs divers. L’ingénierie de formation se complexifie.

Les communications de ce symposium interrogent en quoi et comment des dispositifs d’accompagnement au développement professionnel individuel et collectif permettent à des équipes pluri-professionnelles, dont des ingénieurs de formation, de faire expérience de cette collectivité du travail d’ingénierie et de sa conduite dans leurs réponses à ces attentes et conditions renouvelées.

Intervenants

UR FoAP – Institut Agro Dijon : Youri MEIGNAN youri.meignan@agrosupdijon.fr ; Claire MASSON claire.masson@agrosupdijon.fr Eduter-Ingénierie : Elsa GUYARD elsa.guyard@institut-agro.fr , Alexandra ROSSO alexandra.rosso@educagri.fr , Thierry BLANG thierry.blang@educagri.fr, Damien DELOGE damien.deloge@institut-agro.fr , Sylvie PETITJEAN sylvie.petitjean@institut-agro.fr CREAD – Université Rennes 2 : Eric BERTRAND e.bertrand@univ-rennes2.fr SARL ALMAKO Consulting : N’gaye TRAORE ngaye.traore@essor-carriere.com

Programme

Composition du symposium

 

Le symposium est composé de 4 communications.

 

  1. Ingénierie et Formation-Action-Recherche : vers une écologie critique de la formation expérientielle

 

Eric BERTRAND
Maître de conférences en sciences de l’éducation et de la formation

Université Rennes 2 – Laboratoire CREAD

https://perso.univ-rennes2.fr/e.bertrand

e.bertrand@univ-rennes2.fr

 

N’gaye TRAORE

Dirigeant et  gérant de la SARL ALMAKO Consulting (nom commercial ESSOR)

4 bis Place René Cassin à Morlaix – 29600

ngaye.traore@essor-carriere.com

 

Cette communication présente le cadre théorique d’une écologie critique de la formation expérientielle et des ingénieries coopératives qui lui donnent forme autour de la Formation-Action-Recherche (EneauBertrand & Lameul, 2012 ; Bertrand, 2015). Elle présente à deux voix, celle d’un chercheur et celle d’un entrepreneur (commanditaire), un cas et son analyse avec pour objectif, une mise en discussion des premiers résultats observés.

Après avoir présenté synthétiquement l’objet travaillé et son cadre théorique, cette communication revient sur l’expérience d’un contrat d’expertise en cours, engagé avec un Cabinet breton mobilisé dans l’accompagnent des évolutions professionnelles et l’orientation tout au long de la vie et un laboratoire universitaire (Le CREAD) regroupant une équipe d’enseignants chercheurs qui travaillent sur l’évolution des métiers de la formation et de l’accompagnement  (dont celui d’ingénieur de formation) et qui pilotent un master en alternance intitulé « Stratégie et Ingénierie de Formation ». 

Les premiers résultats portent sur les coopérations à l’œuvre et plus précisément, les conditions de possibilité d’un dialogue rationnel critique avec un commanditaire, les bénéficiaires de la formation et l’équipe d’EC accompagnant la mise en oeuvre de la FAR.  Le processus et le sens des transformations conjointes observés (commanditaires, conseillers, chercheurs) en termes de représentations, d’organisation du travail et de savoirs d’expérience sont présentés et invitent à en discussion sur l’heuristique des liens travail, formation et recherche et de ses ingénieries coopératives. 

Mots clés : Expérience, ingénieries, transformations conjointes

Bibliographie

Bertrand, E. (2015). De l’épreuve de la critique à la critique de l’épreuve au travail et en formation. Contribution à la théorisation de la formation expérientielle des adultes, Pensée plurielle, 2015/3, 40, 85-96.

Eneau, J., Bertrand, E. & Lameul, G. (2012). Se former et se transformer : perspective critique et formation universitaire aux métiers de la formation », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 28-1 | 2012, mis en ligne le 20 avril 2012. URL : http://ripes.revues.org/585

 

  1. Trois aventures d’instauration de travail collectif d’ingénierie et leurs développements

 

Les trois communications suivantes concernent trois investigations conduites au moyen du dispositif de la « Fabrique Professionnelle du Travail d’Ingénierie de la Formation » (FabPro TIF) porté par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire dans le cadre du Dispositif National d’Appui à l’Enseignement Agricole.

 

Dans ce cadre, nous nous intéressons au travail d’ingénierie de formation en particulier dans les organismes de formation de l’enseignement agricole public. Quand apparaît l’idée d’une formation, à partir de besoins ou contraintes, se met en œuvre un processus souvent long et complexe visant à générer la réalisation effective de cette formation, c’est-à-dire jusqu’à la validation finale des apprentissages effectivement produits par les apprenants. C’est l’ensemble de ce processus qui génère les possibilités effectives de réalisation de la formation que nous caractérisons en tant qu’ingénierie de formation.

 

Nous nous y intéressons ici en particulier sous l’angle de son organisation collective. Ce processus se met en place au sein d’un organisme qui est lui-même une organisation structurelle instituée. Toutefois, nous faisons l’hypothèse qu’une organisation collective spécifique pour ce projet d’ingénierie est produite et évolue au fil de ce processus pour assurer cette génération des possibilités de formation et parmi elles, celles qui seront effectivement mises en œuvre. Dit autrement, ce processus qui produit ces possibilités, produit au cours de cette production une organisation collective du travail pour pouvoir la réaliser. Comme il s’agit d’un processus très évolutif sur des durées de plusieurs mois à plusieurs années, constitué de différentes phases très hétérogènes, nous avançons qu’il nécessite donc un travail en soi d’organisation du travail collectif et de ses transformations au fur et à mesure. À ce titre, nous soumettons à la discussion scientifique la proposition de caractériser ce processus du travail d’ingénierie de formation sous la forme d’un écosystème productif et organisationnel labile.

 

Après avoir discuté l’inscription de cette proposition relativement à différents repères et ressources théoriques antérieurs, nous étudions trois cas de processus d’ingénierie de formation au moyen desquels nous tentons de caractériser des variations de ce travail d’organisation du travail collectif d’ingénierie.

 

Les outils théoriques que nous mobilisons, s’ils s’appuient initialement sur le travaux qui s’intéressent aux formes organisationnelles du travail collectif (Barthe & Queinnec, 1999), privilégient les propositions qui cherchent à appréhender les manières dont se constitue et se maintient le travail collectif (Hatchuel, 1996; Supiot, 2018), sous différentes formes de « co-ordination » (Maggi, 2011) au moyen des processus de régulation (Reynaud, 1989; Terssac, 2003) au sens de la ré·élaboration de règles (Caroly, 2010) entre des enjeux contradictoires, comme par exemple entre la division et la répartition du travail (Supiot, 2018). Ces outils nous permettent de porter notre attention au travail d’organisation (Terssac, 2011) du travail collectif intégré au travail de production (ici d’ingénierie de formation), et à ce que cette distinction-combinaison, certes heuristique pour nous et tout autant pragmatique pour les acteurs, engage, requiert et produit, tant en termes de sens et d’efficience (Clot, 2008) que de justice sociale (Supiot, 2021; Supiot & Musso, 2018).

 

  1. Une dynamique collective d’un organisme de formation mise à l’épreuve des fluctuations des demandes.

 

Tentative de sauvegarde d’un CAPA OIA[1] au CFA[2] de Beaulieu-Lavacant

Alexandra Rosso, Elsa Guyard et Youri Meignan

 

Le déclin du recrutement à une formation au CAPA OIA par la voie de l’apprentissage est le déclencheur d’une réflexion pour faire évoluer la proposition de l’organisme de formation. Il est proposé, par la direction du CFA, à l’équipe pédagogique qui assurait cette formation d’envisager de repenser la modularisation de la formation de façon à la proposer sous divers formats à un public adulte dans le cadre de la formation continue. Cette proposition va entraîner une multitude d’événements impliquant à chaque fois différents acteurs dont les activités sont conduites selon des orientations divergentes relativement à cette perspective. Nous étudions les effets de cette forme de « dialogue » entre les différentes propositions alternatives et parfois contradictoires sur les configurations de collectifs sollicités ou mobilisés. Ce processus d’ingénierie, actuellement dans une forme d’impasse, est particulièrement intéressant pour objectiver des (dys)fonctionnements du travail d’organisation du travail collectif d’ingénierie qui sont susceptibles de constituer ou de renforcer des obstacles à la production des possibilités de formation. On observe en particulier comment les facteurs défavorables à l’organisation propre de ce travail collectif se combinent à des facteurs contextuels, eux-mêmes plus ou moins favorables. Nous tentons d’identifier notamment comment les modes de régulation agissent sur les formes de coordination qui pourraient rendre compte de ce travail d’organisation, ses tentatives, ses difficultés et ses leviers.

 

  1. Façonner une construction collective de réingénierie de formation à partir d’une diversité d’expériences dans l’organisation

 

Réingénierie d’un CAPA MA[3] au CFPH[4] d’Écully

Thierry Blang, Damien Deloge et Youri Meignan

 

Dans cet organisme de formation, une formation au CAPA MA horticulteur jusqu’alors proposer aux adultes dans le cadre de la formation continue subit un arrêt brutal des commandes financées par la puissance publique (France Travail et Conseil Régional). S’instaure alors un chantier d’ingénierie pour la transformer afin de la proposer par la voie de l’apprentissage. Dans cet établissement, l’émergence de ce projet est concomitante à une réorganisation structurelle au sein de l’établissement qui vise à réintégrer le « pôle agricole » au sein d’une unité avec le « pôle paysage ». Il se trouve que le « pôle agri » proposait essentiellement des formations continues à destination d’adulte en emploi ou non, alors que le pôle Paysage propose essentiellement des formations par la voie de l’apprentissage. Ce chantier d’ingénierie constitue donc une expérimentation collective de croisement de deux « cultures » propres à des entités différentes constitutives, malgré tout, d’un même établissement. Le travail d’organisation du travail collectif d’ingénierie s’apparenterait ainsi à des formes d’appropriation (et d’apprivoisement ?) réciproque des « cultures » respectives. Cette convergence se réalise à travers des fluctuations et des constructions communes, dont certaines font l’objet de régulations (production de règles partagées) explicites, tandis que d’autres semblent relever de formes de conventions tacites. Les unes et les autres dessinent selon les différents cas observés des synergies mais aussi des inquiétudes, voire des frustrations, bien que le processus d’ensemble apparaisse comme favorable.

 

  1. Saisir une opportunité pour créer une nouvelle formation en conjuguant des ressources extérieures pour renforcer la structuration d’une nouvelle filière

 

Élaboration du certificat CCDACM[5] au CFA de Beaulieu-Lavacant

Elsa Guyard, Thierry Blang et Youri Meignan

 

La création d’une nouvelle formation est la figure classiquement emblématique de l’ingénierie de formation. Dans ce CFA, qui porte plusieurs filières historiques de formation, la création de la formation à ce Certificat Complémentaire émerge suite à l’instauration, quelque peu antérieure, d’une formation au BPJEPS[6] ne relevant pas de ces filières historiques. Autrement dit, l’établissement ne peut pas compter sur des ressources internes similaires à celles dont disposent ces filières. Il lui est donc nécessaire d’aller les chercher en dehors, et surtout au sein du milieu professionnel cible de la formation. À travers ce cas de création d’une nouvelle formation complémentaire à une formation, il s’agit d’une consolidation interne d’une seconde formation susceptible de renforcer l’émergence d’une potentielle nouvelle filière. Le travail collectif d’ingénierie se présente donc comme devant se composer d’apports extérieurs au moyen des ressources internes d’ingénierie. Le travail d’organisation du travail collectif d’ingénierie cherche ainsi à associer des sources hétérogènes pour les structurer de façon si possible pérenne. Pour cela, une des stratégies est de proposer une forme d’emploi hybride à un acteur clé, afin qu’il intègre l’établissement tout en restant ancrer dans son milieu professionnel d’origine. Nous cherchons à objectiver les formes de régulation qui constituent ce travail d’organisation du travail collectif d’ingénierie, quand il s’agit ainsi d’agencer des ressources de la formation et de la profession. Nous tentons de repérer les négociations entre ces entités qui jalonnent le processus d’ingénierie quand il s’agirait, par hypothèse, de constituer un collectif de travail, c’est-à-dire une culture commune, à partir de ce travail collectif d’ingénierie.

 

 

[1]CAPA OIA : Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole – Opérateur de l’Industrie Agro-alimentaire

[2]CFA : Centre de formation par apprentissage

[3]CAPA MA : Certificat d’Aptitude Professionnelle Agricole – Métiers de l’Agriculture

[4] CFPH : Centre de Formation et de Promotion Horticole

[5]CCDACM : Certificat Complémentaire de Direction d’Accueil Collectif de Mineurs

[6]BPJEPS : Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport

 

S23 : Les espaces réflexifs en formation et au sein des recherches collaboratives : penser les pratiques professionnelles en contexte inclusif
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vendredi 24 Avril 2037, 10h00-12h30, Salle 21.1.08

Responsable.s du symposium

ATLAN Esther esther.atlan@insei.fr

Entité Recherche

Grhapes (Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaire)

Entité professionnelle

Résumé

Le contexte inclusif complexifie les relations interinstitutionnelles et nécessite de travailler en collectif, ce qui réinterroge les professionnalités des différents acteurs et les limites des rôles de chacun. Impactés par ces changements, les professionnels de l’éducation et de la formation sont en demande croissante de réflexivité sur leur pratique professionnelle. Perrenoud (2004) retient plusieurs raisons de développer une pratique réflexive, car elle favorise l’accumulation de savoirs d’expérience, elle renforce la professionnalisation, elle permet de faire face à la complexité des tâches, elle donne les moyens de travailler sur soi, ouvre à la collaboration entre collègues et accroît les capacités d’innovation. Ce symposium s’intéressera à la fois à des matériaux récoltés lors de formations ainsi qu’à des recherches collaboratives menées avec des professionnels, et proposera aux participants d’expérimenter cette pratique réflexive pour en identifier les effets. Ce symposium articulera donc une expérience réflexive vécue par les participants à travers la participation à un atelier d’écriture avec trois présentations. Nous questionnerons alors le vécu de chacun (participants, chercheurs, formateurs) dans sa dimension subjective et intersubjective, et la façon dont ces espaces réflexifs peuvent constituer de possibles instruments de régulation mais également des espaces d’empowerment redonnant le pouvoir d’agir aux différents professionnels.

Pour permettre cette réflexion nous proposons que le symposium s’organise en trois temps que nous présentons ci-dessous, avant de revenir sur le contenu des communications.

Intervenants

ALLENBACH Marco marco.allenbach@hepl.ch, ATLAN Esther esther.atlan@insei.fr, BIEGLER Stéphanie stephanie.biegler@insei.fr, GABOLA Piera ddée, MOIX WOLTERS Carole carole.moix-wolters@hepl.ch, PELHATE Julie julie.pelhate@insei.fr, PERRAUD Caroline caroline.perraud@inspe-bretagne.fr, TOUBHANS Marie-Pierre marie-pierre.toubhans@insei.fr,

Programme

Un 1er temps : atelier d’écriture (animé par Esther Atlan, maitresse de conférences, Grhapes, INSEI ; Stéphanie Biegler, doctorante au laboratoire EMA, CY et formatrice à l’INSEI ; Julie Pelhate, maitresse de conférences, Grhapes, INSEI)

Le premier temps sera consacré à une écriture individuelle1 (10min) à partir d’une expérience vécue et quelle que soit la place occupée (une incitation à l’écriture sera proposée). L’écrit se réalise uniquement sur la base du volontariat. Puis nous constituerons deux sous-groupes aléatoires et mixtes (du point de vue des fonctions, disciplines et institutions). Après un premier moment de partage des écrits individuels, un des textes donnera lieu à discussion et à un travail de réécriture négociée au sein de chaque sous-groupe. Puis nous nous réunirons de nouveau en grand groupe, afin de pouvoir partager les deux textes ainsi produit et revenir sur l’expérience vécue.

 

1 Au moment de l’inscription dans ce symposium, précisez bien les éventuels besoin d’adaptation et/ou aménagement spécifique pour participer au temps d’écriture.

 

2ème temps : communications

Chacun.e des communicant.es rebondira ensuite sur ce premier temps en énonçant 2 ou 3 éléments sur lesquels :

  • Il / elle fait le lien entre cette expérience d’écriture et ses expériences en recherche et/ou en formation (5min) ;
  • Il/elle propose une présentation (d’une quinzaine de minutes) à partir des résumés présentés ci-dessous.

3ème temps : discussions

Les participant.es notent leurs questions / réflexions à la fin de chacune des interventions et en lien avec l’expérience d’écriture, qui permettront d’alimenter la discussion et les échanges. Les questions s’adressant aux 3 communicant.es seront privilégiées.

 

 

Les trois présentations seront les suivantes (l’ordre sera décidé le jour du symposium).

