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Les après-midis

Pour les traditionnels après-midis de la Biennale, nous aurons de grand plaisir d’accueillir lors de cette édition :
Jean GUICHARD et Jean-Louis LAVILLE

Chacun d’eux approfondira une problématique spécifique directement en lien avec le thème « Faire/se faire » et cohérente avec le champ professionnel, social et scientifique.

Introduction (Jean Guichard)
Le monde vit une crise majeure provoquée par les modes d’exploitation des ressources naturelles et les formes de vie d’une partie d’une population qui avoisinera bientôt 10 milliards d’êtres humains. Cette crise est multidimensionnelle : réchauffement climatique, disparition d’espèces naturelles, accroissement des inégalités de richesse, labeurs non-humains, pandémie, etc.
Ces problèmes sont d’une telle ampleur que les Etats-Membres de l’ONU ont adopté à l’unanimité en 2015 un plan d’action définissant 17 objectifs et 169 cibles à atteindre d’ici 2030.
Comment les individus et les collectifs peuvent-ils contribuer à la réalisation de programme ?
Comment les accompagner pour leur permettre de faire face à cette transition majeure ?

En vue d’apporter des éléments de réponse à ces questions, trois contributions seront présentées :

  1. Les dialogues de conseil en life design (Jacques Pouyaud – Université de Bordeaux ; Marie Line Robinet – CNAM)
  2. Interventions individuelles et collectives d’accompagnement à l’orientation vers un développement solidaire, équitable et durable (Marcelline Bangali – Université Laval ; Damien Canzittu – Université de Mons ; Valérie Cohen Scali – CNAM)
  3. Redéfinir les concepts fondateurs de l’accompagnement à l’orientation en vue d’aider les personnes à s’orienter vers développement solidaire, équitable et durable (Jérôme Rossier – Université de Lausanne ; Ronald Sultana – Université de Malte)

Discussion


Faire et se faire : une problématique actuelle pour le monde associatif

Jean-Louis LAVILLE

Les acteurs associatifs ont été enfermés dans le faire par des approches sociologiques qui les considéraient comme prisonniers du sens commun. La vérité de leur situation ne pouvait donc être révélée que de l’extérieur par une démarche savante seule susceptible de décrypter le sens des situations dans lesquelles ils se trouvaient pris.  

Diverses approches théoriques permettent toutefois de rompre avec cet héritage bachelardien d’une coupure entre acteurs et chercheurs.  Habermas s’oppose aux hypothèses dévalorisant le sens commun en introduisant le concept de monde vécu qu’il complète ensuite avec ceux d’agir communicationnel et d’espace public. Selon lui, chacun se fait par l’intersubjectivité ; se connaître conforte en suggérant que l’engagement avec les autres vient d’une réaction au mépris et d’une quête de reconnaissance. Quant à Dewey, il concrétise et prolonge cette capacité de création accessible à toutes et tous en préconisant des enquêtes sociales menées par les personnes concernées et s’attachant à résoudre leurs problèmes communs. 

Dès lors, les possibilités de faire et de se faire se construisent dans un même mouvement. Les rapports entre acteurs et chercheurs s’en trouvent modifiés ; ces derniers ne produisent pas une analyse surplombante, ils s’impliquent dans un dialogue avec les acteurs basés sur le croisement des savoirs comme l’exemplifie la recherche participative en cours : Quel monde associatif demain ? Dans celle-ci en effet la réflexivité collective est alimentée par des apports venant des acteurs et des chercheurs.