 

 

1.     Marco Allenbach, Piera Gabola et Carole Moix Wolters, Haute Ecole Pédagogique du Canton de Vaud

La création de dispositifs de formations interprofessionnelles est souvent prônée pour favoriser le développement de pratiques collaboratives sur le terrain. Dans le domaine de la santé, les expériences et recherches en la matière sont nombreuses ; dans l’enseignement, l’intérêt pour ce sujet s’est accru en lien avec les visées inclusives (Brasselet et alii, 2022 ; Pelletier, 2022). Nos recherches portent sur des dispositifs de formation postgrade du canton de Vaud (Suisse), réunissant différent-e-s praticien-ne-s intervenant dans les écoles (certificats d’études avancées en médiation scolaire, en promotion de la santé, en éducation à la durabilité, en inclusion et diversité, diplôme en santé communautaire, etc.).

Nous comparons plusieurs dispositifs et étudions leurs évolutions, pour tenter de comprendre comment les expériences vécues d’une mixité de publics en formation peuvent prendre sens pour les participant-e-s… ou non, risquant de renforcer paradoxalement les freins à la collabo7ration. Au-delà des principes généraux déjà identifiés dans la littérature (Oandasan et Reeves, 2005), un regard porté sur l’activité réelle, commune et respective, de chaque acteur et actrice, dont les dilemmes de métiers et les tensions rencontrées dans l’intermétiers (Allenbach, Frangieh, Merini et Thomazet, 2021), ainsi qu’une prise en compte des dynamiques interinstitutionnelles (Aiguier, Poirette et Pélissier, 2016), nous aident à analyser les conditions auxquelles ces formations peuvent représenter, pour les praticien-ne-s, des réels soutiens au développement des relations de travail dans leur contexte professionnel.

En nous appuyant sur les résultats de questionnaires d’évaluations, de focus-groupes, de mises en débat et de travaux réflexifs produits par les participant-e-s, nous tentons d’identifier quelques pistes pour cibler, concevoir, piloter et réguler ces formations.

Bibliographie :


Aiguier, G., Poirette, S. et Pélissier, M.-F. (2016). Chapitre 5. Accompagner l’apprentissage de la collaboration interprofessionnelle : une nécessaire gouvernance réflexive du dispositif pédagogique. Journal international de bioéthique et d’éthique des sciences, . 27(1), 91-

  1. https://doi.org/10.3917/jib.271.0091.

Almendingen K., Molin M. & Šaltytė Benth J. Preparedness for Interprofessional Learning: An Exploratory Study Among Health, Social Care, and Teacher Education Programs. Journal of Research in Interprofessional Practice and Education, 2021, n° 11, pp. 1-11.

Brasselet, C., Rossi, S., Khamzina, K., Cilia, F., Kheroufi-Andriot, O., Guirimand, N., Legrain,

  1. et Desombre, C. (2022). La formation à et par l’interprofessionnalité au service de l’éducation inclusive. Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle, . 55(2), 95-
  2. https://doi.org/10.3917/lsdle.552.0095.

Oandasan I. & Reeves Sc. Key elements for interprofessional education. Part 1: The learner, the educator and the learning context. Journal of Interprofessional Care, 2005, n° 19, pp. 21-38

Pelletier, L. (2022). Chapitre 4. L’inclusion scolaire, un nouveau territoire entre mythe et finalité. Dans G. Suau Éducation inclusive, accessibilité et territoire(s) : Recherches en éducation (p. 61-76). Champ social. https://doi.org/10.3917/chaso.suau.2022.01.0061.

 

 

2.     Caroline Perraud, maitresse de conférences, UBO/CREAD

En France, depuis 2021, se déploie l’« autorégulation » à l’école pour soutenir la scolarisation d’élèves avec des troubles du neurodéveloppement. Cette autorégulation s’appuie sur le travail conjoint entre l’équipe pédagogique d’une école, un professeur dit « d’autorégulation » et une équipe médicosociale, implantée dans ladite école.

Dans la théorie de l’action conjointe en didactique (Sensevy, 2011), je m’intéresse à l’étude de dispositifs de recherche coopératifs, visant à s’instituer en ingénierie coopérative (Perraud, 2022 ; CDpE, 2024), où des professionnels et des chercheurs enquêtent, en appui sur un postulat d’égalité pratique « reposant sur ce que les gens font (Bazin, 2008) » (Le Hénaff, 2024).

Dans la recherche DARAusticol2, j’ai mené une étude ethnographique (comprendre les pratiques) et ingénierique (construire un collectif pour concevoir des nouvelles pratiques).

Que se passe-t-il lorsqu’un collectif (deux éducatrices de l’équipe médicosociale, deux professeures des écoles, une professeure d’autorégulation et une chercheuse) enquête sur les pratiques ? Quelles possibilités de transformations et d’innovations entrevues dans un tel dispositif de recherche ?

Bibliographie :

 

2 La recherche nationale DARAusticol (2023-2027) « étude de dispositifs d’autorégulation » réunit une équipe pluridisciplinaire de 16 chercheurs et chercheuses (sociologie, psychologie, neuropsychologie, politiques éducatives, didactique) des laboratoires du CREN, du Grhapes, du CREAD, du CIRNEF du LISEC. Ce projet est financé par la caisse nationale de solidarité et d’autonomie (CNSA). Il est sous la responsabilité de Marie Toullec, professeure d’université au Centre de Recherche et d’Éducation de Nantes (CREN).


Bazin, J. (2014). Des clous dans la Joconde : L’Anthropologie autrement. Éditions Anacharsis.

Collectif Didactique pour Enseigner (CDpE). (2024). Un art de faire ensemble. Les ingénieries coopératives. Presses Universitaires de Rennes.

Le Hénaff, C. (2024). Pratiques, langage, culture. Une approche didactique. (P. U. de Rennes, Éd.). Presses Universitaires de Rennes. https://hal.science/hal-04005404

Perraud, C. (2022). Travail, handicap et coopération en ESAT. Vers un dispositif émancipateur

(Presses Universitaires de Rennes).

Sensevy, G. (2011). Le sens du savoir : Éléments pour une théorie de l’action conjointe en didactique. De Boeck.

 

3.     Marie-Pierre Toubhans maîtresse de conférences associée, INSEI-Grhapes

Cette communication s’appuie sur les résultats d’une recherche doctorale menée en sciences de l’éducation et de la formation, soutenue en novembre 2025. Elle vise dans un premier temps, à présenter la démarche de transposition et d’analyse qui a permis de construire des portraits biographiques problématisés de treize jeunes en situation de handicap (Boudinet & Revillard, 2022 ; Toubhans, 2025) à partir d’entretiens menés avec eux pendant trois ans (soit 39 entretiens). Cette dimension permet de questionner la place du processus biographique comme expérience constitutive du développement humain, de l’accès aux droits et du développement du pouvoir d’agir (Delory-Momberger, 2019) et de l’analyse en mode écriture (Paillé & Mucchielli, 2021). Dans un second temps, il s’agit de présenter l’utilisation des portraits et des verbatims dans le cadre de la formation continue des personnels de l’enseignement secondaire et supérieur à partir de deux temps de formation qui se dérouleront en janvier 2026. L’objectif étant de permettre aux différents personnels de l’enseignement (enseignant du secondaire, du supérieur, coordonnateur d’Ulis, référent handicap, ingénieur pédagogique) un recul réflexif sur leurs pratiques professionnelles à partir des savoirs expérientiels des premiers concernés.

Boudinet, M. et Revillard, A. (2022). Portraits de travailleuses handicapées. Éditons science et bien commun.

Delory-Momberger, C. (dir.) (2019). Vocabulaire des histoires de vie et de la recherche biographique. érès. https://doi.org/10.3917/eres.delor.2019.01.

Demazière, D., Dubar, C. (2009). Analyser les entretiens biographiques. L’exemple de récits d’insertion. Les presses de l’université de Laval.

Paillé, P. et Mucchielli, A. (2021). L’analyse qualitative en sciences humaines et sociales. (5e éd.). Armand Colin. https://shs.cairn.info/l-analyse-qualitative-en-sciences-humaines– 9782200624019?lang=fr.

Toubhans, M.-P. (2025). La transition entre l’enseignement secondaire et supérieur de treize jeunes en situation de handicap. Entre parcours biographiques singuliers et expériences communes. Thèse de doctorat, Université Paris Nanterre et INSEI, soutenance le 24 novembre 2025.

 

Ce qui sera mis au travail et discuté lors de ce symposium pourra trouver un prolongement dans le cadre d’une proposition d’atelier lors du colloque « Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes » organisé par le laboratoire RIFT (Recherche-Intervention-Formation-Travail), du 7 au 9 septembre 2026 à l’Université de Genève.

 

S24 : Faire expériences des risques : promesses, tensions et enjeux des formations à la sécurité
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jeudi 23 avril 2030, 14h00-16h30, Salle 21.1.08

Responsable.s du symposium

CUVELIER Lucie lcuvelier@cesi.fr Enseignante Chercheuse et GIRARD Antoine Girard antoine.girard@geolithe.com Ingénieur Recherche, Développement et Innovation

Entité Recherche

LINEACT CESI, 1, avenue du Général de Gaulle, 92 074 PARIS La Défense, lcuvelier@cesi.fr Laboratoire PACTE, 14 Avenue Marie Reynoard 38100 Grenoble, antoine.girard@geolithe.com

Entité professionnelle

GEOLITHE, 181, rue des Bécasses, 38920 CROLLES, antoine.girard@geolithe.com

Résumé

Ce symposium interroge les liens complexes, souvent paradoxaux, entre l’expérience et les risques dans les champs de la formation et des pratiques professionnelles. Face aux situations nouvelles ou très incertaines, en situation professionnelle ou en situation de crise, « on manque souvent d’expérience » :  les erreurs et les prises de risques sont alors jugées trop fréquentes. Pour y pallier, des dispositifs d’« expériences virtuelles » peuvent être développés : formation par la simulation, environnements virtuels d’apprentissage, jeux de rôle, etc. Tous visent l’apprentissage « par l’expérience » en « garantissant la sécurité ». Mais cet objectif est-il réellement atteignable ? Car, dans sa définition même, l’expérience est liée au péril, à l’exploration, au déséquilibre :  Apprendre, « c’est prendre des risques » (Perrenoud, 2003) et l’erreur, loin d’être à bannir, est un outil précieux pour enseigner et transformer les situations (Astolfi, 1997, Leplat, 2011). Ce symposium propose ainsi d’explorer, à partir d’études sur divers terrains « à risques », les liens et tensions qui se nouent entre apprentissages, risques et expériences.

Intervenants

1. ALDANA Jessie, jessiealdana@gmail.com toxicologue et ergonome en formation au CNAM, 2. CAROLY Sandrine, sandrine.caroly@univ-grenoble-alpes.fr, Professeur des universités en Ergonomie, Université Grenoble Alpes 3. CICCONE Elodie, elodie.ciccone@univ-nantes.fr, Ergonome et Enseignante-Chercheuse en Sciences de l’éducation 4. CUVELIER Lucie, lcuvelier@cesi.fr, Enseignante Chercheure en Ergonomie, CESI 5. GAUDIN Deborah, deborah.gaudin@lecnam.net, Ergonome PAST, Le Cnam 6. GALEY Louis maitre de conférences en ergonomie, Université de Bordeaux, louis.galey@u-bordeaux.fr 7. GIRARD Antoine, antoine.girard@geolithe.com, Ingénieur Recherche, Développement et Innovation, GEOLITHE 8. GOUTILLE Fabienne, maîtresse de conférences en Ergonomie, Université Clermont Auvergne fabienne.goutille@uca.fr 9. GROSSTEPHAN Vincent, vincent.grosstephan@univ-amu.fr, Professeur des universités en sciences de l’éducation et de la formation, INSPÉ d’Aix-Marseille 10. LEBRETON Luc, luc.lebreton@univ-lyon1.fr, Docteur STAPS, Université Lyon 1 11. PAYEN Carine, Gestionnaire Équipe de prévention du risque infectieux (ÉPRI) – Hôpital Cochin AP-HP et étudiante en Ergonomie, Université Paris 8 12. TOUPIN Cathy, cathy.toupin@univ-paris8.fr, Maitresse de conférences en Ergonomie, Université Paris 8

Programme

S25 : Différentes formes d’entretiens et d’interactions pour faire expérience en éducation et formation
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jeudi 23 avril 2031, 14h00-16h30, Salle 17.2.15

Responsable.s du symposium

NUMA-BOCAGE Line line.numa.bocage@gmail.com PR, HDR

Entité Recherche

CYU Cergy Paris Université, MSH, Annie Ernaux, Les Chênes 33 rue du port Cergy 95100 , line.numa-bocage@cyu.fr

Entité professionnelle

Association ARDéCo, Université Paris 8 – 2, rue de la liberté – 93526 Saint Denis CEDEX 02, ardecoparis@gmail.com Représentée par PhD Candy LAURENDON MARQUEZ (Animatrice du Symposium)

Résumé

Les interaction verbales sont un élément fondamental des échanges entre les éducateurs (enseignants, formateurs) et les apprenants dans différentes situations éducatives. Il apparaît qu’à travers ces temps d’échanges, les interactants se développent. Inscrits dans le paradigme de la psycho-didactique, les contributions de ce symposium visent à discuter chacune les leviers d’action possibles pour le/la chercheur.e ou pour l’éducateur(trice) dans différents milieux éducatifs. Le regard porté vise à identifier les cadres qui font expérience durant ces moments d’interaction : Entretien en autoconfrontation (EA-CDP, Numa-Bocage, 2020) ; relation apprenant-enseignant en situation scolaire et rôle expérientiel de l’interaction verbale et des médiations didactiques ; accompagnement dans les métiers du vivant auprès de jeunes en situation de handicap et transmission des savoirs d’expérience des éducateurs ; comparaison de dispositifs pédagogiques permettant de faire expérience et estime de soi dans l’altérité. Ces recherches présentent des résultats qui permettent d’identifier les leviers d’action en appui sur l’expérience en vue de la formation des professionnels, faire expérience pour se développer.

Intervenants

Line NUMA-BOCAGE, line.numa-bocage@cyu.fr Cyrille MICHEL, michel.cyrille@orange.fr Gabriel MAFFRE, prof.maffre@gmail.com Nahed DHIF, naheddhif@yahoo.fr

Programme

Différentes formes d’entretiens et d’interactions pour faire expérience en éducation et formation

PhD Candy LAURENDON MARQUEZ (ARDéCo ; Animatrice du Symposium)

Intervention 1 : Entretien en auto confrontation à visé de didactique professionnelle (EA-CDP) : une fonction de l’entretien pour faire expérience .

Line NUMA-BOCAGE, line.numa-bocage@cyu.fr

À partir d’une étude de cas. d’un entretien en auto-confrontation à visée de didactique professionnelle (EA-CDP, Numa-Bocage, 2020) et de son évolution vers un entretien à visée de didactique professionnelle pour les jeunes (EA-CDPJ), sont identifiés des leviers d’action pour l’accompagnement des jeunes en décrochage ou en recherche d’insertion professionnelle et pour la personne accompagnant ou le/la rechercheur.e menant l’entretien. L’étude de ces interactions conduit à faire expérience et à favoriser tout autant le développement professionnel des personnes accompagnées que celui des accompagnants.

Le contexte de la recherche-action est un dispositif d’accompagnement visant à remobiliser des jeunes décocheurs ou potentiellement décrocheurs ver l’insertion scolaire, sociale ou professionnelle, Aller vers pour faire avec les jeunes (T-AVFAJ, https://line-numa-bocage.fr/), en vue de lutter contre le décrochage scolaire et professionnel.

L’étude de cas d’un EA-CDPJ mené avec l’une des jeunes en décrochage scolaire nous permet d’identifier à partir d’un retour d’un entretien post-expérimentation et d’un retour d’expérience trois ans après une dimension importante de l’EA-CDPJ. À partir de son expérience avec les enfants et de son regard social porté sur son environnement, lors de cet entretien, la jeune prend conscience des potentialités et des compétences qu’elle a pu développer. Elle reprend confiance en elle, s’implique pleinement dans la recherche action et se remet à la recherche d’une formation dans le secteur identifié lors de l’EA-CDPJ avec la chercheuse. L’analyse de l’activité pendant cet entretien permet d’identifier les leviers d’action d’une orientation professionnelle potentielle, concrétisée avec succès 2 ans plus tard. Cet entretien pour les jeunes l’engage dans une action d’insertion professionnelle en cours de réussite.

La discussion conceptuelle de cet entretien en auto confrontation à visée de didactique professionnelle conduit à s’interroger sur les conditions créant une atmosphère, au sens de Winnicott (1971), un espace potentiel de développement, pertinent pour favoriser et faire expérience durant l’entretien à partir de l’étude d’une action, d’une expérience, d’une situation-phénomène, vécue antérieurement ?

L’analyse de l’interaction lors de l’EA-CDPJ met à jour l’existence d’un cadre d’interaction, espace potentiel pour les interactants, favorable à l’identification des ressorts de l’expérience pour se développer. Un processus de conceptualisation dans l’action (Vergnaud, 2013), permet d’identifier savoirs et compétences pour se développer et favoriser l’insertion professionnelle pour les jeunes.

 

Intervention 2 : Relation apprenant-enseignant en situation scolaire et rôle expérientiel de l’interaction verbale et des médiations didactiques.

Cyrille MICHEL, michel.cyrille@orange.fr

Dans le milieu scolaire, pour faire expérience, l’action de l’apprenant et celle de l’enseignant, leur co-activité, passent par une situation (Vergnaud, 1990). La situation est entendue comme un espace dialogique entre un environnement (sujets-lieux-objets), des buts (actions à réaliser), des anticipations (intuitions de résultats des actions engagées), des intentions (actes concrets de l’action, pour comprendre et se faire comprendre (Baruk, 1995, 2019) ; un savoir qui se transforme ; tous ces éléments qui transforment l’apprenant et l’enseignant au travers de leur propre culture (Bruner, 1996, 2008).

La qualification de cette situation dans le champ des mathématiques, par “[sa] dimension affective et dramatique” (Vergnaud, 1990, d’après Brousseau) comme le plaisir hédoniste de “l’ingrédient” contrainte-créativité d’une solution (Villani, 2018; Bruner, 1996, 2008), sa forme théâtrale, sociale et interactionnelle articulant sujets et objets de savoir, provoque, induit une rencontre intersubjective spécifique. Celle-ci est une confrontation cognitive (Beaudoin, dir, 2022, p38 – 39, d’après Numa-Bocage, 2015) entraînant une combinaison des schèmes d’actions d’apprentissage et de médiation de l’apprenant et de l’enseignant (Numa-Bocage, 2007).

Cette situation, par les émotions générées, influence le climat de classe. Considérée comme « utile » – sentiment d’accomplissement, digne d’« intérêt », sentiment d’engagement, ayant le pouvoir d’agir, de transformer le réel, en cohérence avec nos valeurs – la situation teintera, contrastera les échanges verbaux et non verbaux, comme marqueurs de l’espace de pensée de l’apprenant et de l’enseignant (Bucheton et Soulé, 2009, p34 ; Virat, 2019, p88).

Dans le champ des problèmes de mathématiques, ces situations, formelles ou informelles, leur dévolution, en particulier leur représentation figurale, puis abstraite et symbolique devra être régulée, médiée par l’enseignant, pour permettre des choix adéquats des objets et des concepts sous-jacents (Sander, dir., 2024,  p 137).

 

Intervention 3 : Faire expérience de la relation éducative en milieu spécialisé : de la compétence empathique à la transmission professionnelle : Une analyse de la pratique d’un éducateur spécialisé martiniquais

Gabriel MAFFRE, prof.maffre@gmail.com

Cette communication s’appuie sur un travail de recherche doctorale en cours, à la croisée des champs disciplinaires de la didactique professionnelle (Pastré, 2011), de l’ergonomie cognitive (Leplat, 1997) et de la psychopédagogie (Rogers, 2013). Elle prend appui sur une étude de cas exploratoire : l’entretien avec Antoine (Nom d’emprunt), éducateur spécialisé en Martinique, dont le récit éclaire les enjeux de la relation éducative auprès de jeunes atteints de troubles psychiques, en particulier de schizophrénie. Son témoignage met en lumière les tensions entre engagement relationnel, faiblesse des dispositifs institutionnels, manque de qualification et professionnalisation des acteurs de l’accompagnement en milieu spécialisé. Ceci met en évidence la nécessité d’inventer des gestes professionnels pour « faire lien » avec des jeunes en situation de handicap psychique.

L’étude de cas interroge comment des professionnels de l’accompagnement en milieu spécialisé, en contexte ultra-marin, mobilisent leurs compétences psychosociales (empathie, résilience) pour favoriser la qualité de la relation et la transmission éducative. Le professionnel interrogé insiste sur la notion d’« entrée en relation » comme préalable indispensable à toute transmission, soulignant que la qualité de la rencontre fonde le bien-vivre éducatif.

L’analyse des interactions verbales et non verbales mises en œuvre par Antoine révèle des stratégies fines pour mettre en confiance les apprenants, réguler leur anxiété, et prendre en compte leur haute sensibilité (Aron, 1996 ; Tomasella, 2022). Ces stratégies incluent :

L’écoute active et l’accueil inconditionnel, qui permettent de créer un espace sécurisant et de désamorcer les tensions.

L’adaptation du langage (ton calme, reformulations, silence respectueux) et des gestes (posture ouverte, contact visuel ajusté), pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes.

La reconnaissance des émotions et leur légitimation, favorisant une régulation collective des affects.

En élargissant la perspective, cette étude de cas s’intègre dans une recherche plus large sur les ajustements pédagogiques en faveur des apprenants à besoins éducatifs particuliers et questionne ainsi la transposabilité des compétences relationnelles d’Antoine à d’autres contextes, et leur potentiel pour enrichir les dispositifs de formation des professionnels de l’accompagnement.

 

Intervention 4 : Comparaison de dispositif pédagogiques permettant de faire expérience : développer l’estime de soi et ouvrir le champ des possibles à travers l’altérité.

Nahed DHIF, naheddhif@yahoo.fr

Cette communication s’inscrit dans une recherche en sciences de l’éducation portant sur l’influence des dispositifs pédagogiques vicariants sur l’estime de soi et l’ouverture des imaginaires d’élèves issus de milieux populaires, majoritairement descendants de l’immigration maghrébine. L’étude s’appuie sur la théorie du savoir-relation (Durpaire & Mabilon-Bonfils, 2014) et vise à développer la théorie du bien-devenir. Ainsi le savoir des élèves émerge de la qualité des relations interpersonnelles et de la capacité de l’école à ouvrir le champ des possibles, au-delà de la simple transmission égalitaire des connaissances où l’émancipation de l’élève passe par sa capacité à s’adapter, à se projeter dans un avenir ouvert et à composer avec la complexité du réel (Meirieu, 2025).

Le terrain de recherche est une école REP+ de Province. Elle fait l’objet d’une étude randomisée impliquant quatre classes de cycle 3 (CM1-CM2), chacune exposée à un dispositif distinct : mentorat adulte, mentorat adolescent, théâtre forum et projet créatif musical. Les dispositifs pédagogiques visent à faire vivre des expériences vicariantes (Bandura 2007) en favorisant l’identification à des mentors. Ces expériences visent à renforcer l’estime de soi et contrer les mécanismes d’autocensure scolaire, en s’appuyant sur des relations de proximité et d’engagement  (Martinot al, 2003). Les indicateurs d’efficacité ont été mesurés à l’aide de tests standardisés (« Qui suis-je ? », estime de soi de Rosenberg, test de projection).

Les résultats préliminaires indiquent une évolution de l’estime de soi des élèves de trois classes, et une affirmation identitaire stable. Le degré d’engagement et la perception de bienveillance, constitue probablement le facteur déterminant de l’efficacité des dispositifs. Cette approche s’inscrit dans un modèle hybride de recherche-action, visant à dépasser les représentations sociales limitantes et à promouvoir le « bien-devenir » des élèves, conçu comme la capacité à se projeter dans un avenir diversifié et valorisant. L’étude ouvre ainsi des perspectives sur la manière dont l’école peut, par des dispositifs relationnels innovants, contribuer à la réussite scolaire et à l’épanouissement personnel des élèves issus de milieux défavorisés.

Notre point de départ est qu’un parcours scolaire ambitieux, sans autocensure peut naître de manière intrinsèque, au sein des imaginaires enfantins et adolescents, et que le destin de l’individu naît en partie de ces imaginaires. Il y aurait dans les milieux populaires, derrière chaque réussite atypique, une projection atypique. L’idée est que l’école, dans sa mission réitérée dans les textes institutionnels d’égalité sociale, n’a pas pour seul moyen d’action la vocation traditionnelle d’une transmission égalitaire de connaissances, mais également la possibilité de travailler ces imaginaires, d’ouvrir le champ des possibles dès l’école élémentaire. Derrière la question du bien-être, posée aujourd’hui au sein de l’école (https://doi.org/10.4000/131op), se trouve l’enjeu de l’accompagnement du projet de vie de l’élève. Ce que nous appelons le « bien-devenir ».  Notre travail, qui s’intéressait à la question de l’ethnicité et des destins sociaux dans une école de Carpentras, composée d’une majorité d’enfants maghrébins, s’est orienté progressivement vers la problématique de l’estime de soi, et de la manière dont l’école peut ouvrir les imaginaires enfantins à une diversité de possibles, générant ainsi des projections propres à contrecarrer les processus d’autocensure scolaire et d’auto-élimination étudiées par les sciences de l’éducation.

Hypothèse générale : Nous supposons que des dispositifs favorisant des processus d’apprentissages vicariants pourraient être des supports pédagogiques de projection atypique. L’identification aux mentors est une relation humaine, concrète et de proximité, qui permet de sortir des destins construits de manière extrinsèque (via notamment les contenus numériques) qui sont proposés par les écrans aux enfants. Nous avons au préalable identifiés les destins rêvés par les élèves de cycle 3 –influenceurs, footballeurs – et nous interrogeons à quelles conditions les dispositifs vicariants peuvent faire bouger ces représentations

 

S26 : La dimension corporelle des expériences d’apprentissage en situation de travail et de formation
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mercredi 22 avril 2032, 14h00-16h30, Salle 17.2.15

Responsable.s du symposium

THIEVENAZ Joris joris.thievenaz@gmail.com

Entité Recherche

Séminaire doctoral interuniversitaire METiS

Entité professionnelle

Résumé

La dimension corporelle intervient comme une composante centrale dans les interrelations entre les sujets et leurs environnements lorsqu’il s’agit d’apprendre et de se former. Par les perceptions et les interprétations de ce qu’il éprouve dans et par le corps le sujet construit des expériences. Celles-ci modifient notre rapport à nous-mêmes, aux autres et, plus largement, à notre environnement. En tant que moyen d’action sur le monde, le corps est constamment à l’œuvre dans l’activité humaine. Selon une perspective écologique de l’agir humain en éducation et en formation (Guérin, Simonian, Thievenaz, 2023), les contributions du symposium ont en commun de faire de la dimension corporelle des expériences d’apprentissage en situation de travail et de formation un objet d’étude. Sur différents terrains, les communications privilégient une entrée par l’activité pour décrire et comprendre la place du corps dans les modalités d’interaction entre le sujet et son environnement, afin d’identifier, du point de vue du sujet, les effets en termes d’expérience et de transformations des caractéristiques de l’environnement.

Intervenants

Joris THIEVENAZ, joris.thievenaz@gmail.com Catherine ARCHIERI, catherine.archieri@univ-brest.fr Marion PAGGETTI, marion.paggetti@gmail.com Jérôme GUERIN, jerome.guerin@univ-brest.fr Éric FLAVIER, eric.flavier@unistra.fr Nathalie DURGETTO, nath.durgetto@gmail.com Sandrine MILLONES, millonessandrine@gmail.com Suzanne LECLERC, suzanne.leclerc@u-pec.fr Frédéric POGENT, Fréderic.pogent@univ-brest.fr Pascal ROQUET, pascal.roquet@lecnam.net Stéphane SIMONIAN, stephane.simonian@univ-lyon2.fr Nawel CHAIR, chair.nawel@gmail.com Anne-Chrystèle BUTHIAUX, buthiaux.ac@gmail.com

Programme

S27 : Entre l’expérience d’enseignement en contexte de diversité et l’expérience de recherche : quels développements et à quelles conditions ?
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jeudi 23 avril 2032, 14h00-16h30, Salle 21.1.16

Responsable.s du symposium

ISSAIEVA Elisabeth elisabeth.issaieva@insei.fr Maître de conférences

Entité Recherche

GRHAPES, INSEI, CY Paris Université

Entité professionnelle

IREM de l’Université des Antilles, EAFC (École Académique de Formation continue du Rectorat de l’Académie de Guadeloupe), IFAGEC (Institut de formation Antilles-Guyane de l’enseignement Catholique) Inspection de l’Éducation Nationale, Académie de Créteil

Résumé

Ce symposium réunit des communications inscrites dans le cadre de recherches participatives lesquelles ont pour visée de questionner les pratiques d’enseignement pour développer le pouvoir agis inclusif des enseignants dans des contextes de diversité (Desgagné, 2001). Toutes ces recherches sont le fruit d’une rencontre d’enseignants, de formateurs, d’enseignants-chercheurs, d’inspecteurs, de conseillers pédagogiques dans une Académie d’une région française riche en diversité autour des préoccupations et problématiques communes : (co)-apprendre à analyser les obstacles des apprentissages ; soutenir la continuité pédagogique entre l’école primaire et secondaire ; développer des compétences interculturelles, collaboratives, coopératives et plus généralement des compétences et des pratiques inclusives. Les communications montreront la genèse des différents projets menés afin de mieux comprendre la portée des interactions analysées entre des expériences (de formation, d’enseignement et de recherche).

Une attention sera portée à la mise en avant des conditions qui génèrent des situations de co-constructions et/ou de transformation de postures, de pratiques, d’apprentissage en contexte de diversité ainsi qu’aux contraintes qui empêchent cela.

Intervenants

ISSAIEVA Elisabeth, maitre de conférences (elisabeth.issaieva@insei.fr) LOUVET Frédéric, responsable de l’IREM, formateur et enseignant (frederic.louvet@ac-guadeloupe.fr) LEMETAYER Agnès, formatrice et enseignante (Agnes.Lemetayer@ac-rennes.fr) NICOLETTA Christine, enseignante (christine.nicoletta@ac-guadeloupe.fr) SAINT-VICTOR Lydie, inspectrice de l’EN (SAINT-VICTOR Lydie (lydie.saint-victor@ac-creteil.fr.) JAMES Axelle, enseignante (axellejames@gmail.com.)

Programme

S28 : Parcours doctoral et (transformation) identitaire
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vendredi 24 Avril 2038, 14h00-16h30, Salle 21.1.16

Responsable.s du symposium

ROQUET Pascal pascal.roquet@lecnam.net et DEQUIRE Anne-Françoise anne-francoise.dequire@univ-lille.fr

Entité Recherche

Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) / Laboratoire Formation et Apprentissages Professionnels (FoAP) 41 Rue Gay Lussac 75005 Paris E-mail : pascal.roquet@lecnam.net et Université de Lille/ Centre interuniversitaire de recherche en éducation de Lille Université de Lille Campus Pont de Bois 59650 Villeneuve D’ Ascq E-mail : anne-francoise.dequire@univ-lille.fr

Entité professionnelle

Résumé

L’engagement dans un parcours doctoral s’assimile à un processus de (trans)formation pour les doctorant.e.s. Il implique de construire des connaissances et des compétences spécifiques et transversales variées ainsi qu’une posture et une identité professionnelle renouvelée. Cette expérience individuelle s’inscrit dans un cadre institutionnel favorisant un ensemble d’activités doctorales valorisables telles  notamment la production et la communication de son travail dans une communauté scientifique, la participation à des activités collectives de laboratoires au niveau national et international, la professionnalisation et la participation à des activités en entreprise ou avec des partenaires sociaux, la participation à des initiatives de démocratie scientifique et technique. L’objectif de ce symposium est de visibiliser différents parcours doctoraux à travers des expériences significatives de (trans)formation identitaire.

Intervenants

BRUYÈRE Apolline apolline.bruyere@univ-lille.fr, CHOUGUI Rania rania.chougui.etu@univ-lille.fr, DEILY Correa deilyderickson@gmail.com, DEQUIRÉ Anne-Françoise anne-francoise.dequire@univ-lille.fr, GAUTIER-CHOVELON Christine christine.gautier-chovelon@univ-cotedazur.fr, IONESCU BALHAWAN Cristina cristina.balhawan@free.fr, PIERRON Claudine claudine.pierron@apec.fr, ROQUET Pascal pascal.roquet@lecnam.net,

Programme

Le symposium s’appuiera sur 6 communications.

 

Pascal Roquet : pascal.roquet@lecnam.net

Professeur des Universités

Directeur de l’École Doctorale Abbé Grégoire

Co-Directeur du Laboratoire FoAP (Formation et Apprentissages Professionnels),

CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers)

 

Anne-Françoise Dequiré : anne-francoise.dequire@univ-lille.fr

Professeure des universités en sciences de l’éducation et de la formation

Directrice de l’équipe Trigone-Cirel, ULR4354

 

Bruyère Apolline :  apolline.bruyere@univ-lille.fr

« Parcours doctoral et savoirs situés »

Doctorante en sciences de l’éducation et de la formation, membre du laboratoire Trigone-CIREL, université de Lille, ULR4354. 

 

Chougui Rania : rania.chougui.etu@univ-lille.fr

« Penser l’identité professionnelle des autres… et la sienne : retour réflexif sur un parcours doctoral »

Doctorante en Sciences de l’éducation et de la formation, membre du laboratoire Trigone-Cirel, université de Lille, ULR4354.

 

Deily Correa : deilyderickson@gmail.com

« Temporalités du doctorat, métamorphoses du sujet »

Maître-assistant en psychologie et pédagogie – Haute École HELMo.

Chargé de cours, CPFB, UCLouvain.

Doctorant en sciences de l’éducation et de la formation, membre du Laboratoire FoAP (Formation et Apprentissages Professionnels), CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers)

 

Ionescu Balhawan Cristina : cristina.balhawan@free.fr

« Un doctorat : pourquoi pas ? »

Doctorante en Sciences de l’éducation et de la formation, membre du laboratoire Trigone-Cirel, université de Lille, ULR4354.

 

Gautier-Chovelon Christine : christine.gautier-chovelon@univ-cotedazur.fr

« La compétence hybride du doctorant CIFRE : entre identité professionnelle et innovation territoriale »

Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, MCF associé en SEF-Université Cote d’Azur-INSPE-affiliée au laboratoire de recherche LINE (innovation et numérique pour l’éducation)

 

Pierron Claudine :  claudine.pierron@apec.fr

« Du doctorat à l’emploi privé : accompagner la reconnaissance des compétences des docteurs hors du monde académique »Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, Ecole doctorale Connaissance, langage, modélisation – ED 139 Paris 10, Cheffe de projet Transition écologique et offre de services pour l’insertion des docteurs, APEC

 

S29 : Avantages et limites des technologies de l’IA pour l’accompagnement et la formation en ESAT (relations jeunes, familles et professionnels).
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vendredi 24 Avril 2028, 14h00-16h30, Salle 21.2.23

Responsable.s du symposium

NUMA-BOCAGE Line line.numa-bocage@cyu.fr CRILLASH, UA

Entité Recherche

Laboratoire CRILLASH, Université des Antilles, line.numa.bocage@gmail.com

Entité professionnelle

L’ESAT Paulette Pigeon, Fond Boucher, 9722 Bellefontaine, Martinique, contact : Gaëlle GALIBOU BRULU, galibougaelle@yahoo.fr

Résumé

L’insertion professionnelle des jeunes en situation de handicap inscrits dans les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT) est un enjeu majeur de l’éducation inclusive. La formation des personnels de ces établissements est un point aveugle de l’éducation, particulièrement dans les régions françaises ultramarines. Les communications de ce symposium interrogent sur ces territoires et en France hexagonale les conditions d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et les moyens technologiques facilement accessibles dans ces territoires. Sont-ils des atouts au service de l’accompagnement à l’éducation pour une insertion professionnelle réussie des jeunes en situation de handicap, tout en soutenant une relation de qualité avec les familles et les médecins ? Une étude qualitative de l’expérience d’encadrement des éducateurs et de l’activité des jeunes (Projet 3D Immersif en ESAT, Chaire Médiations et Participation citoyenne, CYU et Projet PROIA, ESAT Paulette Pigeon, Fond Boucher 9722 Bellefontaine, Martinique,) met en évidence les conditions d’utilisation de l’IA, de la vidéographie et du numérique favorisant la relation avec les familles dans l’intérêt des jeunes et pour une société plus inclusive.

Intervenants

Line Numa-Bocage line.numa-bocage@cyu.fr Gundeea Seeruttun Narrainen : g.narrainen@uom.ac.mu Gaëlle Galibou-Brulu : gaellegalibou@gmail.com Franck Gabelus : gabelusf@gmail.com

Programme

Animation : Latifa REBAH (Chaire Médiations et Participation citoyenne, CYU, https://line-numa-bocage.fr/chaire/)

Intervention 1

Relation jeunes, familles et professionnels en ESAT dans des contextes culturels divers (Hexagone, Martinique, Mayotte).

Line Numa-Bocage line.numa-bocage@cyu.fr

Intervention 2

Portée et limites de l’IA au service du développement des jeunes en ESAT : de la réalité virtuelle en 3D à la photographie avec l’IA.

Gundeea Seeruttun Narrainen : g.narrainen@uom.ac.mu

Gaëlle Galibou-Brulu : gaellegalibou@gmail.com

Intervention 3

L’entretien en autoconfrontation à visée de didactique professionnelle au service de la relation avec les familles et l’environnement médical.

Line Numa-Bocage line.numa.bocage@gmail.com

Franck Gabelus : gabelusf@gmail.com

 

S30 : Faire communauté pour favoriser la réussite éducative et l’inclusivité
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jeudi 23 avril 2033, 14h00-16h30, Salle 21.2.23

Responsable.s du symposium

PREVÔT Olivier olivier.prevot@u-bordeaux.fr, professeur des universités en sciences de l’éducation et de la formation à l’Université de Bordeaux.

Entité Recherche

Association internationale de Formation et de Recherche en Éducation Familiale (AIFREF) Campus des alliances éducatives de Dordogne – Université de Bordeaux Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne Éducation familiale et intervention sociale (EFIS), Centre de recherche Éducation-formation (CREF) Université Paris Nanterre.

Entité professionnelle

Résumé

Accompagner les enfants et les jeunes, quel que soit le contexte (école ou dispositif d’intervention socio-éducatif notamment), nécessite cohésion et cohérence entre les acteurs éducatifs. Les alliances éducatives, la dynamique des réseaux d’acteurs, l’interprofessionnalité, l’interdisciplinarité et l’inter-institutionnalité constituent des leviers à explorer pour favoriser la réussite éducative et l’inclusivité. Ainsi, les expertises multiples (académiques et scientifiques, professionnelles, institutionnelles, thématiques, territoriales, d’usage), lorsqu’elles sont recherchées et mises en synergies, offrent des perspectives dans la compréhension des situations mais aussi dans la résolution de problèmes complexes. L’expertise d’usage, celle de celui ou celle qui vit ou a vécu l’expérience éducative (les enfants, les jeunes, les familles, les ainés, etc.) et de celles et ceux qui la proposent (enseignant, éducateurs, animateurs, parents, artistes, etc.) est au cœur des alliances, dans une approche démocratique, ouverte et libre de la construction des savoirs et compétences.

Intervenants

Pour l’Université de Bordeaux – Campus des alliances éducatives – PREVOT Olivier, professeur des universités en sciences de l’éducation olivier.prevot@u-bordeaux.fr – TELLIER, Sarah, Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation sarah.tellier@u-bordeaux.fr – GALLINEAUD, Léane, Doctorante en sciences de l’éducation leane.gallineaud@u-bordeaux.fr – MOREAU Géraldine, ingénieure d’étude geraldine.moreau@u-bordeaux.fr Pour l’Université de Paris-Nanterre – Gilles Séraphin, Efis/Cref, Université Paris Nanterre. gilles.seraphin@parisnanterre.fr – Elodie Faisca, Efis/Cref, Université Paris Nanterre. efaisca@parisnanterre.fr – Anna Rurka, Efis/Cref, Université Paris Nanterre. anrurka@parisnanterre.fr Pour l’Université de Bologne – Anna Pileri, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne. Anna Pileri anna.pileri2@unibo.it – Roberto Dainese, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne. roberto.dainese@unibo.it – Roberta Caldin, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne roberta.caldin@unibo.it

Programme

SESSION 1 : Inclusivité et alliances éducatives en milieu rural : défis et perspectives

           

La première intervention porte sur les enjeux des alliances éducatives en milieu rural, à la fois dans la continuité des réflexions sur les Cités de l’éducation (Pourtois & Desmet, 2013 ; Pileri, Prévôt & Silva, 2023) mais aussi dans une dynamique renouvelée, basée sur la connaissance et la reconnaissance des expertises propres à chaque acteur éducatif. Cette perspective vise moins au consensus éducatif qu’à la construction et la valorisation des liens de sociabilités et des « résonances » (Desmet, 2022) entre les différentes parties prenantes à la « tâche éducative » (Aguilar, 2022). Il s’agira de questionner la capacité des territoires ruraux à inscrire des politiques de proximité et à développer des coopérations entre acteurs familiaux, scolaires, sociaux et associatifs.

Le deuxième intervention portera sur les alliances entre professionnels de l’éducation. La coopération interprofessionnelle suppose une attention aux politiques structurantes du territoire, aux différentes cultures professionnelles et à la concertation, qui permettent d’articuler les finalités éducatives avec les réalités du terrain.

Enfin, la troisième intervention abordera les relations familles-écoles en milieu rural. L’éducation est fréquemment associée, voire confondue avec la scolarisation. Aujourd’hui, les missions de l’école sont très étendues alors que les enfants ne passent que 20% de leur temps éveillé en classe. Ainsi, l’école doit être pensée dans ses relations avec les autres acteurs. Les parents, dont le rôle est fondamental dans les activités pré- et péri-scolaires peuvent alors être envisagés comme partenaires à part entière, porteurs de savoirs et de compétences éducatives. En partant du principe que toutes ces activités ont un impact sur l’acquisition des préalables scolaires, la transmission des réquisits scolaires hors de la classe constitue ainsi un espace d’intervention éducatif et social important.

            À travers des données recueillies sur un territoire de Dordogne, il s’agira, en somme, d’interroger l’expression « faire communauté » et d’observer comment celle-ci semble osciller entre recherche d’autonomie et nécessité d’interdépendance.

 

SESSION 2 : Familles au prisme de la migration et du handicap de leur enfant :
quels défis et quelles variables d’inclusivité?

Anna Pileri[1], Roberto Dainese[2], Roberta Caldin[3]

La double dimension du handicap et de la migration révèle des dynamiques complexes qui traversent les parcours familiaux et éducatifs. Les familles migrantes ayant un enfant en situation de handicap se trouvent souvent confrontées à de multiples complexités sociales, culturelles, institutionnelles et émotionnelles. Le vécu d’exil (Moro, 2001) et le traumatisme migratoire marquent profondément les trajectoires, influençant les liens familiaux, la confiance envers les institutions et les capacités d’adaptation dans le nouveau contexte (Pileri, 2023). Ces expériences, souvent empreintes de perte et de déracinement, peuvent amplifier les difficultés d’accès aux droits, aux soins, à l’éducation inclusive et aux dispositifs d’accompagnement (Dainese, Bolognesi, 2020). Les représentations culturelles du handicap et de la migration, ainsi que les barrières linguistiques, culturelles et administratives, jouent un rôle central dans la relation entre familles et professionnels. Il devient donc essentiel que le personnel éducatif et scolaire travaille sur ses propres représentations, en développant des postures réflexives capables de déconstruire les stéréotypes et les préjugés, et de promouvoir une culture de l’écoute et du dialogue interculturel. L’approche intersectionnelle permet de comprendre le handicap et la migration dans leur articulation, tout en favorisant la réalisation de projets individualisés cohérents et non fragmentés. À travers les alliances éducatives, les partenariats interprofessionnels et l’implication des familles, il devient possible de co-construire des réponses éducatives et sociales partagées, adaptées aux besoins spécifiques des familles migrantes confrontées au diagnostic de leur enfant (Pileri, Caldin & Gremion, 2023), souvent éloignées de leurs repères culturels et affectifs. Dans cette perspective, cette contribution vise à approfondir cette double dimension en analysant à la fois la littérature internationale et l’apport de recherches récentes qui mettent en évidence les besoins auxquels il est urgent de répondre pour éviter un double risque d’exclusion.

 

 [1] Anna Pileri, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne.

 [2] Roberto Dainese, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne.

 [3] Roberta Caldin, Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne.

 

 

SESSION 3 : Les enjeux du « faire communauté » pour instaurer un processus de
participation collectif des jeunes en protection de l’enfance.

Intervenant.es :

  • Gilles Séraphin, Efis/Cref, Université Paris Nanterre.
  • Elodie Faisca, XXX & Efis/Cref, Université Paris Nanterre.
  • Anna Rurka, Efis/Cref, Université Paris Nanterre.

 

Résumé :

Depuis 2023, avec l’accompagnement d’une équipe de recherche de l’Université de Paris Nanterre, le département des Yvelines (France) a élaboré un processus de participation collectif des enfants à l’évaluation et à la construction de la politique départementale de protection de l’enfance via une « assemblée citoyenne ». Cette assemblée s’est déroulée en cinq séances en 2024 avec une séance finale de présentation des recommandations au vice-président en charge de la protection de l’enfance en final. Elle a rassemblé des enfants âgés de 7 à 20 ans, la plupart bénéficiant d’une mesure de protection, en milieu ouvert ou en suppléance familiale. Des membres de l’équipe Efis ont assisté aux séances pour observer puis, une fois le cycle terminé, ont étudié les attentes et effets de cette assemblée, pour chacun des acteurs : enfants, professionnels, agents de l’administration organisatrice.

En instaurant cette assemblée et ce processus de participation collectif des jeunes en protection de l’enfance, afin de faire émerger cette « parole collective », l’un des objectifs du conseil départemental est de « faire communauté » sur deux plans : entre professionnels agents du conseil départemental ou salariés associatifs assurant l’accompagnement, quels que soient le statut et la fonction ; et avec les enfants, quels que soient leur provenance et leur rapport avec la politique de protection de l’enfance.

Toutefois, pour « faire communauté », les enjeux, sinon les obstacles, sont multiples : entre la réaffirmation des statuts de chacun (pour réaffirmer la hiérarchie mais aussi son champ de responsabilités), les contraintes organisationnelles (ne serait-ce qu’en termes de temps), les représentations des autres acteurs et des affiliations (organismes, services ou métiers…), la valeur accordée au point de vue des enfants (encore empreinte de suspicion quant à la neutralité espérée des adultes qui les recueillent et les restituent), les attentes multiples et pas toujours complémentaires, voire les « logiques d’action » déployées, l’esprit et l’action en « commun » ont difficilement émergé. Pourtant, des espaces collectifs de création, parfois inattendus, ont apparu…  

 

 

ANNEXE 1 : description détallée de la SESSION 1

 

SESSION 1, partie 1 : Les enjeux des diverses formes d’alliances éducatives en milieu rural (O . Prévôt, G. Moreau)

Le premier axe envisagera les alliances éducatives en milieu rural à la fois dans la continuité des réflexions sur les Cités de l’éducation (Pourtois & Desmet, 2013 ; Pileri, Prévôt & Silva, 2023) mais aussi dans une dynamique renouvelée, basée sur la connaissance et la reconnaissance des expertises propres à chaque acteur éducatif. Cette perspective vise moins au consensus éducatif qu’à la construction et la valorisation des liens de sociabilités et des « résonances » (Desmet, 2022) entre les différentes parties prenantes à la « tâche éducative » (Aguilar, 2022). Il s’agira de questionner la capacité des territoires ruraux à inscrire des politiques de proximité et à développer des coopérations entre acteurs familiaux, scolaires, sociaux et associatifs. Le deuxième axe portera sur les alliances entre professionnels de l’éducation. La coopération interprofessionnelle suppose une attention aux politiques structurantes du territoire, aux différentes cultures professionnelles et à la concertation, qui permettent d’articuler les finalités éducatives avec les réalités du terrain. Enfin, le troisième axe abordera les relations familles-écoles. L’éducation est fréquemment associée, voire confondue avec la scolarisation. Aujourd’hui, les missions de l’école sont très étendues alors que les enfants ne passent que 20% de leur temps éveillé en classe. Ainsi, l’école doit être pensée dans ses relations avec les autres acteurs. Les parents, dont le rôle est fondamental dans les activités pré- et péri-scolaires peuvent alors être envisagés comme partenaires à part entière, porteurs de savoirs et de compétences éducatives. En partant du principe que toutes ces activités ont un impact sur l’acquisition des préalables scolaires, la transmission des réquisits scolaires hors de la classe constitue ainsi un espace d’intervention éducatif et social important.

            À travers des données recueillies sur un territoire de Dordogne, il s’agira, en somme, d’interroger l’expression « faire communauté » et d’observer comment celle-ci semble osciller entre recherche d’autonomie et nécessité d’interdépendance.

 

SESSION 1, partie 2 : L’interprofessionnalité en milieu rural : leviers et défis aux pratiques d’alliances éducatives autour des jeunes (Sarah Tellier)

Les jeunes, et en particulier les jeunes ruraux (Renahy, 2005 ; Coquard, 2019 ; Amsellem-Mainguy, 2021), restent particulièrement exposés aux inégalités éducatives, économiques et territoriales, et se heurtent à des obstacles structurels qui affectent leurs parcours de vie tels que le chômage, la précarité ou les discriminations. Face à ces constats, l’hypothèse selon laquelle une meilleure articulation et concertation entre les acteurs qui accompagnent les jeunes dans leurs parcours constitue un levier de réduction de ces inégalités mérite d’être examinée, ce qui confère tout son intérêt à l’étude de cet objet (Prévôt, 2023). Toutefois, le dernier rapport public annuel de la Cour des comptes consacré aux politiques en faveur des jeunes (2025) souligne que malgré plus de quarante ans d’incitations à la coopération des acteurs (Loncle-Moriceau, 2003), la gouvernance fragmentée demeure toujours un frein à une mise en œuvre cohérente et efficace des actions qui leur sont destinées. Cette fragmentation s’explique en partie par la multiplicité d’intervenants dans le champ de la jeunesse (à la différence de celui de l’enfance) qui mobilise des secteurs d’interventions variés allant de l’éducation à l’emploi, au logement, à la santé, à la mobilité ou encore aux loisirs (Parisse, 2019).

Cette communication en symposium dans le cadre du Congrès de l’AIFREF vise à questionner les relations interprofessionnelles en milieu rural à destination des jeunes. Elle ambitionne d’identifier les formes que prennent les coopérations sur les territoires ainsi que les leviers et les défis auxquels sont confrontés les acteurs. 

 

SESSION 1, partie 3 : Les relations familles/école en milieu rural (Léane Gallineaud)

Le troisième axe abordera l’importance et la complexité des relations entre l’école et les familles. L’éducation des jeunes, souvent confondue avec la scolarisation, est un défi social et sociétal qui demande la mise en alliance d’acteur·ice·s marqué·e·s par une histoire qui les a éloignés. Le système éducatif français s’est structuré sans les familles et avec l’objectif principal de former des citoyen·e·s éclairé·e·s éloigné·e·s des influences parentales . Cette construction a fait porter une lourde charge à l’école dont les missions sont désormais très étendues. Pourtant, les parents demeurent impliqués dans l’éducation des enfants, ils transmettent des connaissances plus ou moins éloignées de la culture scolaire selon le milieu socio-économique et socio-culturel d’origine . Cet éloignement, source d’inégalités scolaires , s’accentue car les enfants ne passent que 20% de leur temps éveillé en classe . C’est pourquoi le partage de l’éducation s’impose comme une évidence. Malgré cela, la mise en place d’alliances met en lumière de nombreuses difficultés liées à des malentendus et des implicites scolaires qui fragilisent les liens entre les éduquant·e·s . Afin d’identifier ces malentendus, mésentendus, attentes et ententes, ce travail de recherche prend appui sur un questionnaire en ligne qui interroge les pratiques éducatives des professionnel·le·s, les relations avec les parents, les attentes envers ces derniers ainsi que celles qu’iels perçoivent. Inscrite dans une démarche partenariale, l’enquête est diffusée par la Direction Académique Départementale de l’Education Nationale de la Dordogne auprès des professionnel·le·s périgourdin·e·s de quatre institutions : la Caisse d’Allocations Familiales (180 agents), les Etablissements Publics de Coopération Intercommunales (20), les mairies (505) et les personnels de l’Education Nationale (362 écoles, 38 collège et 18 lycées).

 

S31 : Ce que les jeunes et les parents ont à dire de leurs expériences au cœur de la recherche en éducation familiale
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mercredi 22 avril 2033, 14h00-16h30, Salle 21.2.32

Responsable.s du symposium

JOIN-LAMBERT Hélène helene.join-lambert@parisnanterre.fr et EUILLET Séverine seuillet@parisnanterre.fr

Entité Recherche

Equipe Education familiale et interventions sociales auprès des familles (EFIS), Centre de recherche Education et Formation (CREF) Université Paris Nanterre 200 avenue de la République, 92 001 Nanterre

Entité professionnelle

Résumé

L’évolution de la recherche en éducation familiale mène vers la reconnaissance des savoirs expérientiels des jeunes et des parents, dans ce qu’ils peuvent soutenir l’analyse des dynamiques intra-familiales, mais aussi de leurs interactions avec les institutions et les professionnels. Cette reconnaissance s’accompagne de défis méthodologiques et éthiques qui interrogent la finalité et l’intégrité de la recherche.

Ce symposium rassemblera huit recherches visibilisant ce que les jeunes et les parents, parfois dans des situations d’adversité, ont à dire de leurs expériences en France, au Québec, au Chili ou en Tunisie. Il éclairera les façons dont la recherche peut être le support, de cette expression, à des fins de productions de connaissances nouvelles mais aussi d’impacts sur des faits sociaux, des politiques ou des dispositifs.

Intervenants

• Annexile, Jimitry, annexilej@gmail.com , Doctorant, CREF, Université Paris Nanterre. • Armijo Cabrera, Muriel, Universidad Central, Chili • Avezou-Boutry, Virginie, vavezou@parisnanterre.fr, Maîtresse de conférences, CREF, Université Paris Nanterre • Denecheau, Benjamin, benjamin.denecheau@u-pec.fr, Professeur, LIRTES, Université Paris-Est Créteil • Euillet, Séverine, seuillet@parisnanterre.fr , Maîtresse de conférences HDR, CREF, Université Paris Nanterre • Join-Lambert, Hélène, helene.join-lambert@parisnanterre.fr, Professeure, CREF, Université Paris Nanterre • Mathiot, Louis, lmathiot@parisnanterre.fr, Maître de conférences, CREF, Université Paris Nanterre • Noël, Julie, Julie.Noel4@usherbrooke.ca, Professeure agrégée, École de travail social, Université de Sherbrooke (Canada) • Parent, Citoyen de la Ville de Paris • Parent, Université populaire de parents d’Arcueil • Riban, Chloé, c.riban@parisnanterre.fr, Maîtresse de conférences, CREF, Université Paris Nanterre • Rurka, Anna, anrurka@parisnanterre.fr, Maîtresse de conférences, CREF, Université Paris Nanterre • Soula, Nada, soulanada15@gmail.com, Doctorante, CREF, Université Paris Nanterre • Ummel, Deborah, deborah.ummel@unil.ch, professeure associée, Institut de psychologie, Université de Lausanne-Mouline (Suisse)

Programme

 

COMMUNICATION 1

 

Que disent les adolescents étrangers placés à l’aide sociale à l’enfance de leurs expériences relationnelles avec leurs proches ?

Communicant

Jimitry ANNEXILE, CREF, Université Paris Nanterre

 

La notion de « mineur non accompagné » désigne des migrants de moins de 18 ans voyageant seuls, c’est-à-dire sans parents, et qui se retrouvent sans représentant légal sur le territoire français (Guetemme et Etienne, 2021). Cette communication propose de mettre en lumière la parole de ces mineurs sur leurs vécus relationnels avec les personnes qui comptent et se trouvant hors des dispositifs de l’ASE. Ces « savoirs expérientiels » (Gardien, 2017) proviennent d’entretiens semi-directifs menés entre novembre 2022 et juillet 2025, dans le cadre d’une recherche doctorale[1] en cours, avec 17 mineurs étrangers âgés entre 14 et 17 ans hébergés en foyer d’accueil d’urgence ou pérenne en France. Le dispositif d’enquête s’inspire de la méthodologie de la triangulation (Caillaud et Flick, 2016) et recoupe, entre autres, trois outils : cartographie sociale, visite guidée et commentaire d’images (Join-Lambert, 2017).

 

Les résultats préliminaires obtenus révèlent qu’adolescents comme accompagnants utilisent le smartphone pour impliquer les familles dans la prise en charge éducative. Du point de vue des adolescents, celui-ci joue un rôle « indispensable » dans leur quotidien ; il permet de re/créer, de défaire ou de maintenir leurs liens parentaux quand ceux-ci existent, et de les faire vivre en laissant pénétrer leurs proches dans les lieux d’accueil. Il sert de « soupape » à leur développement affectif et émotionnel en les reconnectant à leur origine. Ainsi, leur donner la parole revient à réinterroger les mécanismes juridiques de mise en relation familiale des mineurs placés à l’Ase ne s’adressant qu’aux parents présents en France. Leurs savoirs constituent un indicateur crucial montrant l’importance de leur rôle dans la co-éducation, l’évolution des pratiques professionnelles et l’amélioration de la prise en charge institutionnelle.

 

 

 

COMMUNICATION 2

 

Ce que les jeunes nous disent de leur santé et des conduites addictives en protection de l’enfance

Communicant.es

Louis Mathiot et Séverine Euillet, CREF, Université Paris Nanterre

 

Dans le cadre d’une recherche en sciences de l’éducation et de la formation, 29 mineur.es concerné.es par une mesure de protection de l’enfance ont été rencontré.es pour évoquer leur perception de leur santé et des conduites addictives. Cette proposition s’appuie sur une reconnaissance des savoirs expérientiels des jeunes en situation de vulnérabilités sur deux thématiques tout autant taboues que centrales et complexes. En démontrent les dernières parutions de données en santé (enquête PJJ en 2025) et de recommandations en termes de pilotage politique (HAS, 2025), et cela dans un contexte sociétal où l’inquiétude pour la jeunesse, sa santé et ses conduites addictives est grandissant (Génolini & Perrin, 2016). Aussi, la question fondamentale qui va être évoquée lors de cette communication est la suivante : comment les jeunes concerné.es par une mesure de la protection de l’enfance perçoivent-ils.elles leur santé et les conduites addictives ?

Il s’agit d’une partie d’une recherche plus large, nommée RESSOPE, soutenue par le conseil scientifique de l’ONPE qui a également investigué le point de vue des professionnel.les socio-éducatifs. De plus, la mise en place d’un programme de prévention des conduites addictives (AUTONOMIA) a été étudiée (par observations et entretiens). L’analyse des discours des jeunes met en évidence 5 axes majeurs : la co-existence d’une perception de la santé comme une absence de maladie avec une conception d’une santé bien-être mais toujours altérée par les consommations, l’absence de consommation festive au bénéfice d’une recherche d’effets apaisants par les produits , une connaissance fine des processus de dépendance et d’addiction, une forte responsabilité individuelle des conduites addictives sous forme d’hyperculpabilisation et enfin, le poids du contexte socio-émotionnel dans lequel vivent ces jeunes lors de leur placement.

La présentation de ces 5 axes d’analyse permettra de mettre en discussion les différents dispositifs et modalités d’intervention socio-éducative à l’attention de ces jeunes et de leurs familles mais aussi les pistes de recherche en éducation familiale.

 

 

 

COMMUNICATION 3

 

Que disent et produisent les enfants de foyer quand on leur propose une correspondance avec des pairs à l’étranger ? Une comparaison Chili-France.

Communicant.e.s

Muriel Armijo Cabrera, Universidad Central, Chili

Benjamin Denecheau, Université Paris-Est Créteil, LIRTES, France

Séverine Euillet, Université Paris Nanterre, CREF, France

 

La recherche présentée porte sur une comparaison initiée avec des enfants d’une dizaine année du Chili et de France, à partir d’une correspondance entre les deux pays. Nous avons demandé à 7 enfants en France et 16 au Chili ce qu’ils souhaitaient envoyer ou demander à des enfants de leur âge, dans une situation similaire de placement, et qui vivaient dans un pays étranger. Ils ont établi une correspondance composée de textes, dessins, pliages, messages audios et vidéos au cours d’une dizaine de séances étalées sur quatre mois.

La communication présentera et discutera des premières analyses de ces échanges et de ces matériaux. Que transmettent-ils de leur expérience quotidienne enfantine à des enfants d’un autre pays, inconnu, qui vivent la même situation ? Comment reçoivent-ils les propositions dont ils sont destinataires ? Qu’en disent-ils ? Qu’est-ce qui les étonne ?

Nous suivons une démarche de comparaison contextualisée, au-delà de l’échelle de deux pays (Dogan, 1994), c’est-à-dire en interrogeant et en identifiant les contextes qui permettent d’ajuster l’analyse. C’est au fur-et-à-mesure des réflexions comparatives que nous avons identifié des situations et des expériences similaires ou différentes et que nous avons progressivement tiré les fils de l’analyse, souvent par l’« étonnement sociologique » (Mendras, 1995).

Nos analyses comparatives s’appuieront donc sur l’analyse du monde social à partir de ce que disent les enfants (Lignier et Pagis, 2012) et de ce qu’ils produisent (Vitores, 2025). La correspondance débute par des questions très larges sur des situations qui leur sont inconnues, puis la correspondance aborde des éléments de leur vie quotidienne (la nourriture, les lieux d’habitation, les loisirs du quotidien) et se dessinent progressivement des points communs et des différences dans leur expérience d’enfants, laissant entrevoir les inégalités qui les séparent.

 

 

 

COMMUNICATION 4

Donner voix aux mères tunisiennes : savoirs expérientiels et dynamiques éducatives en protection de l’enfance

Communicante

Nada Soula, doctorante, CREF Université Paris Nanterre en co-tutelle Université de Sousse, Tunisie

 

En Tunisie, la protection de l’enfance s’appuie depuis 1995 sur un Code pionnier en matière de prévention et de maintien de l’enfant dans son milieu familial. Pourtant, les familles en situation de pauvreté continuent de rencontrer de nombreux obstacles, notamment dans l’accès aux soins, à l’éducation et aux services sociaux. Dans ce contexte, les mères développent au quotidien des pratiques éducatives marquées par la créativité et la résilience, mais aussi par une charge émotionnelle et sociale considérable.

Cette communication s’appuie sur une recherche doctorale qualitative menée auprès de 57 mères tunisiennes dont les enfants sont suivis dans des dispositifs de protection de l’enfance en milieu ouvert. En mobilisant le modèle écologique de Bronfenbrenner, l’analyse des entretiens permet de distinguer différents niveaux de contraintes et de ressources : au microsystème, le poids de la précarité et l’inquiétude constante pour l’avenir des enfants ; au mésosystème, des liens faibles ou conflictuels entre familles, école, santé et services sociaux ; aux niveaux exo et macro, des politiques ambitieuses mais des ressources limitées qui fragilisent la mise en œuvre.

Au-delà des résultats, cette recherche soulève des défis méthodologiques et éthiques :

Comment instaurer une relation de confiance dans un contexte d’asymétrie entre chercheur et participantes ?

recueillir des récits sensibles sans raviver un sentiment de stigmatisation ?

Comment restituer ces paroles sans les réduire à une logique de déficit, mais au contraire les valoriser comme des savoirs expérientiels légitimes ?

Enfin, comment penser la recherche non seulement comme un outil académique mais aussi comme un espace de reconnaissance, de dignité et de transformation sociale ?

En plaçant les mères comme co-productrices de savoirs éducatifs, cette étude invite à reconsidérer la recherche en éducation familiale comme un processus participatif, où les récits parentaux ne sont pas seulement des données mais des leviers pour repenser les pratiques, les politiques et les dispositifs de protection de l’enfance.

 

 

 

COMMUNICATION 5

Entre perte et reconstruction : le vécu des mères biologiques dans le cadre du programme Banque mixte

Communicantes

Julie Noël, Université de Sherbrooke et Déborah Ummel, Université de Lausanne-Mouline.

 

Au Québec, lorsque le retour d’un enfant placé dans sa famille d’origine est peu probable, des mesures sont mises en place pour favoriser la stabilité des liens avec le milieu d’accueil. Le programme « Banque mixte » permet à des familles souhaitant adopter d’accueillir un enfant en tant que famille d’accueil jusqu’à ce celui-ci soit admissible à l’adoption. Pour plusieurs mères biologiques, ce type de placement entraîne un profond sentiment de perte, tant affective que quotidienne, marquée par la disparition de routines et du rôle parental actif. Le placement peut leur faire vivre une suspension de leur vie, les empêchant d’avancer sans leur enfant. Ainsi, malgré l’absence de contact, certaines de ces mères développent une parentalité symbolique pour maintenir leur statut de « maman » par exemple en conservant de nombreux objets liés à l’enfant maintenant placé. On observe aussi que l’identité parentale reste fragilisée, souvent stigmatisée, et les mères peuvent vivre un sentiment d’exclusion ou encore, un « deuil interdit ou désaffranchi », sans reconnaissance sociale ni soutien.

Pour plusieurs de ces mères, la maternité représente la principale source de valorisation sociale, ce qui peut les mener à vivre de nouvelles grossesses dans l’espoir de retrouver ce statut. Le manque de réseau social et le secret entourant le placement de leur(s) enfant(s) peuvent accentuer l’isolement et la souffrance. Malgré ces situations d’adversité, les mères déploient et mobilisent des ressources internes et externes au cours du processus de placement et d’adoption pour se sentir mieux, voire pour survivre.

La communication présentera les résultats d’une étude qualitative menée auprès de sept mères ayant un enfant placé ou adopté dans une famille de la « Banque mixte ». Cinq thèmes principaux ont été explorés dans le cadre des entrevues de recherche : 1) les émotions ressenties, 2) les croyances et le sens donné au placement ou à l’adoption, 3) les réactions face aux pertes, 4) la perception du rôle du système sociojudiciaire pour les soutenir et 5) celle de l’entourage dans ce processus de placement et d’adoption. Des recommandations en lien avec l’intervention seront en outre proposées et discutées.

 

 

 

COMMUNICATION 6

L’expérience de parent d’enfant placé dans la recherche universitaire 

Communicant.es

Parent citoyen de la Ville de Paris et Hélène Join-Lambert, CREF, Université Paris Nanterre

 

Depuis 2021, des travaux de recherche sont conduits avec l’Observatoire parisien de la protection de l’enfance. L’objectif est d’impliquer les parents dont les enfants sont suivis en protection de l’enfance afin qu’ils

  • Contribuent à la définition des objectifs du schéma départemental (projet Copa75)
  • Co-construisent, avec des professionnels et des jeunes, des outils permettant une meilleure participation des personnes aux décisions les concernant (Cosup75).

 

Dans la recherche Coopa75, une grande partie du travail a été réalisée avec un groupe de parents, lors de réunions régulières. Ce groupe a créé un questionnaire et formulé des recommandations inscrites au schéma.

Un premier résultat de Copa75 a été de s’accorder collectivement sur des recommandations d’amélioration. Un deuxième résultat est de rendre visibles les expériences des parents face aux institutions, notamment en s’appuyant sur un questionnaire rempli par 121 parents. Un troisième a été la mise en place d’un groupe de travail multi-partite mobilisant des professionnels, des jeunes et des parents pour réfléchir ensemble à la participation. Ce groupe de travail a été piloté par l’Observatoire parisien, et observé par l’équipe de recherche afin de comprendre comment la co-construction pouvait fonctionner au sein d’un tel groupe.

 

Dans cette communication, une chercheuse et un parent reviendront sur la manière dont les parents ont vécu leur implication dans la recherche universitaire.

Nous nous appuierons sur les retours faits par les parents lors des bilans des deux recherches : par entretien individuel en juin 2022 et par focus-group en 2025.

Au final, que retiennent-ils de ce travail collectif ?

D’un côté, partager son savoir d’expérience sur l’institution, échanger avec d’autres parents, voir ses paroles reformulées pour aboutir à des recommandations communes : quelles répercussions cela a-t-il individuellement et collectivement ? De l’autre, les attentes vis-à-vis de la recherche et de l’institution, pour faire évoluer les pratiques et que les droits des parents soient mieux pris en compte, ne sont-elles pas déçues ?

 

 

 

COMMUNICATION 7

 

Devenir parent-chercheuse : faire de questionnements sur la parentalité une expertise

Communicant.es

Université populaire de Parents d’Arcueil

Chloé Riban, CREF, Université Paris Nanterre

 

Les universités populaires de parents (UPP), dispositifs portés généralement par des centres sociaux avec l’appui d’une association nationale, favorisent le déploiement d’un travail de recherche par les parents eux-mêmes. Un·e chercheureuse est recruté·e par chaque UPP pour accompagner le processus. Chaque UPP développe sa propre question de recherche mais l’avancée est collective, rythmée par des séminaires annuels. Les résultats sont ensuite présentés dans un rapport et lors d’un colloque, mais aussi portés auprès d’institutions publiques.

L’UPP d’Arcueil s’est constituée en 2022. La dizaine de mères la constituant a d’abord cheminé pour élaborer sa question de recherche, relative à ce qui influence la place du père dans la famille. Le groupe s’est rassemblé autour de cette interrogation, qui traverse l’ensemble des configurations familiales des participantes, les interpellant donc à la fois individuellement et scientifiquement. Cela a permis l’identification progressive d’une autre posture face à ce sujet : de mère concernée à mère enquêtrice. Fondée sur une approche qualitative, à même de saisir le vécu des parents et les dynamiques à l’œuvre, l’enquête collective s’appuie sur une dizaine d’entretiens semi-directifs (avec des pères et des mères) soigneusement préparés et menés par les mères-chercheuses. Leur analyse des résultats permettra de mettre en exergue la place des pères dans les familles et la manière dont les personnes lui donnent sens, en fonction de leur parcours de vie.

De nouveaux positionnements sont expérimentés collectivement. Les mères-chercheuses s’attellent au travail de recherche, à son exigence de rigueur et à ses enjeux, elles convertissent des savoirs expérientiels en outils méthodologiques. Leur analyse de leurs propres dynamiques familiales s’enrichit d’une compréhension plus profonde des reconfigurations à l’œuvre dans la société française et des tensions qui la traversent, faisant d’elles des expertes de leur propre expérience. Ce sont elles qui communiqueront lors du symposium.

 

 

 

COMMUNICATION 8

 

Du vécu parental au dispositif de formation : Analyse du processus de co-construction participative dans un dispositif de co-formation (dans le cadre du projet Erasmus + Cotraso

Communicant.es

Virginie Avezou-Boutry et Anna Rurka, CREF, Université Paris Nanterre

 

 

La question de la prise en compte des vécus familiaux et des savoirs d’expériences parentaux constitue aujourd’hui un enjeu pour les recherches en éducation familiales. Les expériences des parents restent fréquemment cantonnées au registre du témoignage ou à une fonction illustratrice, sans être pleinement reconnues comme des savoirs légitimes et heuristiques essentiels pour comprendre les dynamiques éducatives.

L’analyse de l’expérimentation présentée dans cette communication s’inscrit dans ce contexte. Elle est mise en œuvre dans le cadre du projet Erasmus+ Cotraso, dont l’objectif est de participer au développement des dispositif s de formation participatifs intégrants des personnes directement concernées comme des acteurs à part en entière de formation. L’expérimentation prend place au sein du Master Efise de l’Université paris Nanterre et vise à concevoir et analyser un module de co-formation réunissant des parents accompagnés par une structure de soutien à la parentalité et des étudiants se formant aux métiers de l’intervention sociale et éducatives.

L’étude de cette expérimentation vise à analyser tout au long du processus les conditions rendant possible la participation des parents, identifier les dynamiques induites pas ce processus et interroger la manière dont les savoirs d’expériences parentaux peuvent être reçus, reconnus et transformés dans un espace universitaire de formation. Elle s’appuie sur une démarche qualitative adaptée articulant : observations du processus de travail, entretiens, analyses de traces écrites produites tout au long du processus et une réflexivité continue des chercheuses. Les données permettront d’examiner les dimensions participatives, pédagogiques et administratives ainsi que les effets de cette participation sur les acteurs et sur la démarche de recherche elle-même.

Cette présentation s’appuiera sur les premières phases de cette expérimentation consistant à la création d’un groupe mixte, composé des parents, étudiants, professionnel et chercheurs visant à co-construire le contenu de la co-formation. La communication présentée se centrera sur l’analyse du partenariat avec la structure de soutien à la parentalité, travail sur les conditions d’implication / engagement des parents et des étudiants et leur préparation au travail de co-construction, et engagements institutionnels préalables. Ces étapes loin d’être anecdotiques, constituent des données particulièrement riches pour rendre compte des enjeux de participation, de justice épistémique et de sécurisation des acteurs concernés.

 

 

[1] Thèse en sciences de l’éducation et de la formation réalisée au Centre de recherches Éducation et Formation (Cref) de l’Université Paris Nanterre.

 

S32 : Jardins inclusifs et classes dehors : des défis socioécologiques aux approches pédagogiques écosensibles
+
jeudi 23 avril 2034, 14h00-16h30, Salle 21.2.32

Responsable.s du symposium

FRANCIS Véronique veronique.francis@univ-orleans.fr

Entité Recherche

ÉRCAÉ, UR 7493, Université d’Orléans

Entité professionnelle

Résumé

Depuis les années 2000, l’agenda des politiques éducatives intègre les défis socioécologiques, reflétant l’évolution des rapports entre société et environnement. Dans ce contexte, les approches pédagogiques écosensibles s’affirment comme des réponses aux défis de l’hypermodernité marquée par une accélération des rythmes sociaux et une déconnexion croissante des milieux naturels (Rosa, 2012). Considérer le cadre des trois écologies, environnementale, sociale et psychique (Guattari, 1990), permet de penser l’éducation dans une approche écosensible en dépassant la traditionnelle opposition entre nature et culture, et en envisageant les interactions entre vivants humains et non-humains (Francis, 2019).

Ce symposium explore les liens entre éducation dehors et dynamiques d’émancipation, depuis plusieurs contextes géographiques (Antilles, France hexagonale, Italie, Brésil) et institutionnels (écoles maternelles et élémentaires, structure de soin).

La première communication, centrée sur l’éducation par le jardin créole, s’inscrit dans un champ de recherche sur les jardins pédagogiques et leurs effets sur les apprentissages, les interactions sociales et les compétences psychosociales (Vachon et al., 2024 ; Dondon Zou, 2023 ; Zwang et al., 2023). La seconde communication élargit la focale en abordant les « jardins inclusifs » comme dispositifs de green empowerment dans les structures de soin et les contextes éducatifs, grâce aux travaux fondateurs sur les jardins thérapeutiques et les environnements restaurateurs (Kaplan & Kaplan, 1989 ; Kaplan, 1995 ; Cooper Marcus & Barnes, 1999). La troisième contribution, qui mobilise des recherches récentes sur les approches écosensibles et les médiations entre nature et bien‑être (Dabaja, 2023), souligne les formes d’éco‑sensibilité partagée entre école et foyers. Enfin, en s’appuyant sur la sociologie de l’enfance (Corsaro, 2011 ; Santos et al., 2022), la communication consacrée à la culture enfantine en classe dehors, analyse comment les enfants expérimentent d’autres façons d’« habiter le monde » et de tisser les liens entre école, familles et espaces de plein air.

Le symposium offre un espace de dialogue interdisciplinaire à la croisée des approches didactiques, pédagogiques, anthropologiques, écopsychologiques. L’éducation dehors y est abordée comme levier d’émancipation et de justice écologique, tout en questionnant les enjeux, tensions, contraintes et rapports de pouvoir impliqués dans l’accès aux espaces extérieurs, en milieux naturels et urbains.

Intervenants

DABAJA Ziad F. dabajaz@uwindsor.ca, DONDON ZOU Régine regine.dondon@univ-antilles.fr, FRANCIS Véronique veronique.francis@univ-orleans.fr, MONTEIRO Anelise anelise.ufrrj@yahoo.com.br, PILERI Anna anna.pileri2@unibo.it, WLBURGA Maria walburgaufscar@gmail.com,

Programme

COMMUNICATION 1
Un vécu expérientiel collectif de l’éducation par le jardin créole, inscrit dans l’éducation au développement durable
en maternelle
Régine Dondon Zou
Université des Antilles

La communication ici présentée se réfère à l’objet socio-éducatif qu’est le jardin, pris dans les
sociétés antillaises. Le premier pan de l’état de l’art prend ancrage dans le champ de recherche en émergence qu’est l’éducation par le jardin. Deux orientations prévalent selon les acteurs ciblés. Vachon et al. (2024), comme Duchemin (2019), rapporte les retombées observées sur les élèves dans un ensemble d’analyses internationales. Puis, à l’instar de Dring et al. (2020), cette équipe fait état des effets d’un programme d’enseignement alternatif par le jardin sur des intervenant.es en milieu scolaire. Les indicateurs de développement humain à travers le jardin sont divers. Belle (2024) s’est penché sur les qualités des interactions sociales élève-élève et élève-maître manifestées par les élèves. Le second volet de notre revue de littérature décline cette éducation au jardin créole, qui est une référence socio-scientifique dans ces territoires (Durizot 2008, Degras 2016, Lemoigne 2016). La pertinence de cet agrosystème dans la double éducation aux sciences et au développement durable sera discutée (Dondon, 2023). La question du vécu expérientiel dans l’appropriation du jardin créole par des communautés de pratique se pose. Trois cas de mise en pédagogie concernent une classe de CE2 en Guadeloupe (Zammit 2015), une classe de maternelle (TPS/PS) en Martinique (Ouka 2022), et une classe de MS d’une école urbaine de Guadeloupe. Les enseignantes sondées perçoivent un renforcement des compétences psychosociales de leurs élèves et l’amélioration du vivre-ensemble, ce qui est congruent des observations d’autrices et auteurs cités vide supra.

COMMUNICATION 2
Jardins inclusifs : expériences de green empowerment à l’hôpital et dans les contextes éducatifs
Anna Pileri
Département des Sciences de l’Éducation « Giovanni Maria Bertin », Université de Bologne

Au cours des dernières années, l’idée de « jardin inclusif » s’est imposée comme un paradigme d’intervention reliant trois axes fondamentaux : la nature comme contexte pédagogique, l’inclusion comme principe de conception et le green empowerment comme processus de renforcement individuel et collectif. Grâce à de multiples études (Kaplan, 1995 ; Cooper Marcus & Barnes, 1999 ; Khatoon Jaan Din et al., 2023), il a été démontré que les jardins inclusifs favorisent l’apprendisage et la réhabilitation. Cette contribution explore deux domaines d’application : (1) les environnements hospitaliers et (2) les contextes éducatifs. Dans le premier domaine, les « jardins thérapeutiques » ou healing gardens offrent des espaces conçus pour soutenir la santé physique et mentale des patients, des familles et des professionnels (Kaplan & Kaplan, 1989 ; Pileri, 2020 ; Gigli, 2020), soulignant l’importance d’une implication interdisciplinaire et d’acteurs variés (médecins, architectes paysagistes, pédagogues, psychologues, éducateurs etc.) pour garantir accessibilité, praticabilité et bien-être. Dans le second domaine, les projets d’horticulture, les jardins scolaires ou communautaires servent de « laboratoires verts » de participation, d’apprentissage sensoriel, d’empowerment et d’inclusion pour tous, avec une attention particulière aux personnes les plus exposées au risque d’exclusion. À travers un panorama d’expériences italiennes, cette contribution analyse les modalités de conception, les outils pédagogiques, les critères d’inclusivité (outils et parcours accessibles, conception participative, etc.) et les indicateurs de green empowerment (auto-efficacité, autonomie, compétences vertes, cohésion sociale). Les limites sont également prises en compte de manière critique : manque de ressources, faible intégration dans les parcours institutionnels et difficulté d’évaluation systématique des résultats. Un modèle intégré est proposé, combinant conception accessible, pédagogie basée sur la nature, l’éco-psicologie, afin de transformer les jardins en « espaces de pouvoir vert » (green empowerment) capables de promouvoir le bien-être, l’apprentissage et le développement d’une communauté profondément connectée à son environnement naturel et engagée dans sa préservation.
Mots-clés : jardins inclusifs, green empowerment, réhabilitation, éducation.

COMMUNICATION 3
Éduquer dehors : relever les défis émancipatoires pour les professionnels et les familles
Ziad Dabaja
Véronique Francis 


Les recherches actuelles montrent que l’intégration de la classe en plein air par les enseignants du primaire transforme la perception de l’école et de l’apprentissage chez les enfants et leurs parents, favorisant une émancipation vis-à-vis de la forme scolaire traditionnelle (Kosta, Keramitsoglou, & Tsagarakis, 2022; Mann et al., 2022). Cette communication explore comment l’éducation en plein air dans les écoles primaires françaises contribue à cette dynamique émancipatrice, en écho aux travaux sur l’éducation à l’environnement et la connexion à la nature chez les élèves et leurs familles (de Jaime, Ortiz, & Rodrigo, 2023). La classe dehors permet une transformation profonde des pratiques pédagogiques en promouvant l’autonomie, la pensée critique et l’engagement social des enfants et des adultes, ce que confirment plusieurs travaux en outdoor learning et Forest School (Dabaja, 2021; Leather, 2018). Les enseignants passent du rôle d’autorité à celui de facilitateur, tandis que les familles redécouvrent leur lien avec la nature et participent plus activement aux apprentissages. 
La présentation interrogera les effets de ces expériences : les enfants incitent-ils leurs familles à explorer davantage la nature en dehors du cadre scolaire, comme le suggèrent des recherches sur les effets des programmes d’éducation environnementale sur les pratiques familiales (de Jaime et al., 2023) ? Peut-on observer l’émergence d’une nouvelle éco-sensibilité et d’un regain d’intérêt pour l’éducation à l’environnement, en cohérence avec les effets identifiés des programmes d’éducation à l’environnement sur les attitudes et les comportements des enfants (Jaime et al., 2023; Wells & Lekies, 2006) ? Malgré certaines contraintes institutionnelles et logistiques, cette approche renforce la relation école-famille et encourage une coéducation fondée sur la coresponsabilité, ce que mettent également en évidence des travaux sur l’articulation école–famille–communauté en éducation à l’environnement (Sencovici, 2017) [. Elle plaide enfin pour une école plus collaborative et centrée sur la nature, au service de la durabilité, de la coopération et du bien-être des communautés. 
Mots-clés : classe dehors ; coéducation école-famille ; éducation à l’environnement. 



COMMUNICATION 4
Entre gâteaux et chocolat chaud, pratiques familiales et expérience enfantine en classe dehors.
Véronique FRANCIS, Université d’Orléans, ERCAE, UR 7493
veronique.francis@univ-orleans.fr
Anelise Monteiro do Nascimento, Université de Rio
anelise.ufrrj@yahoo.com.br
Maria Walburga dos Santos, Université de São Carlos
walburgaufscar@gmail.com

Depuis les années 2000, les politiques éducatives intègrent les questions liées à l’écologie, ce qui reflète l’évolution des rapports entre société et environnement (Francis et Palandri Sigolo, 2023). Dans ce contexte, les approches pédagogiques écosensibles émergent comme des réponses aux défis de l’hypermodernité (Rosa, 2012; Francis, 2019 ; Tiriba, 2024) marquée par une accélération des rythmes sociaux et une déconnexion croissante aux milieux naturels (Guattari, 1990). Cette communication s’inscrit dans le cadre d’une recherche-action menée en France entre 2022 et 2024 avec la Communauté de Pratiques Jouer, enseigner, apprendre, se former dehors (CoP JeAFOD), pour documenter les pratiques et les enjeux éducatifs, pédagogiques, écologiques, et socioaffectifs de la classe dehors. L’analyse est réalisée à partir d’observations des pratiques d’une participante de la CoP dans une école maternelle qui met à disposition des enfants bidon d’eau et ustensiles de cuisine. 
En « faisant la cuisine », les enfants transposent dans le jeu les rôles occupés par les adultes. Ils initient une intrigue délicate, croisant leurs perceptions des rôles joués dans la famille dans les interactions avec leurs pairs. Le jeu, principale caractéristique de l’enfance, conduit à une série d’expérimentations par lesquelles les enfants apprennent du quotidien (Brougère et Ulmann, 2022). Il permet une reproduction interprétative des informations du monde adulte et construit une culture entre pairs. “Faire des gâteaux et du chocolat chaud” grâce à l’eau, la terre, les cailloux, l’herbe,… c’est expérimenter des situations qui, alimentées par les différents membres du groupe et l’environnement, provoquent l’action des enfants, les insérant dans des pratiques qui questionnent leurs conceptions, suscitent des doutes et créent de nouvelles perceptions du monde. L’analyse montre combien le jeu permet d’appréhender et de comprendre les différentes façons de vivre des enfants et de vivre l’enfance, de (re)signifier l’éducation et ses pratiques (Santos, Tomazzetti et Marcolino, 2023). Par ailleurs, cette situation de classe dehors nous éclaire sur les espaces où se jouent les liens entre école et familles imbriqués à la relation sensible avec la nature et la planète. 

 

S33 : Construire des environnements éducatifs inclusifs : apports et tensions des alliances éducatives
+
vendredi 24 Avril 2029, 10h00-12h30, Salle 17.2.14

Responsable.s du symposium

PONCELET Débora Professeure associée debora.poncelet@uni.lu CARTON Tabatha Assistante tabatha.carton@umons.ac.be

Entité Recherche

Université du Luxembourg Université de Mons-Hainaut – Belgique

Entité professionnelle

Résumé

Le contexte éducatif contemporain se caractérise par une augmentation des inégalités, une diversification des publics et une fragmentation croissante des parcours scolaires, marquée par des transitions peu coordonnées et des ruptures d’accompagnement. Ces dynamiques renforcent le risque de sorties précoces du système éducatif, en particulier pour les élèves issus de milieux vulnérables, et constituent un défi majeur pour les systèmes éducatifs. Les organisations internationales soulignent dès lors la nécessité de développer des approches inclusives capables d’assurer la continuité et l’équité des apprentissages. La recherche montre que ces enjeux se construisent à l’intersection de multiples niveaux d’action, articulant pratiques pédagogiques, ressources institutionnelles, relations entre acteurs et stratégies familiales. Dans cette perspective, la littérature met en évidence le rôle central des alliances éducatives comme configurations de coopération entre acteurs éducatifs. Ces alliances s’expriment aux niveaux micro, méso et macro du système éducatif et constituent des espaces où se négocient valeurs, normes, attentes et rapports de pouvoir. Elles apparaissent ainsi comme un levier essentiel pour prévenir la fragmentation des parcours et promouvoir une éducation véritablement équitable et inclusive.

Intervenants

BOCK Jonathan jonathan.bock@uni.lu, BOSSUT Elise elise.bossut@umons.ac.be, CARTON Tabatha tabatha.carton@umons.ac.bes, GIANOULTSIS Elena elena.gianoultsis@umons.ac.be, MOÏSE Marine marine.moise@u-bordeaux.fr, PONCELET Debora debora.poncelet@uni.lu, VIATOUR Guillaume guillaume.viatour@uni.lu,

Programme

Le contexte éducatif actuel se caractérise par l’accroissement des inégalités, la diversification des publics, la discontinuité des trajectoires scolaires et la fragmentation des parcours, comme en témoignent les transitions peu coordonnées, la coexistence de dispositifs parallèles et les ruptures d’accompagnement affectant particulièrement les élèves issus de milieux vulnérables (Durand, 2021 ; Paquelin, 2020 ; Barrère & Delvaux, 2017). L’ensemble de ces éléments, comme le rappellent l’OCDE (2023) et l’UNESCO (2020 ; 2021), constitue un défi majeur pour le système éducatif en augmentant le risque de sorties du système et en renforçant la nécessité d’approches véritablement inclusives capables d’assurer la continuité et l’équité des apprentissages
Les organisations internationales (OCDE, 2023 ; UNESCO, 2020, 2021) soulignent l’importance, dans ce contexte, de construire des environnements éducatifs capables de reconnaître la diversité, de soutenir la participation de tous les apprenants et de prévenir les obstacles à l’apprentissage. Et les recherches montrent également que ces ambitions se concrétisent au croisement de multiples niveaux d’action, là où s’articulent pratiques pédagogiques, ressources institutionnelles, relations entre acteurs et stratégies familiales (Andreella et al., 2024 ; Verhoeven & Shaik, 2017 ; Barrère & Delvaux, 2017).
Dans cette perspective, la littérature met en évidence le rôle déterminant des alliances éducatives, entendues comme des configurations de coopération plus ou moins institutionnalisées entre acteurs œuvrant, à des degrés divers, au développement et à l’accompagnement des enfants et des jeunes (Poncelet et al., 2013 ; Gilles et al., 2012 ; Blaya et al., 2011). À l’échelle micro, ces alliances s’incarnent dans les relations école–famille et dans les interactions quotidiennes qui façonnent les parcours (Blaya et al., 2011). À l’échelle méso, elles prennent la forme de partenariats interprofessionnels ou intersectoriels visant à renforcer la cohérence des interventions et à dépasser les logiques fragmentées des dispositifs éducatifs (Poncelet et al., 2013). À l’échelle macro, elles s’inscrivent dans des cadres politiques et territoriaux qui définissent les ressources, les contraintes et les marges d’action des institutions éducatives (UNESCO, 2021). Ces alliances ne sont pas seulement des mécanismes fonctionnels, elles constituent des espaces où se négocient des valeurs, des normes implicites, des attentes réciproques et, parfois, des tensions liées à la distribution inégale des ressources (Pileri et al., 2023 ; Ogay, 2017).
Les contributions réunies dans ce symposium s’inscrivent pleinement dans cette compréhension élargie des alliances éducatives et permettent d’en saisir la pluralité des formes aux différents niveaux du système. À l’échelle méso, l’étude de Gianoultsis analyse la manière dont la coévolution peut réduire (ou non) les asymétries et devenir un levier de redistribution du pouvoir académique et de justice sociale. Bossut et ses confrères, quant à eux, examinent la façon dont les étudiants construisent et vivent l’inclusion, au regard des politiques éducatives en rigueur. Ces travaux documentent la manière dont les ressources institutionnelles et pédagogiques participent (ou non) à créer des environnements soutenants.
 
À l’échelle micro, deux contributions interrogent la manière dont les milieux de vie et les engagements familiaux participent à structurer les parcours éducatifs. Viatour et ses confrères s’intéressent aux compétences numériques émergeant au sein des foyers, révélant le rôle souvent invisible des ressources familiales dans les apprentissages. La recherche menée par Carton et son équipe porte sur les choix parentaux à la marge et met en relief des profils familiaux variés, offrant une autre modalité d’alliance éducative façonnée par les engagements et arbitrages familiaux.
Enfin, à l’interface du macro, micro et du méso, l’étude de Bock et de ses collègues analyse, à travers le dispositif Alpha – Zesumme wuessen mis en place au Luxembourg, les perceptions des acteurs scolaires en identifiant les leviers et les ajustements mobilisés en contexte plurilingue. Cette contribution illustre la manière dont les coopérations entre école et familles se reconfigurent dans des environnements institutionnels multilingues et en constante évolution.
Ensemble, ces contributions éclairent la manière dont les alliances, effectives, potentielles ou empêchées contribuent à reconfigurer les relations entre apprenants, enseignants, familles, institutions et territoires, et constituent un levier essentiel pour avancer vers une éducation équitable et véritablement inclusive.

 
Abstract 1

L’évaluation en double perspective Gianoultsis, E.
(E. Gianoultsis – elena.gianoultsis@umons.ac.be – Université de Mons-Hainaut)
Mots-clés : Enseignement universitaire – Evaluation par les pairs – Co-évaluation

L’évaluation par les pairs constitue un outil pédagogique de plus en plus mobilisé dans l’enseignement supérieur, reconnue pour son rôle dans l’engagement actif des étudiants et la régulation des apprentissages (Lerchenfeldt et al., 2019). L’évaluation par les pairs est souvent associée au développement de la réflexivité, par le renforcement des capacités d’auto- évaluation et de jugement critique ; elle participe également à l’émergence de dynamiques collaboratives fondées sur l’échange de perspectives et se traduit par une amélioration de la qualité des productions étudiantes lorsque les retours sont structurés et accompagnés (Topping, 2009 ; Gielen & De Wever, 2015 ; Raynault et al., 2022).
Si ses bénéfices formatifs sont largement documentés, la question de sa validité sommative reste débattue. Les jugements entre pairs peuvent-ils être considérés comme suffisamment fiables et légitimes pour se rapprocher de ceux de l’enseignant ? C’est à cette interrogation que répond cette recherche, menée auprès d’une cohorte de près de 300 étudiants de troisième bachelier. L’analyse quantitative inférentielle vise à mesurer le degré de convergence entre les notations étudiantes et enseignantes, tout en identifiant les conditions qui favorisent ou limitent cette convergence. Au-delà d’une comparaison chiffrée entre notations étudiantes et enseignantes, cette étude interroge le statut de l’évaluation par les pairs dans l’enseignement supérieur. Elle examine dans quelle mesure ce dispositif peut être reconnu comme un outil de justice évaluative, en limitant les asymétries de pouvoir et de légitimité entre enseignants et étudiants. En ce sens, l’analyse ne se réduit pas à la question de la fiabilité des jugements, mais vise à éclairer les conditions dans lesquelles l’évaluation par les pairs contribue à reconfigurer les rapports au savoir et au jugement, dans un contexte marqué par la massification des effectifs et la diversité croissante des parcours.


Abstract 2


L’enseignement supérieur face au défi de l’inclusion : enquête auprès d’étudiants de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Bossut, E.
(E. Bossut – Elise.BOSSUT@umons.ac.be – Université de Mons-Hainaut)
Mots-clés : Inclusion – Enseignement supérieur – Parcours étudiants


La notion d’inclusion occupe aujourd’hui une place croissante dans les débats sociaux, politiques et académiques. Elle est comprise comme un processus dynamique visant la participation équitable de tous les individus à la vie collective, indépendamment de leurs différences ou de leurs vulnérabilités (CIVICUS, 2018 ; Williamson et al., 2022). Dans le domaine de l’éducation, l’inclusion ne se limite pas à la reconnaissance de la diversité.Elle implique la mise en œuvre de dispositifs concrets permettant d’assurer l’égalité des chances et de prévenir toute forme d’exclusion (Crevecoeur, 2022). L’enseignement supérieur joue à cet égard un rôle stratégique, puisqu’il constitue un levier décisif d’insertion sociale et professionnelle (Herbaut, 2019 ; Commission européenne, 2018).
Au niveau européen, les politiques éducatives insistent sur la nécessité de garantir l’accessibilité et la cohésion sociale, en renforçant la dimension inclusive des institutions (Zay, 2010 ; Geurts, 2020 ; Bossut, 2025). Toutefois, plusieurs travaux soulignent la persistance d’inégalités liées à l’autonomie institutionnelle, à la diversité des dispositifs et à la sensibilisation inégale des acteurs (Sivilotti, 2020 ; Angenot, 2021 ; Bodin & Laidebeur, 2024). Ces constats révèlent un écart entre les ambitions politiques et la réalité vécue par les étudiants, notamment en termes d’obstacles financiers, organisationnels ou relationnels rencontrés dans leur parcours.
Cette recherche, menée actuellement en Fédération Wallonie-Bruxelles, s’inscrit dans ce cadre et vise à explorer, à partir de récits étudiants, les facteurs qui favorisent ou freinent l’expérience d’inclusion dans l’enseignement supérieur. Pour ce faire, un guide d’entretien semi-directif a été élaboré, abordant différents thèmes tels que le contexte familial, le parcours académique, la situation financière, l’accessibilité institutionnelle, les difficultés personnelles ainsi que sociales ; afin de saisir la diversité et la complexité des expériences étudiantes. Cette démarche entend donner voix aux étudiants et mettre en lumière la manière dont l’inclusion se vit et se construit dans l’enseignement supérieur.
 
Abstract 3

Entre ambitions inclusives et réalités scolaires : les défis du projet Alpha Zesumme Wuessen
Bock, J. et Poncelet, D.
(J. Bock – jonathan.bock@uni.lu – Université du Luxembourg)
Mots-clés : Equité du système – Inclusion – Langue d’alphabétisation

Le système scolaire luxembourgeois, fondé sur une sélection précoce et un plurilinguisme hiérarchisé, demeure l’un des plus inéquitables d’Europe (Hirtt, 2007 ; Milligan et al., 2020 ; OCDE, 2023). Dans un contexte où plus de 67 % des élèves ne parlent pas le luxembourgeois à la maison (LUCET & SCRIPT, 2023), l’alphabétisation précoce en allemand, souvent langue étrangère pour eux, impose un double effort cognitif qui renforce les inégalités scolaires (Ball, 2011 ; Heugh, 2006 ; Walter & Benson, 2012). Face à ce constat, le projet-pilote Alpha Zesumme Wuessen vise à renforcer la littératie initiale et la coéducation dans une logique d’équité et d’inclusion (Hendriks, 2007 ; Pit-ten Cate & Krischler, 2018).

Notre étude menée auprès de parents et d’enseignants des écoles-pilotes révèle une mise en œuvre contrastée : compréhension variable du dispositif, communication inégale et satisfaction divergente. Comme le rappellent Benson (2004), Skutnabb-Kangas (2000) ou Tollefson & Tsui (2014), un dispositif inclusif ne garantit pas l’équité sans conditions concrètes favorisant la participation de tous les acteurs. Dans le cas du projet, cela suppose des informations claires et accessibles pour les familles, une formation au plurilinguisme pour les enseignants et une coordination inter-écoles efficace. Ces éléments influencent directement l’appropriation du projet (Coburn, 2003 ; Fullan, 2016), la qualité de la communication école-familles et, in fine, l’inclusion réelle de toutes les familles, condition essentielle d’une équité scolaire durable.

À la suite de la première évaluation du projet en 2025, plusieurs ajustements ont été introduits dans les écoles-pilotes, notamment en matière de communication, de soutien pédagogique et de collaboration avec les parents. Cette communication analyse la perception du projet par les acteurs scolaires et familiaux, identifie les leviers et limites de sa mise en œuvre et examine l’impact de ces adaptations sur l’implication et les représentations des enseignants et des parents.
 
Abstract 4

Faire le choix d’une école démocratique
Carton, T.
(T. Carton – Tabatha.CARTON@umons.ac.be – Université de Mons-Hainaut)
Mots-clés : Ecole démocratique – Profils parentaux – Choix éducatif

La littérature sur les choix éducatifs dits alternatifs souligne la place centrale des ressources parentales dans la possibilité de contourner ou de réaménager la scolarisation ordinaire (Van Zanten, 2009). Ces choix relèvent souvent de logiques de distinction et d’optimisation scolaire, inscrites dans les trajectoires des classes moyennes et supérieures, où la combinaison des capitaux économiques, culturels et sociaux permet de sélectionner des environnements éducatifs conformes aux valeurs familiales (Van Zanten, 2009 ; 2015). Ces choix éducatifs, comme l’indique Proboeuf (2021), sont surtout le fait de familles des classes moyennes supérieures et impliquent des arbitrages coûteux en matière d’organisation familiale, de réduction du temps de travail et d’investissement matériel et temporel, fortement conditionnés par le cadre institutionnel et réglementaire.

Si cette observation éclaire la situation française, elle prend un relief particulier dans le contexte belge francophone, où les écoles démocratiques ne bénéficient d’aucune reconnaissance officielle. La responsabilité légale des apprentissages incombe dès lors aux parents, et les enfants sont soumis à des contrôles réguliers organisés par la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de vérifier l’acquisition des compétences de base. Ce cadre, plus contraignant encore, reconfigure les arbitrages parentaux en leur conférant une dimension supplémentaire : assumer, au-delà du choix scolaire, une responsabilité éducative directe vis-à-vis de l’État.

Dans ce contexte, l’examen des profils parentaux vise à identifier les ressources mobilisées et les arbitrages réalisés pour rendre possible ce type de choix éducatif. Dès lors, cette communication s’appuie sur une enquête par questionnaire menée auprès de 24 familles ayant fait le choix d’une école démocratique pour leur enfant. L’analyse des données combine des analyses descriptives croisées, permettant de caractériser les configurations familiales, et des traitements inférentiels destinés à dégager des tendances plus générales. Les premiers résultats mettent en évidence une pluralité de profils parentaux, qui conduit à interroger les conditions dans lesquelles s’élabore l’engagement des familles et invite à nuancer les représentations homogénéisantes de ce type de choix éducatif.
 
Abstract 5

Une alliance éducative école-famille autour de la numératie émergente : soutenir et favoriser l’engagement familial à travers une intervention Family Math Night
Viatour, G. et Poncelet, D.
(G. Viatour – guillaume.viatour@uni.lu – Université du Luxembourg)
Mots-clés : Partenariat école-famille – Education non formelle – Equité


Cette communication s’inscrit dans une recherche visant à analyser les mécanismes de l’engagement familial dans le développement des premières compétences mathématiques chez les enfants de dernière année du préscolaire (5-6 ans), au moyen d’une intervention de type Family Math Night intégrée à un dispositif MTSS-K. Dans l’approche MTSS, les soutiens sont organisés selon trois niveaux : un Tier 1 universel, basé sur un enseignement explicite et des données probantes (1) ; un Tier 2 ciblé, offrant des activités différenciées en petits groupes (2) ; et un Tier 3 intensif, ancré sur des interventions individualisées (3). Ce cadre tend à optimiser les apprentissages et anticiper l’apparition de difficultés.
Bien que le MTSS soit historiquement centré sur les enfants, la littérature souligne le rôle déterminant des familles.
L’engagement familial est associé à des progrès socio-émotionnels, langagiers et cognitifs (par exemple, Castro et al., 2015 ; Roy & Giraldo-Garcia, 2018 ; Smith et al., 2020). Pourtant, peu de travaux intègrent une composante familiale au sein du MTSS (Gerzel-Short, 2018 ; Piehler et al., 2022 ; Wingate et al., 2018), notamment en numératie, alors qu’une collaboration structurée entre l’école et la famille favorise la cohérence des interventions (Weingarten et al., 2020).
Les Family Math Night s’inscrivent dans une démarche accessible et non formelle offrant aux familles la possibilité d’expérimenter des activités mathématiques simples et transposables au quotidien. Basée sur le modèle d’Hoover-Dempsey et Sandler (1995, 1997, 2005) et la théorie du comportement planifié d’Ajzen (1991), l’étude examine la manière dont les croyances, les normes perçues et le sentiment d’efficacité influencent l’implication des familles dans les activités mathématiques à domicile.
Un dispositif quasi-expérimental conduit auprès de familles issues de 20 classes belges et 20 chypriotes évalue cinq dimensions de l’engagement familial : encouragement, modélisation, soutien actif, intention d’implication et sentiment de contrôle. La communication se centrera plus précisément sur la méthodologie des Family Math Night, en détaillant les actions et matériels prévus à chaque palier : ressources universelles et ateliers familiaux au Tier 1, dispositifs de soutien ciblé et activités guidées pour groupes spécifiques au Tier 2, et le Tier 3 sera assuré par un suivi d’experts externes.
Elle éclairera la manière dont ce format participatif est en mesure de soutenir le développement des premières compétences mathématiques tout en contribuant à une éducation plus équitable, surtout dans des contextes où l’engament familial joue un rôle fondamental dans la diminution des inégalités scolaires.
 
 
Abstract 6

L’approche biographique pour améliorer l’accompagnement des jeunes raccrocheurs, une adaptation des alliances éducatives convoquées
Moïse, M.
(M. Moïse – marine.moise@u-bordeaux.fr – Université de Bordeaux)
Mots-clefs : Parcours de vie ; Ré-accrochage scolaire ; alliances éducatives

L’objectif de cette communication, en s’appuyant sur notre travail de recherche, vise à mettre en lumière la pertinence de l’approche biographique pour améliorer l’accompagnement de jeunes raccrocheurs au sein de structures de retour à l’école (SRE), dont la finalité est de favoriser leur ré-accrochage scolaire.
De nombreux travaux ont affirmé le caractère multifactoriel du processus de décrochage scolaire. Ceux de Gilles, Plunus, Renson, Polson et Dethier (2009) ont permis de faire émerger six déterminants du décrochage, à savoir des déterminants structurels, organisationnels, sociaux, interpersonnels, familiaux et personnels. Comme l’ont mis en évidence Blaya, Gilles, Plunus et Tièche Christinat (2011), à chacun de ces déterminants correspond des catégories d’acteurs susceptibles d’agir dans chacun de ces domaines. C’est pourquoi une approche communautaire qui permettrait des alliances éducatives, tout en incluant une approche scolaire, dans la lutte contre le décrochage est fortement encouragée. Ces travaux ont été menés dans le but de favoriser l’accrochage scolaire, dont l’objectif était la prévention du décrochage scolaire. Néanmoins, ils apparaissent tout aussi pertinents dans le cadre du ré-accrochage scolaire. L’approche biographique pourrait permettre de déterminer les acteurs et les alliances les plus favorables pour chaque jeune.
Nous avons mené une enquête biographique auprès de 14 jeunes issus de 4 SRE, réparties sur le territoire métropolitain français. Pour cela, nous avons utilisé l’outil du calendrier de vie (Belli, 1998), mené 28 entretiens biographiques, deux par jeunes. Le récit de vie permet la reconstruction de leur parcours grâce à un travail réflexif, en donnant du sens aux expériences vécues singulièrement et collectivement. Il nous permet de faire émerger les facteurs de leur décrochage scolaire, ainsi que les facteurs perçus de leur ré-accrochage. Nous avons également conduit des entretiens semi-directifs auprès d’enseignants de chaque structure afin de comprendre leurs pratiques, individuelles et collaboratives, dans l’accompagnement de ces jeunes.
Par cette approche, nous avons pu faire émerger, pour chaque jeune, les facteurs qui ont le plus contribués à leur ré-accrochage scolaire, notamment en termes de pratiques et d’acteurs, propre à chaque parcours de vie. De plus, nos résultats mettent en évidence la dépendance entre les facteurs de décrochage et ceux du ré-accrochage du jeune, comme avaient pu l’évoquer Zaffran (2022) et Vollet (2018). Ainsi, il nous semble déterminant de connaître et de prendre en compte l’histoire vécue par chaque jeune, sur le plan personnel, familial, social et scolaire. L’approche biographique permettrait alors d’individualiser davantage leur accompagnement, en désignant les acteurs et les alliances qui seraient les plus appropriés pour favoriser leur ré-accrochage scolaire.

 

S34 : Expérience éducative émancipatrice et décolonisation des imaginaires coloniaux
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vendredi 24 Avril 2030, 10h00-12h30, Salle 17.1.08

Responsable.s du symposium

POURAWA Denis Poète écrivain chercheur, Membre de la plateforme mondiale de la société civile KOKÉO, ARDéCo dpourawa@gmail.com

Entité Recherche

Chaire Médiations et Participation Citoyenne, BONHEURS,CY Cergy Paris Université NUMA-BOCAGE Line line.numa-bocage@cyu.fr PU, HDR

Entité professionnelle

La plateforme mondiale de la société civile KOKÉO KEO Vaddana Fondatrice Présidente de la Plateforme mondiale de la société civile KOKEO KOKEO3@proton.me

Résumé

Dans ce symposium nous étudions comment à partir d’une expérience initiatique un récit ancestral donne les pistes pour une éducation psychodidactique. L’approche psychodidactique (Gérard Vergnaud, 2013) favorise la mise à jour des savoirs culturels ancestraux à partir d’une étude de l’activité des apprenants et éducateurs ou parents. Ainsi des anciens lors des transmissions initiatiques issues des cultures Afro-Caribéenne (Martinique), Métis de l’Amérique du Nord, Kanak de Nouvelle-Calédonie et Cambodgienne (Cambodge) font des récits qui racontent l’histoire de la famille, des ancêtres, du clan. Ceci constitue l’un des processus de décolonisation des imaginaires coloniaux, déconstruction ouvrant alors des pistes d’une émancipation cognitive. L’objectif est d’éprouver à travers l’initiatique, qui n’est pas imposé, la construction de savoirs nouveaux et le développement de connaissances. Les personnes participant au symposium font l’expérience d’un parcours initiatique dans des cultures différentes.

Intervenants

AUTEUR·E 1 Line Numa-Bocage : Apprendre à jouer à l’Awalé : une émancipation par le cognitif. line.numa-bocage@cyu.fr PU, HDR, Chaire Médiations et Participation Citoyenne, BONHEURS, CY Cergy Paris Université AUTEUR·E 2 Claire Brizon Co-documenter les collections muséales pour décoloniser les imaginaires, l’exemple de la selle d’Amérique du Nord du nom Métis « Sel oen rayoon ». claire.brizon@vd.ch Historienne de l’art et Muséologue, musée de Cantonal d’archéologie et d’histoire (Lausanne, Suisse) AUTEUR·E 3 Kéo Vaddana : L’héritage initiatique pour les valeurs humanistes et de paix de la Plateforme mondiale de la société civile KOKÉO. Kokeo3@proton.me Notaire, et juriste, Fondatrice et Présidente de la Plateforme mondiale de la société civile KOKEO AUTEUR·E 4 Denis Pourawa : Nââkwéta ou la trace du cercle Xârâcùù : une émancipation par l’initiatique. dpourawa@gmail.com Poète écrivain chercheur, Membre de la plateforme mondiale de la société civile KOKÉO, ARDéCo

Programme

Dans ce symposium nous étudions comment à partir d’une expérience initiatique un récit ancestral donne les pistes pour une éducation psychodidactique. L’approche psychodidactique (Gérard VERGNAUD, 2013) favorise la mise à jour des savoirs culturels ancestraux à partir d’une étude de l’activité des apprenants et éducateurs ou parents. Ainsi des anciens lors des transmissions initiatiques issues des cultures Afro-Caribéenne (Martinique), Métis de l’Amérique du Nord, Kanak de Nouvelle-Calédonie et Cambodgienne (Cambodge) font des récits qui racontent l’histoire de la famille, des ancêtres, du clan. Ceci constitue l’un des processus de décolonisation des imaginaires coloniaux, déconstruction ouvrant alors des pistes d’une émancipation cognitive.

Il s’agit dans ce symposium de dérouler le fil de l’initiatique comme outil potentiel de développement et d’émancipation. L’objectif est d’éprouver à travers l’initiatique, qui n’est pas imposé, la construction de savoirs nouveaux et le développement de connaissances. Les personnes participant au symposium font l’expérience d’un parcours initiatique dans des cultures différentes. Il vise dans une approche compréhensive à donner la chance à chaque participant de pouvoir imaginer d’autres formes en termes de savoirs et de connaissances, de s’émanciper ainsi des approches classiques d’éducation. À partir de cette expérience pratique, la conclusion du symposium conduit vers un champ de recherches en développement issu d’une approche psycho-didactique de l’éducation, ici soutenue par les principes humanistes et de paix partagés avec la plateforme mondiale de la société civile KOKÉO. Comment la transmission des savoirs ancestraux devient-elle une expérience émancipatrice et porteuse de connaissances ? S’agit-il d’un processus de décolonisation des imaginaires coloniaux ? La place de la transmission orale dans le récit initiatique vient remettre en jeu, tel un enjeu de développement et d’émancipation de l’individu, l’Éducation.

Le public fera partie intégrante de l’expérience éducative. Il sera appelé à être un acteur de l’expérience et participe en modèle de représentation. L’objectif est d’approcher une interprétation émancipatrice collective, à travers des actes collectifs, mêlant savoir académique et expérience initiatique, par une exposition d’objet et de livre, où le public sera invité à jouer à l’Awalé, décrypter une selle Métis et à tracer des signes symboliques de l’Océanie. La salle sera organisée de façon à proposer au public un espace d’ouverture propice à la recherche et le symposium se clôturera par un débat citoyen sur la découverte, la création, les axes émancipateurs de l’initiatique et de l’académique d’une décolonisation de l’imaginaire, par un rendu des intervenants et par une réinterprétation du contenu des échanges offerte par le public lui-même acteur principal de l’expérience éducative finale.

Line Numa-Bocage : « Apprendre à jouer à l’Awalé est une émancipation par le cognitif », une expérience spécifique de recherche et une présentation de l’objet initiatique, un jeu d’Awalé, est devenu un objet de savoir mathématique pour la chercheuse et objet d’émancipation pour les élèves. Je ferai état de deux moments critiques au sens où ils sont fondateurs de ces expériences pour la chercheuse et pour l’enfant qui apprend. Lors d’une recherche menée en Martinique et en Picardie et visant l’introduction des savoirs relatifs au dénombrement en classe de Cours Préparatoire (CP, élève de 5 à 7 ans) avec comme support le jeu d’Awalé. À travers deux moments durant lesquels les élèves ont montré leur expérience propre et les savoirs qu’il et elles avaient alors construits, j’ai été conduite à considérer des éléments d’émancipation chez les élèves qui dépassent le cadre des savoirs académiques. Ce phénomène conduit à une véritable émancipation intellectuelle permettant un déplacement de leur imaginaire du quartier et de l’éducation populaire dans l’espace normé de la classe. Il s’agit d’un véritable décloisonnement tant dans les performances mathématiques que dans l’usage de la langue créole dans l’apprentissage en mathématique.

Claire Brizon : La présence d’une selle, conservée au Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne (Suisse) et enregistrée à l’inventaire probablement dans le 1er quart du 19ème siècle sans autre indication que « 196 ; 4601 ; selle », a fait l’objet d’une recherche de provenance, historique, géographique, culturelle, etc., en 2024, grâce au soutien financier de l’Office fédéral de la culture suisse. Ce travail a permis de mettre en évidence l’importance de la pluridisciplinarité des recherches à mener pour contextualiser un objet de collection, l’identifier (culturellement et géographiquement), le nommer, le décrire, le dater et retracer son parcours depuis sa création jusqu’à son arrivée en Europe. Cette pluridisciplinarité permet de rattacher à l’objet des savoirs traditionnels (matériaux, techniques, usage, etc.) et d’autres contemporains grâce à son inscription au sein de la culture actuelle de laquelle il est issu. Ce cas offre aussi l’occasion de questionner l’accessibilité des collections d’ethnographie conservées en Europe, puisque l’étude a été réalisée avec des personnes autochtones concernées par la culture matérielle dont est issue la selle : la culture Métis d’Amérique du Nord. Prof. Sherry Farrell Racette et Dr. Laura Peers ont d’abord pris connaissance de l’objet à distance en avril 2024, selon le principe de Distanced Visiting (Peers 2021), alors qu’une seconde partie de l’étude a eu lieu au musée en septembre 2024, lorsque Farrell Racette et David Heinrichs, artiste Métis contemporain, sont venus rendre visite à la selle, considérée comme un ancêtre, selon le principe de Reclaiming Knowledge (Hogue 2022). Enfin, ce cas montre toute l’importance de repenser les recherches de provenances, et plus largement l’étude des collections muséales, comme partie prenante de la muséologie participative (Duclos 2012) et sensible (Grassin 2022) selon une approche décoloniale de la muséologie (ICOFOM2021) et comme un processus permanent (Peers 2019).

Vaddana Keo : Après 17 ans dans le notariat et 6 ans dans l’entreprenariat (immobilier et construction), je me suis lancé dans le domaine du développement économique solidaire et durable depuis 2018. KOKEO est un Réseau International, une plateforme mondiale de la société civile pour permettre de créer des synergies entre les partenaires économiques et associatifs. Aujourd’hui, nous sommes sur 40 pays avec nos équipes de coordination locales. Partager cette expérience initiatique lors de ce symposium permettra de discuter les dynamiques émancipatrices enclenchées par le savoir accumulé.

Denis Pourawa : Au 18 ème siècle, entre 1737 et 1793 un objet prestigieux nommé Nââkwéta, issu de la société mélanésienne kanak de la Nouvelle-Calédonie fera partie de l’une des cargaisons des voyages retours en France de l’expédition dirigée par Antoine Bruni d’Entrecasteaux. Cet objet sera appelé hache ostensoir par les missionnaires et les anthropologues français. De ce postulat colonial débute la quête de vérité avec le concept de « Reformulation permanente » de Jean-Marie Tjibaou (Tjibaou, 1985 : 1601). Comment la transmission orale peut-elle traverser les âges et se maintenir vivante ? par le savoir culturel, l’identification de la « pensée géométrique » de transmission ou de la conception cognitive d’une mémoire initiée à l’objet. Étudier la transmission orale à travers l’objet Nââkwéta, par cette démarche originale c’est viser l’éducation des publics des musées, mais aussi des écoliers, en articulant autour de l’objet le sens et les valeurs transmises, ceux des symboles et des signes qui fondent une culture ancestrale. Tout ré enracinement collectif demande une initiation à une « Décolonisation des imaginaires coloniaux », c’est l’objet de cette parole initiatique kanak.